Les Whyers, un projet d’animation à suivre !

Rencontre avec Lora D’Addazio et Alexandre Mailleux, heureux concepteurs d’une série d’animation en format court, Les Whyers, dont vous pouvez voir le premier épisode en bas de cette page ou à cette adresse. Préparez-vous à vous immerger dans un univers inattendu et extrême, dans tous les sens du terme, où la folie n’a pour limite que l’imagination de ce duo créatif, tout en faisant de nombreuses et subtiles références à la réalité. Qui a dit que les dessins animés étaient (que) pour les enfants ?

Le teaser de la série

Sur quoi porte le scénario des Whyers ?

Lora : Le scénario des Whyers relate la vie nocturne de quatre jeunes étudiant.e.s qui s’emmerdent au possible. Désintéressés de tout, ils ont une vision du sexe, de la drogue et de la violence complètement banalisée. Ces jeunes devront dépasser tabous et interdits pour se sentir vivre.

Alexandre : Le scénario des Whyers a plusieurs couches. Comme le dit Lora, ce sont les aventures nocturnes de jeunes étudiants blasés. Mais, à côté de ça, ce qu’on essaie de développer avec ce premier court métrage, et ceux qui vont suivre, c’est le rapport que ces jeunes ont avec le monde qui les entoure : la politique, les histoires familiales, les amitiés et amours délicats,…

Image 1 - Les Whyers

Est-ce un délire total ou y a-t-il un sens à cette histoire ?

Alexandre : Il y a une grosse part de délire. La violence qu’on met en scène est grotesque et absurde. Mais elle n’est pas là gratuitement : elle sert à rendre matérielle, palpable, une violence qui est bien plus symbolique. La violence qu’on peut ressentir quand on se dit que ce monde va mal mais qu’on ne sait pas comment agir pour le changer. La violence sourde de l’impuissance, on lui donne un aspect très explicite.

Lora : C’est un délire qui dépeint une réalité quotidienne, celle d’une jeunesse confortable, capricieuse et incapable d’apprécier les simples plaisirs de la vie.

Image 2 - Les Whyers

Quels ont été vos parcours jusqu’à présent ? Ces expériences passées vous ont-elles aidés à mener ce projet à terme ?

Lora : Scolarité compliquée, problèmes avec l’autorité et tentative avortée de correspondre aux critères de normes peuvent intimement décrire mon premier quart de siècle. L’animation fut pour moi une extraordinaire opportunité d’exprimer ces choses qui m’enverraient directement en prison. Sans oublier que ce média me permet également d’assouvir mes instincts mégalomanes. Quand Alexandre m’a proposé le scénario des Whyers, j’y ai alors vu l’occasion de prendre beaucoup de plaisir à la réalisation.

Alexandre : C’est le premier scénario que j’écris et qui est réalisé. Je n’ai pas fait d’école de cinéma, j’ai étudié la communication et les études européennes. L’Europe est un sujet qui m’intéresse très fort, et j’avais cette envie, que Lora partage, de faire une série satirique sur la politique européenne.

Avant Les Whyers, aviez-vous déjà réalisé d’autres projets du genre ?

Lora : Les Whyers représentent mon 5e court métrage d’animation et le premier avec autant de personnages, de décors et, surtout, de dialogues.

Alexandre : Je n’avais jamais rien réalisé, mais j’avais déjà pas mal écrit, que ce soit sur mon blog ou dans des revues. Je crois que ce qui m’aide le plus, c’est d’écrire. En écrivant, je me confie à des gens qui m’aiguillent, me donnent leur avis. Ce sont ces échanges qui me font avancer.

Image 3 - Les Whyers

Vous avez présenté le pilote de la série à plusieurs concours et festivals. Qu’en ont-ils pensé ?

Lora : Une réalisatrice merveilleuse que nous avons rencontrée au KLIK ! Festival Amsterdam nous a fait le compliment qui, à mon sens, est le plus beau du monde : « quand j’ai vu votre film je me suis dit, ces gens on l’air trop cool, j’espère qu’ils seront là et que je vais pouvoir les rencontrer ». Alors ça, ça m’a rendue heureuse !

Alexandre : On nous a dit que les Whyers faisaient penser à China Illinois, une de nos grandes inspirations. Et ça, ça n’a pas de prix ! On est content quand on est sélectionné à un festival, parce qu’on sait que le côté gore et trash de notre court le place souvent hors-catégorie…

Tant l’histoire que les images sont tout sauf conventionnels… Quelles sont vos influences ? Où trouvez-vous une telle inspiration ?

Alexandre : On est très inspiré par des séries comme SuperJail, China Illinois, Rick & Morty, Gumball,… Ça, c’est pour la forme. Mais la matière première se trouve dans la vie de tous les jours, dans nos vies personnelles, dans la situation des jeunes en Belgique et en Europe. C’est de ça qu’on essaie de parler.

Lora : Les principales inspirations sont indéniablement les séries américaines pour jeunes adultes. Séries qui n’ont de cesse de ravir notre humour mal tourné, mais qui, hélas, parfois, présentent des références culturelles qui n’ont aucun écho de notre côté de globe…

Le pilote, premier épisode d’une longue série ?

Les voix énervantes des personnages, ce sont les vôtres ?

Lora : Je ne suis pas d’accord, je ne pense pas que les voix soient énervantes…

Alexandre : Haha, je comprends ! Oui, les personnages ont des voix très « marquées » voire marquantes. Ce ne sont pas des héros de Disney, ils n’ont pas de voix de velours. Ce sont des jeunes paumés, qui râlent, qui se cherchent, qui crient, qui grondent.

D’autres épisodes prévus, ou d’autres projets ?

Alexandre : On continue de développer l’univers des Whyers, mais cette fois, on bosse sur des épisodes plus courts, de 30 secondes. Des épisodes qui développent une punchline satirique sur, par exemple, la pauvreté des jeunes, la marijuana, etc. Dans ces épisodes, on développe tant le côté satirique que la psychologie des personnages. On sortira ça début 2016 !

Lora : Ces mini-épisodes sur ton de spot publicitaire tendent à décrire des situations quotidiennes qui, systématiquement, virent à l’absurde, afin de mettre en évidence le fait que, au final, c’est le monde dans lequel nous vivons qui est absurde. En parallèle des Whyers, je réalise mon film de fin d’études, un court métrage d’animation érotico-gore qui, pour moi, représente un certain aboutissement personnel.

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Je n'aime pas parler de moi. Ce qui ne devrait pas être un problème vu que c'est peu probable que vous vouliez lire sur ce sujet. Par contre, j'aime bien écrire sur tout ce qui suscite ma curiosité, m'amuse ou m'interpelle. Parfois aussi les trucs que j'aime pas, pour vous mettre en garde, ou vous effrayer. Dur à dire.

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