Rétro: Veillée funèbre au TTO

S’il est un spectacle qui se rit de la mort, c’est bien Veillée Funèbre dont la dernière eut lieu lundi soir au café-théâtre de la Toison d’Or. Le TTO consacre les dimanches et lundis à la découverte de jeunes talents. En l’occurrence, les membres de la troupe de Veillée Funèbre sortent fraîchement du Conservatoire Royal de Bruxelles ou le fréquentent encore. À l’occasion de ces soirées, Kévin Ecobecq a proposé son adaptation d’un texte dont la nature offre une grande liberté au metteur en scène. Signé Guy Foissy, un dramaturge né à Dakar dont la notoriété se voit garantie au Japon par une compagnie théâtrale dévouée exclusivement à son oeuvre, l’original compte 1000 répliques. Celles-ci ne fournissent aucune indication de mise en scène ou même de personnage. Dans ce récit, le Dakarois de naissance a imaginé un auteur épiant sa propre veillée mortuaire.

Ceci dit, à en croire un rite funéraire des pays sous influence catholique, tout en chacun pourrait en faire autant. En effet, une coutume, presque totalement disparue aujourd’hui, consistait à veiller les défunts trois jours et trois nuits après leur décès. Ce n’est qu’alors que l’on célébrait les funérailles. Une telle tradition trouvait son origine dans la croyance que la conscience du disparu subissait une mutation telle qu’il avait désormais accès à de nouvelles dimensions psychiques et spirituelles, comme la perception des pensées et états d’esprits des personnes approchant sa dépouille. Une telle perspective ne semble toutefois pas du tout déranger les personnages de Veillée Funèbre.

Dans bien des domaines, les premières minutes s’avèrent déterminantes et le metteur en scène l’a bien compris. Sur un Ave Maria chanté par l’un des acteurs accompagné au piano, les cinq protagonistes entrent en scène un cierge à la main. D’emblée, une atmosphère d’absurde s’installe tant costumes et attitudes font leurs effets. Recueillis autour du défunt, les proches s’expriment, de banalités de circonstance à propos méprisants. Résolument licencieux, l’humour burlesque de cette pièce désacralise une tradition séculaire. Malgré des jeux de mots parfois faciles et une histoire de mouche quelque peu déconcertante, les rires sont bien au rendez-vous dans cette comédie improbable. Somme toute, pari plutôt réussi.

Veillée funèbre

Les 8,9,15 et 16 février au café-théâtre de la Toison d’Or.

Texte : Guy Foissy
Mise en scène: Kévin Ecobecq
Avec: Julie Dieu, Justine Géradon, Jeremy Grynberg, Charlotte Mousset, Valentin Vanstechelman, Boris Kondav (chant), Jonathan Lago Lago (piano)

Plus d’infos sur le site du  Café-Théâtre de la Toison d’Or.

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