Week-end de films sur l’art : Frédéric Back – Grandeur nature

Nous avions déjà abordé le Week-end de films sur l’art, la semaine passée dans cet article-ci. Retour aujourd’hui sur le film Grandeur Nature.

Si L’homme qui plantait des arbres peut évoquer quelques souvenirs chez certains — en partie peut-être à cause du livre de Jean Giono — le nom de Frédéric Back n’est sans doute pas assez connu. C’est pourtant le réalisateur qui a adapté ce livre en dessin animé et à offert au monde entier un des plus beaux films qui soit (et c’est un doux euphémisme). Une fable écologique d’un lyrisme à coupez le souffle, en perpétuel mouvement comme la vie du personnage qui s’écoule sur plusieurs dizaines d’années. Rares sont ceux qui peuvent voir ce film sans écraser une larme à un moment ou à un autre et on ne pourra leur en faire le reproche.

Le film n’a pas seulement eu un succès immense dans le milieu du cinéma (Miyazaki lui doit tout et a toujours voulu tenter d’atteindre cette virtuosité) mais a suscité une vague d’évènements dans les milieux scientifiques, écologiques, etc. En effet, ode à la nature et particulièrement aux arbres, l’œuvre a produit sur les spectateurs ce que beaucoup de réalisateur doivent rêver : une application réelle à la suite du film.

Plantations d’arbres, colloques, atelier de sensibilisation, et j’en passe, se sont donc multipliés après ça. Quand on sait que Frédéric Back a réalisé ce film pratiquement tout seul et en l’absence de son œil droit, ça laisse rêveur.

Je parle de Back car le documentaire de Phil Comeau à son sujet, tient une fois plus du vaste sirop télévisuel, d’autant plus dégoulinant que le sujet (le thème et le personnage lui-même) se prête facilement à l’empathie. Le réalisateur l’a bien compris et n’a donc pas hésité à multiplier les interviews de pontes de l’animation en pleurs à la simple évocation de Back et des séquences intimistes avec les proches du cinéastes. Et bien sûr, tout ça baignant honteusement dans une trame sonore hollywoodienne-bonbon-sucré dégueulasse.

J’ai un peu de mal à faire mon boulot de critique devant ce genre de chose. La plupart se sentirait obligé de raconter ce qu’ils ont retenu du cinéaste grâce au film mais je n’en vois pas vraiment l’intérêt. A la vision, j’ai juste maugréé que c’était mauvais et je me suis pris à imaginer ce que le film aurait pu être s’il avait été pensé en fonction de son sujet et non des conventions, qui ne sont pourtant pas la condition sine qua non à la réalisation d’un film, que je sache.

Que ces lignes vous mènent à regarder L’homme qui plantait des arbres ! J’aurais ainsi l’impression d’avoir écrit quelque chose d’un tant soit peu utile…

Le film en entier.

Plus d’infos sur Flagey et le week-end de Films sur l’Art.

Written By

Cinéphile farouche, monteur et vidéaste pittoresque

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *