The Voices de Marjane Satrapi

Marjane Satrapi est connue du grand public pour sa bande dessinée Persepolis, désormais culte.

Cette oeuvre sur la jeunesse de l’auteure persane a été adaptée au grand écran en 2007 par elle-même et Vincent Paronnaud. En 2010, c’est sa deuxième BD Poulet aux prunes qui a été portée au cinéma avec le succès qu’on lui connaît. Marjane Satrapi a elle-même réalisé ces deux adaptations car après tout, pourquoi laisser aux autres ce que l’on peut très bien faire soi-même ?

Avec The Voices, la désormais réalisatrice s’aventure un peu plus dans le cinéma. Et cette fois-ci, elle a choisi d’adapter une oeuvre qui n’est pas la sienne et travaille avec des acteurs en chair et en os et non des images animées. Et pour couronner le tout, elle a réalisé son film aux USA avec des acteurs de renommée mondiale tels que Ryan Reynolds, Anna Kendrick et Gemma Arterton.

Madame Satrapi, elle n’a pas froid aux yeuxMais surtout, elle aime la diversité car, comme elle le dit si bien : « si je fais toujours la même chose, je m’ennuie ». Qu’à cela ne tienne,  c’est avec une grande curiosité que je découvre ce film en avant première dans la salle comble du Bozar.

SynopsisJerry (Ryan Reynolds), un beau et gentil garçon, cohabite avec Mr. Whiskers, un chat perfide, et Bosco, son chien fidèle. Il entretient une drôle de relation avec ceux-ci. Alors que Mr. Whiskers fait tout pour convaincre Jerry qu’il est un tueur en série, Bosco le maintient sur le droit chemin. Le jour où Jerry tue par accident sa superbe collègue Fiona (Gemma Arterton), celui-ci décide de reprendre ses médicaments. La réalité lui apparaît dès lors sous un jour beaucoup moins rose qu’il ne l’aurait espéré.

Pour être tout à fait franche, quand j’ai lu que Marjane Satrapi réalisait un nouveau film avec Gemma Arterton et des animaux qui parlent, je sentais que ce film allait être génial.

Après visionnage, ce pressentiment a été renforcé par la prestation de Ryan Reynolds, totalement crédible en schizophrène complètement paumé qui voit sa vie basculer (malgré lui ?) suite à sa maladie mentale. Eh oui, il fallait prendre ces médicaments…

À vrai dire, je n’avais vu Ryan Reynolds que dans les bandes-annonces de films à gros budget que je n’ai bien sûr pas vus. Un beau gosse hollywoodien, rien de très original. Autant vous dire que mon opinion sur cet acteur a radicalement changé : ce mec sait jouer. Comme dirait Marjane Satrapi, présente à la fin de la séance, : « Non seulement il est beau mais en plus, il joue bien ! ».

Parmi les principaux acteurs du film, nous avons le chat Mr. Whiskers et le chien Bosco qui parlent. Bien que déjà exploité dans d’autres films, ce concept « d’animaux parlants » se révèle très intéressant car il est lié à la schizophrénie du héros et devient à la fois drôle et très inquiétant. Le chien est, comme on peut s’y attendre, loyal et tendre avec son maître tandis que le chat n’épargne pas Jerry avec son cynisme et le pousse au meurtre sans cesse. Sorte de binôme « ange/démon », ce duo est hilarant. Mention spéciale au chat complètement psychopathe qui parle avec un accent écossais. Je ne sais pas pourquoi Marjane Satrapi a décidé de le faire parler de cette façon, mais c’est tout simplement génial.

Attention, même si ce film comporte des animaux qui parlent, il n’est pas du tout destiné aux enfants. The Voices reste une comédie noire et flirte souvent avec le thriller. Poursuites dans les bois, meurtres, couteaux, scies et effusions de sang rythment ce film complètement déjanté. Bienvenue dans le monde de Jerry le schizophrène. The Voices est donc plus à rapprocher de Psycho plutôt que Dr. Doolittle. Et croyez-moi, vous y gagnerez au change car le scénario est drôle et grinçant à souhait et les personnages très attachants…surtout une fois morts. Je ne vous en dis pas plus.

La sortie française étant prévue pour mars, je suppose que la version belge sera programmée à la même époque. Allez voir ce film, vous en ressortirez avec un grand sourire aux lèvres (le générique de fin est savoureux) et l’amour pour les chats renforcé (si une telle chose est encore possible).

Film découvert lors de l’avant première au Bozar le 27 janvier.

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Laura, 28 ans, 1m55. Titulaire d'un diplôme loufoque : Sciences des religions et de la laïcité. Ecrit des articles non moins loufoques pour Culture Remains. Nourrit une passion pour M.I.A, le Théâtre de Poche, son chat, Edgar Allan Poe et les plantes carnivores. A toutes fins utiles, sachez qu'elle est très facilement corruptible si on lui offre à boire et à manger.

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