White Bird in a blizzard

Dans un décor des années 80/90 Gregg Arraki (Kaboom) nous expose ici les méandres de l’adolescence à travers le personnage de Kat interprété par la délicieuse et très talentueuse Shaileene Woodley. Après la disparition de sa mère, Kat nous livre le récit de sa vie : ses impressions, ses souvenirs et ses plus profondes émotions.

En rentrant dans le jardin secret de Kat, nous devenons alors spectateurs de la relation tumultueuse qu’elle a avec sa mère, qu’incarne à merveille Eva Green, réputée pour ses rôles psychotiques et névrosés. En effet, bien que j’aurais aimé voir le sujet plus approfondi, le personnage d’Eve reflète parfaitement la femme au foyer qui s’ennuie, alcoolique et jalouse de la beauté naissante et de la jeunesse de sa fille. L’arrivée du petit ami de Kat, Phil, un apollon plus qu’un génie, ne fait qu’amplifier l’amertume d’Eve qui essaye, en vain, de retrouver sa quintessence d’antan.

Alors que le synopsis laisse penser à une tragédie sur la disparition d’une mère de famille, le film se concentre plutôt sur la découverte sexuelle de l’adolescente mais aussi de la découverte de soi. Kat semble insensible et ne réagit à la disparition d’Eve qu’en doutant de l’innocence de son père.

Le coté thriller du film épouse parfaitement le drame adolescent et laisse toujours planer un suspens prenant appuyé par la prestation surprenante de Christopher Meloni (NY Unité Spéciale). Celui-ci incarne à merveille le personnage d’un père soumis et effacé mais à la fois touchant et pitoyable au sens premier du terme.

Le personnage de Kat est très complet : d’abord adolescente à la langue bien pendue et toujours encline à critiquer très justement et d’un air tout à fait détaché les vices et défauts de ses parents, elle devient petit à petit femme. C’est en la voyant jeune adulte, après une évolution discrète et subtile, qu’on peut (à peine) distinguer les séquelles laissées par son histoire. Il va sans dire que Shaileene Woodley nous offre une prestation à la hauteur de son talent et laisse présager une carrière prometteuse.

La mise en scène ponctuée de flashbacks entretient le suspens tout au long du film, qui se perd parfois dans les rêves de Kat que j’ai trouvés trop nombreux et peu utiles. Cependant, ils reflètent bien l’esthétique du film, qui correspond tout a fait à ces années-là.

En plus de la BO prenante, le film prend parfois des tournants comiques, qui sont de véritables bouffées d’air frais pour le spectateur et sont nécessaires au développement du scénario.

Un film sur les névroses et les failles (et même les gouffres dans ce cas-ci) d’une famille américaine modèle, je dis oui ! De plus, le fait que je n’aie pu m’empêcher de penser au formidable American Beauty prouve bien la qualité du film qui traite d’un sujet courant avec originalité et même avec une certaine douceur.

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Future étudiante en cinéma, je serais ravie de donner mon avis sur tous les films qui me passeront sous la main!

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