Week-end de films sur l’Art : VOYAGE AU BOUT DE CELINE (2011)

« Découvrez 7 films sur la danse, la peinture, la littérature, la musique et l’animation, qui ont été primés lors du 30e Festival International du Film sur l’Art de Montreal. »

Le film de Jean-Batiste Péretié retrace rapidement (50 minutes) la vie de Louis Ferdinand Céline sous la double lentille du « monstre littéraire » et du « monstre idéologique » qu’était l’écrivain (je cite les propos du réalisateur). La question étant vaguement de savoir si la deuxième annule la première où si les deux sont indissociables.

Malheureusement la réponse — mais aurait-elle un quelconque intérêt finalement ? — ne sera pas apportée par un film qui a tout du documentaire télévisé. En effet, l’on a affaire à un objet d’une banalité assez affligeante avec voix off surplombante et didactique, interviews très courtes sur fonds noirs (oui le spectateur risquerait de s’ennuyer si le discours dépassait les 30 secondes) et archives d’époque qui tentent en vain, à quelques moments seulement, d’amener un semblant de sensation en se synchronisant avec le deuxième commentaire off (la voix grave et profonde de Denis Lavant) qui lui, récite des passages de Céline.

L’on va trouver que je suis très dur, car au fond, d’un point de vue informatif le film peut être intéressant pour qui désire se renseigner sur l’écrivain. De même que d’un autre point de vue – celui (oh mon Dieu il va oser prononcer ce terme) de la distraction – l’ambition, si c’était le cas, est atteinte puisque l’on nous raconte une histoire dans le pure style hollywoodien, avec rythme nerveux, musique qui fait frissonner et quelques jolis dessins (inspirés de la version du Voyage au bout de la nuit illustré par Jacques Tardi). Mais que dire d’autre ? Comment juger un film qui n’a pas l’ombre d’un parti-pris cinématographique, d’un choix particulier de mise en scène ?

Le film a remporté le prix du meilleur essai au Fifa de Montréal ! Faut-il en rire ou en pleurer ? Il me semble que dans ce qu’on a pour habitude d’appeler un « essai » il y a l’idée d’une forme qui s’éloigne des règles en vigueur pour en façonner d’autres ; et puis aussi une dimension poétique, qui fait fonctionner notre sensation de spectateur blasé par la soupe quotidienne. Point de tout cela dans ce film incolore, inodore, insipide (j’entends la voix caverneuse de mon ancienne prof de chimie hululer ces termes) que j’oublie déjà à l’écriture de ces quelques lignes, pourtant moins d’une heure après avoir vu le film.

Je m’en vais revoir un petit Chris Marker, histoire de me rappeler ce que peut être un essai au cinéma.

Information à tout hasard : ceux qui désirent voir quelque chose d’un tant soit peu marquant à propos de Céline, peuvent trouver un dvd qui s’appelle Céline vivant, basé lui, entièrement sur les entretiens filmés de l’écrivain vers la fin de sa vie.

Cette chose était montrée à Flagey et ne le sera plus en salle mais aucun doute, vous le verrez sûrement programmé à la télé bientôt…

Plus d’infos sur Flagey et le week-end de Films sur l’Art.

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Cinéphile farouche, monteur et vidéaste pittoresque

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