Wall-E

Quiconque regarde un tant soit peu la télévision ne peut ne pas connaître l’existence du nouveau film de Pixar, Wall-E. C’est donc en raison de ces nombreuses bandes annonces accrocheuses que j’avais envie de voir ce dessin animé (outre, bien sûr, mon âge mental très peu élevé qui fait de moi une grande amatrice de dessins animés et ma fascination pour les robots).

Pour ceux qui seraient totalement atechnologiques et n’auraient pas la télévision ou le cable (mais comment est-ce possible? ), je vais raconter brièvement (enfin, essayer du moins), l’histoire de ce filmounet!

La terre, société de surconsommation, n’a pas su gérer sa production de déchet. Résultat, tous les terriens ont embarqués sur un énorme vaisseau appelé l’Axiom en attendant que les nombreux robots appelés « Wall-e » (Waste Allocation Load Lifter Earth-Class) nettoient la planète bleue. Sept cents ans après, il ne reste qu’un seul robot en état de marche. Celui-ci, puisque ces circuits n’ont pas été vérifiés depuis sept siècles, a développé des particularités ressemblant à des traits de caractère humain. Très curieux, il aime ramasser des objets qui l’intriguent ou qu’il trouve beaux. Il est aussi terriblement sensible à la solitude, qui semble lui peser, malgré son compagnon – une magnifique blatte. Son existence, jusque là assez banale, change du jour au lendemain avec l’arrivée d’un robot bien plus évolué que lui « EVE » (Extraterrestrial Vegetation Evaluator). Etonné, apeuré, intrigué par Eve, Wall-e épie cette drôle de chose qui semble vivante (aussi vivante qu’un robot peu l’être bien sûr) comme lui. Enfin, ils vont apprendre à communiquer et lorsque Eve se désactivera puis qu’elle sera emmenée par un vaisseau sur l’Axiom, il la suivra envers et contre tout. A deux, ils combattront le pilote automatique qui , sur un ordre humain, tente d’empêcher l’Axiom de retourner sur terre, en compagnie des robots défectueux, du commandant et des autres passagers.

Outre le personnage vraiment attachant qui a été magnifiquement pensé par Pixar et une histoire relativement bien ficelée, comique, réjouissante et attendrissante, Wall-e a des particularités face au traitement de la robotique que je n’ai pu, évidemment, m’empêcher de remarquer.

Je suis relativement contente de ce traitement qui reste proche de la façon de voir d’Asimov. Je vous fais donc un rapide rapport.

Premièrement, aucun robot n’est humanoïde. Ils sont tous fonctionnels et c’est bien là le but d’un robot: apporter plus de confort à l’être humain ou accomplir les tâches qui lui sont moins aisées.
Bien sur, Asimov avait dépassé ce stade fonctionnel avec l’humanoïsation de ces robots, cherchant le confort psychique des êtres humains mais enfin, le principe est là, une machine reste une machine.

Deuxièmement, Wall-e a certes acquis certaines particularités qui ressemblent des sentiments et des actes que l’on qualifierait aisément d’humain. Toutefois, cela s’explique par sa longue solitude. N’entendez pas par là que la solitude en tant que sentiment l’a rendu plus humain. Non, c’est simplement qu’il se détraque. Tout cela n’est que mécanique! Isaac Asimov tenait aussi à cette idée: un cerveau robotique vieillit, il n’est pas exempté des problèmes techniques que rencontrent tous les autres appareils électroniques! Dans un cerveau robotique, cela peut se manifester par certaines « excentricités » qui le rendent « plus humain ».

Troisièmement, sa fabrication a vraiment été réfléchie, les détails sont importants tel que la manière dont il se charge à l’énergie solaire!

Quatrièmement, les robots défectueux ne sont pas des Frankenstein en puissance. Comme on peut le remarquer, ils ne font rien de mal, ils sont juste un peu agité et ne réagissent que parce qu’ils se sentent menacés. Ce ne ressemble en rien à un complot, une rébellion contre les hommes. D’autant plus que ce sont contre des robots qu’ils se battent, eux-mêmes envoyés par un robot.

Cinquièmement, en parlant de ce pilote automatique qui empêche le capitaine de faire ce qui lui semble bon pour le voyage. Encore une fois, ce n’est en rien un robot se révoltant contre son créateur. Non! Il tente uniquement de le protéger de lui-même et de ce qu’il considère comme une bêtise. Et pour quelles raisons? Parce qu’il a reçu un ordre FORMEL de la part d’un autre être humain lui interdisant de retourner sur terre, quoiqu’il arrive.

Il reste, certainement, d’autres exemples qui prouvent que la thématique du robot a été employée par Pixar dans une optique plus Asimovien que Shelleyenne mais nous arrêtons là, n’est-ce pas?

En plus de l’usage du thème de la robotique, celle de l’évolution de l’espèce humaine est relativement intéressante et toujours assez proche d’Asimov (par exemple, les êtres humains obligés d’évacuer la terre car elle n’est plus habitable) malgré qu’elle soit plus pessimiste au niveau de leur développement, leur faculté d’adaptation et leur esprit d’initiative. L’idée de cette langueur humaine n’est sûrement pas sans rapport avec l’obésité croissante actuelle. Je la trouve, par ailleurs, relativement intéressante et brillante quant à la tentative de conscientiser les enfants – qui restent le principal public de Pixar. Enfin, le retour aux sources se fait inévitablement (la terre mère et tout ça…).

Contrairement à d’autres, dans Wall-e, tout finit bien. Mais que serait un dessin animé sans happy end, après tout?

Written By

I'm always curious about new things, I love learning and I'm a creative person. That means I need to use my creativity to feel good and happy. That's why I've created Culture Remains and my other website, Naïra.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *