Vanupié, musicien croqueur et semeur de bonheurs

Il y a quelques années, un jour où je slalomais tranquillement parmi les effrénés citadins du métro parisien, une mélodie agréable vint m’effleurer les oreilles. Comme une bouffée d’air dans ces couloirs parfois étouffants. Je m’approchais et vis toute une grappe de personnes arrêtées devant un grand et fin jeune homme aux longues et blondes dreads en train de gratter sa guitare et jetant son coeur dans ses chansons.

Avec son timbre de voix original et doucement éraillé, son petit carré de verdure où ses pieds nus battaient le rythme et l’émotion qu’il dégageait, nombreux ralentissaient pour finir par s’arrêter et se détendre le temps d’une pause musicale digne de tout bon concert qui se respecte.

J’observais les auditeurs de ce talentueux musicien dénommé Vanupié et me régalais de voir des sourires apparaître en quelques instants sur des visages fermés jusque là. Je fis un point d’honneur à retenir le nom de l’artiste, en pensant qu’il ne ferait pas long feu dans le métro, à l’instar de Keziah Jones. Puis je l’ai cherché en vain sur la toile et fini par l’oublier.

Ce fut donc une agréable surprise de constater que ce 22 octobre, Vanupié sortait un album intitulé Free Birds. Un nom qui sent bon la liberté. En cherchant à nouveau des infos sur lui, je pus voir qu’il avait notamment joué au J.T de 20h avec Keziah Jones ou avec -M- dans le métro, et fait moult premières parties de concerts (Asa, Groundation, Sinsemillia…).

Je suis allée à la rencontre de ce chanteur aux pieds nus épris de liberté et en quête de bonheurs pour Culture Remains.

Après avoir échangé avec lui, j’ai pensé que son album était un bon reflet de ce qu’il est: un coeur grand ouvert, une belle liberté d’expression, le voyage au sens propre comme au figuré, une volonté bien ancrée de donner aux autres avec sa musique.

Avec un père guitariste de flamenco, la musique est dans sa nature. Il a joué dans des bars pour payer ses études, puis a comme il le dit « gagné beaucoup d’argent » en travaillant de 18 à 25 ans, avant de prendre une longue période de vacances. Il en a profité pour voyager, en Amérique Latine, aux Caraïbes et notamment sur l’île de la Dominique où il retourne régulièrement. De ses voyages il a puisé l’inspiration dans les rencontres et les expériences qu’il a vécues puis s’est mis à jouer et écrire des chansons.

« Je suis sincère, ma musique appelle à des sentiments vrais »

De retour à Paris, il a choisi pour scène le métro parisien. Pourquoi? « Parce que je voulais absolument être indépendant, et que j’ai besoin de jouer tout le temps, de donner de la musique aux gens: c’est ma drogue! » sourit-il. Il a joué le 6 novembre dernier à La Cigale mais a joué la veille dans les couloirs métropolitains. Vanupié se joue de la contrainte: « J’aime les contrastes, faire plaisir et donner du bonheur dans un endroit qui pue, où les gens sont pressés et font la tête… » Il aime installer sa petite oasis musicale dans la jungle parisienne. Les vidéos prises de ses sessions souterraines montrent bien que l’effet bonnes vibrations est là!

Les touches de contraste sont aussi dans ses chansons, où des mélodies joyeuses peuvent accompagner un texte mélancolique et vice-versa. Car Vanupié aime le mélange des genres, tristesse et espoir, amour et blues: la vie est ainsi faite, et lui, il chante sa vie.  Il se pose plein de questions et ne craint pas d’évoquer ses difficultés dans Sing sing par exemple, chanson vouée à l’encourager « à aller jouer, quand tu ne sais même pas si tu pourras manger le soir. » Mélange des styles, influence reggae certes, mais aussi folk, pop… Inclassable donc: « je fais du Vanupié! » déclare-t-il, s’inspirant de multiples horizons musicaux.

Il a choisi le métro aussi parce qu’il se sent responsable de ce qu’il dit, et qu’ainsi « rien ne pollue le discours entre l’artiste et l’auditeur. J’ai plein de choses à raconter! La musique est fédératrice: je veux fédérer autour de l’amour, la vérité et la sincérité. Je suis heureux de constater que mon public me ressemble. »

Mine de rien, Vanupié est un esthète et pour lui chaque détail qui puisse contribuer à son bonheur et celui qu’il veut donner aux autres est important. Hyper réceptif à la musique, il veut faire entrer les autres dans le même état que celui qu’il ressent à l’écoute de certains artistes. « La musique me fait partir, je veux que le public parte avec moi et c’est un pur bonheur de voir des étoiles briller dans leurs yeux. Parfois j’ai l’impression que je pourrais m’envoler tellement il y a d’énergie et de force dans ce que dégage la musique! »

Et puisque chaque détail compte, Vanupié a su bien s’entourer. Totalement autodidacte, il a parfois éprouvé quelques difficultés à imposer son avis auprès de musiciens confirmés. Pour Free Birds, il a donc tenu à trouver des musiciens pour jouer exactement la musique qu’il voulait et non l’inverse. Il a travaillé son album pendant 4 ans avant de l’enregistrer: le moindre son était déjà enregistré dans sa tête.

Aujourd’hui, il est heureux de jouer avec d’aussi « bons « darons » de la musique, des hommes qui ont tous 10-15 ans d’expérience, ils m’apportent tellement! Ils sont tous hyper enthousiastes, mettent leur temps et leur énergie dans ce projet auquel ils croient forts, je les aime profondément », se réjouit-il.

« Seul mon coeur parle », affirme Vanupié, « je peux t’écouter, mais j’écouterai toujours davantage mon coeur ». L’équipe qu’il a dégotée sait l’écouter. Elle se compose d’artistes talentueux: le fameux londonien Flox (dont vous avez sûrement entendu le titre All must disappear) avec qui il a réalisé l’album, Nordine Houchat dit Nono, le guitariste de Sinsemillia, Gaël Cadoux aux claviers (Ben l’oncle soul, Electro Deluxe), Jean-Michel Coret (Keziah Jones, Asa, Babylon Circus) à la basse.

Vanupié croit en la force de l’Homme et se fait du bien en faisant du bien autour de lui. En ces temps de crise et d’hiver imminent, écouter Free Birds c’est retrouver un peu du soleil et de la chaleur humaine qui nous manquent trop souvent!

crédit Moland Fengkov

Le site officiel de Vanupié

Le dernier clip de la chanson Close by

Pour se procurer Free Birds, c’est par ici

Merci au très joli (et bon!) restaurant Le coupe-chou, 11 rue Lanneau 75005 Paris de nous avoir accueillis pour l’interview.

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J'ai commencé par faire semblant de savoir lire tant j'étais attirée par les mots. A 13 ans je me suis lancée dans l'écriture de poèmes. Plus de 20 ans plus tard, je reste accrochée aux rimes et aux mots sous toutes leurs formes.

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