Victor Hugo – L’homme qui rit

« Voici un tableau épique de l’aristocratie anglaise, sa révolution, son parlement régicide, sa république et sa restauration fertile en règlements de comptes à travers la destinée extraordinaire de Gwynplaine, l’Homme qui Rit. Gwynplaine est un enfant… différent. Une cicatrice assombrit son sourire que son amie Dea, aveugle, ne peut pas juger. Avec Ursus, qui les a recueillis, ils se donnent en spectacle à travers l’Angleterre pour survivre. Jusqu’au jour où leur aventure les mène à Londres… »

Que l’on ose dire que Victor Hugo n’est pas un génie. Ce roman est tout simplement un chef-d’œuvre ! Il entremêle l’Histoire avec un grand « H » et celle de trois inconnus, totalement marginaux, avec un tel brio que c’est le souffle coupé que l’on referme cette brique (et c’est le moins qu’on puisse dire, Hugo n’a jamais aimé être bref) de 838 pages. Vous m’avez bien lue, oui ! 838 pages. Oui, il faut avoir le temps de savourer une telle lecture. Non, il ne faut pas la mettre dans la liste des lectures scolaires obligatoires. A moins, bien sûr, de vouloir dégoûter les futurs universitaires pour réduire le nombre de potentiels romanistes, afin d’avoir plus de chances de trouver un boulot en tant que critique littéraire (machiavélique, moi ? Non, jamais !).
Bref, une écriture fine mais surtout une trame divine. Ce livre est multiple! Philosophique, historique, psychologique, social mais aussi plein de rebondissements, L’homme qui rit nous offre des protagonistes tout aussi attachants que fascinants.  La grande thématique de l’aliénation, chère à Victor Hugo, et ce qu’elle induit se retrouve pleinement dans la difformité de Gwynplaine, l’handicap de Déa et le non-conformisme d’Ursus (dont le loup domestique s’appelle Homo, vous sentez le grandiose de l’œuvre ?). Parce qu’un homme reste un homme, monstrueux ou non, pourvu de sentiments et qu’il a tout autant le droit d’aimer et d’être aimer, ce roman nous offre un bouquet d’humanité bourgeonnante à travers l’enchevêtrement de vies écorchées et déchirantes.

Enfin, 838 pages n’étaient peut-être pas nécessaires non plus ! Certaines descriptions à la poétique sensible, romantique et parfaitement magnifique, qui sont tout bonnement inutiles pour la compréhension globale et le bon déroulement du récit, en exaspéreront probablement plus d’un… Qu’à cela ne tienne, il existe une version abrégée de 238 pages. Serait-ce un signe ?

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