Versus

Versus, le nouveau concept d’improvisation théâtrale créé par la LIP fait son apparition sur les planches du Lumen. Un « tournoi d’improvisation théâtrale », nous annonce-t-on sur le site internet : avec une finale, un gagnant et tout et tout!

Pour ce qui est de l’improvisation théâtrale, force est de constater que les comédiens de la LIP maîtrisent parfaitement cet art. Les saynètes qui se créent devant nous sont merveilleusement construites. Sur le long et le court terme, elles sont menées d’une main de maître. Retenons particulièrement la « série historique » sur six épisodes (donc, sur six improvisations tout le long de la soirée). Le spectacle est de qualité et les improvisateurs choisis n’ont pas volé leur place, mention spéciale à Antonin Descampe qui est juste magique! Tout petit bémol, les improvisations manquent quelque peu de fun. La rigueur et le professionnalisme mis en oeuvre se font-il peut-être au détriment d’un réel lâcher prise?

En ce qui concerne le décorum, l’idée est simple : un « metteur en scène » (entre présentateur et arbitre de match traditionnel d’improvisation), un maître de musique, deux équipes et deux présentateurs supplémentaires. Un thème différent est proposé chaque soirée. Chance, ce soir-là, il s’agissait des séries télévisées. L’idée est agréable, cela commence bien.

L’ambiance est mise dans la salle grâce à un maître de musique qui choisit bien ses morceaux et un metteur en scène qui sait rebondir sur les remarques du public. Même s’il est un peu dur avec les improvisateurs, on sent qu’il prend son rôle à cœur. Peut-être ce sentiment de sévérité vient-il du fait qu’il n’y a pas « de faute » (comme dans un match) et que, du coup, ses commentaires concernant les comédiens semblent plus subjectifs?

Parlons ensuite de ces deux présentateurs supplémentaires. S’ils sont effectivement forts sympathiques, leur fonction reste toutefois indéfinie. Le metteur en scène joue déjà un rôle de présentateur et ils se contentent de donner quelques informations ponctuellement (sur les joueurs, la catégorie, etc.). En somme, ils meublent les « reflexus » (caucus dans les matchs traditionnels) et semblent juste tombés là comme un cheveu dans la soupe. Peut-être pourrait-on leur trouver une fonction supplémentaire ou définir plus clairement qui ils sont et ce qu’ils font là…

Pour ce qui est de l’aspect « tournoi » par contre, il est totalement inexistant. Le spectateur est entièrement passif. Il ne suggère aucun thème, aucune catégorie et ne vote pour aucune équipe. Bref, il n’intervient en rien dans le spectacle. A la sortie, personne ne sait qui a « gagné » puisque personne n’a voté et que le metteur en scène n’a jamais annoncé de point ou de gagnant. Il va falloir qu’on m’explique pourquoi Versus est présenté comme un tournoi… Peut-être est ce dû à cette oscillation entre l’envie de se détacher du tournoi d’improvisation traditionnel mais cette impossibilité de s’en séparer vraiment?

Pour résumer, si vous voulez voir des improvisations au top, n’hésitez pas à vous rendre au Lumen pour voir Versus. Mais ne vous attendez pas à avoir votre mot à dire ou à participer d’une quelconque façon (cela en rassurera peut-être quelques-uns). On passe un bon moment malgré les imperfections du décorum. Ca sent le spectacle qui va évoluer et se bonifier avec l’âge, car la base est là et bien là : des improvisations de qualité!

Versus

Du 9 novembre au 14 décembre 2014, les dimanches et lundis à 20h15 (spécial Junior Saint Nicolas le samedi 6 décembre à 14h) à la Salle Lumen, Chaussée de Boondael 36 à Ixelles.

De : la Ligue d’Improvisation Professionnelle Wallonie/Bruxelles (LIP)

Avec : les troupes des jaunes, bleus, verts et rouges de la LIP, soit 50 comédiens différents

Tarifs:  de 10€ à 14€

Plus d’infos sur le site de la LIP

Tags from the story
Written By

Sophie Doyen est une passionnée de théâtre et d’enseignement. Après des études de Langues et Littératures Françaises et Romanes à l’ULB, elle étudie aux Cours Florent à Paris. Elle y monte « Le Suicidé » de Nicolaï Herdman (mise en scène et rôle de Macha) et joue dans plusieurs opérettes. De retour à Bruxelles, elle participe à plusieurs courts et moyens métrages, se forme pour devenir coach d’improvisation et s’intéresse à la pédagogie autour des arts de la scène. Actuellement, elle est professeur d’art dramatique, joue dans la création « Le Cirque des femmes » et se forme en chant, guitare et expression corporelle.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *