La vie n’est pas quelque chose de personnel

Alors que les néons grésillent, des voix s’échappent d’un peu partout. Des voix qui racontent, qui se superposent, qui ont peur ou qui rient. Les textes sont parfois difficiles à saisir mais ils nous plongent dans un moment surréaliste, parfois psychédélique. La pièce est divisée en deux actes, séparés par la chute saisissante d’objets. Ce n’est qu’à la seconde partie qu’Elise apparaît sur scène pour une séance de pâtisserie.

Elise Vandergoten est l’auteure, la metteuse en scène et l’interprète de cette performance théâtrale très particulière. «La vie est parsemée de petites mort ; des failles qui nous fragilisent. Au seuil de cette fragilité, le gouffre. On est en suspension, on tente de résister… et puis vient la chute. Elle peut durer quelques minutes ou quelques heures (ou quelques mois, mais alors c’est une dépression et ce n’est pas le propos). Ensuite on atterrit, plus ou moins délicatement, ou pas, et surtout : on se relève, normalement plus forts

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La musique est omniprésente et très répétitive. Elle enrobe et masque, parfois, les huit comédiens qui prêtent leur voix. La pièce est très courte (1h). C’est, d’après moi, à la fois une qualité et un défaut pour ce type de prestation. On restera en effet sur sa faim, ne retrouvant pas réellement le propos décrit par l’auteure.

Assez radicale et peu transparente, la performance présentée est hybride et chacun y dégagera le sens qu’il désire. Sans avertissement, sans une ouverture d’esprit certaine, ce genre de spectacle pourrait être fort opaque et peu accessible. S’il fallait que j’y dégage un message, il serait celui de l’acte de création, celui qui nous aide à nous relever après cette «chute». Pour citer Nietzsche : «Créer, c’est la grande délivrance de la douleur et l’allègement de la vie».

La vie n’est pas quelque chose de personnel

Écriture, mise en scène et jeu : Elise Vandergoten
Avec:  Yoann Blanc, Cédric Eeckhout, Itsik Elbaz, Francesco Italiano, Eno Krojanker, Aurélie Lannoy, Natalia Sardi, Renaud Van Camp

Jusqu’au 13 juin à l’Atelier 210.

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Je suis un des prototypes personnels de Dieu. Un mutant à l'énergie dense, jamais conçu pour la production en série. Trop bizarre pour vivre et trop rare pour mourir. --Las Vegas Parano

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