What the hell ? – Coup de gueule beauté

Parce que râler c’est utile (peut-être pas), productif (je n’y crois qu’à moitié) et que ça fait avancer la réflexion (si je le répète un certain nombre de fois, je vais finir par être convaincue)… Parce qu’en tout cas c’est jouissif et que ça ne peut pas faire de mal, petit état des lieux de ces faits beauté hautement énervants – et presque quotidiens – qui me font maugréer dans ma barbe invisible.

Le chignon coiffé décoiffé, l’objet de haine profonde. Il fait beau, ensoleillé et les oiseaux chantent (l’été quoi), et cette torride chaleur oblige donc à attacher ses cheveux pour ne pas suffoquer. L’occasion de négligemment se saisir de ses mèches et les relever en adorable petite boulette un peu sauvage, comme le font toutes mes amies et la moitié des autres filles du globe. L’air de rien, sans même regarder, presque à deux doigts. C’est joli, cool et design. Sauf que non. Quelque chose cloche quelque part entre mes mains et mon crâne (et pas moyen de trouver exactement où), parce que chez moi cela donne un aplatissement total, des épis, un chignon sans forme et l’impression qu’il ne me reste que quatre misérables cheveux (bon n’exagérons rien, six). Et là, je ne parle même pas du mode sans les yeux et sans miroir. Il me faudrait un tuteur pour tête.

Le trou à l’épaule de mon t-shirt préféré – forcément – et des vingt autres présents dans mon armoire. Ce fait-là, je l’admets, est un peu de ma faute. J’enlève mes vêtements comme une brute car je n’ai jamais vraiment réussi à faire autrement sans rester avec le visage coincé durant la manœuvre. Donc je tire d’un côté à chaque fois et associé au combo longs ongles aiguisés, cela produit des catastrophes. Mais étant sûre que je ne suis pas la seule dans le cas, quelqu’un devrait penser à améliorer la conception des modèles. Renforcer la doublure, coudre plus solide ou ajouter une plaque de kevlar. Ce serait un minimum (Ave mauvaise foi).

Les produits de beauté faits maison. « Prenez deux œufs, une cuillère à soupe d’huile, quatre fraises, mixez des herbes fraîches »… Je me bats déjà pour ne pas brûler mes petits pois vapeur, je ne vais pas en plus cuisiner pour ma tête!

Choisir entre voir son crayon noir waterproof couler au fil de la journée, ou, pour éviter ce fait, disparaître après quelques heures. Il n’y a pas de juste milieu possible, sauf chez les autres, ou il perdure semble-t-il pour toujours.

La photo qui apparaît un jour sur les réseaux sociaux. Celle sur laquelle tout le monde s’extasie et qui multiplie les j’aime… Celle sur laquelle on semble avoir pris dix kilos et avoir eu le nez défoncé par un tracteur. S’entendre répondre : « tu es rayonnante sur cette photo », pose de multiples questions sur notre état habituel. Le terrorisme prend parfois des formes sournoises.

La tache que l’on remarque toujours au travail. Je prépare mes vêtements la veille. Je les essaye le matin. Je repasse quatre fois dans ma salle de bain pour remettre du parfum ou effectuer une retouche maquillage et j’en profite à chaque étape pour jeter un coup d’œil sur mon reflet (féminité oblige). Je m’inspecte par moment dans les vitrines des magasins (pathologie oblige). Je place même ma veste comme « bavoir » sur moi en grignotant dans le train. Ce n’est pas sexy mais diablement efficace. Et pourtant je ne découvre cet élément embarrassant que lorsqu’il est trop tard. Et là je me balade négligemment avec juste une manche relevée ou en agrippant mon gilet ou encore en tenant sans cesse mon chemisier plaqué contre une jambe. De quoi m’offrir une bonne dose de confiance en moi pour la journée et un look street style de manchot handicapé.

Avoir dix copines qui ne mettent aucun maquillage et sont éclatantes et lumineuses en toute circonstance. Vouloir faire pareil, sortir braver l’univers en osant être naturelle et s’entendre répéter qu’on a l’air fatigué. hashtag#cernes#teintgris#mondecruel.

J’en passe et des pires : le vernis à ongles qu’on laisse sécher pendant une demi-heure et qui décide de redevenir mou au moment ou l’on tente de refermer son jean, le fard qui produit des lignes centrales en disparaissant sur le reste de la paupière, le produit dont on nous martèle qu’il est exceptionnel – et incroyablement cher – et qui le jour où l’on se décide à casser sa tirelire, se révèle inefficace juste sur nous…

Cette liste pourrait sans difficulté s’étendre jusqu’au blog voisin – et jusqu’en enfer. Et vous? Des râlages looks compulsifs à déverser sur ce mur imaginaire?

Written By

Barbara, vingt ans et quelques années supplémentaires. Graphiste, rédactrice web freelance, responsable communication. Folle amoureuse de la mode, du design, de la culture. Bloggeuse passionnée et catastrophiquement maladroite.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *