World War Z

Après avoir sauvé sa famille d’une attaque de zombies aussi soudaine qu’inexpliquée, Gerry Lane (Bratt Pitt) rechigne à sauver le monde. C’est que l’homme est un ancien agent de l’ONU, le meilleur selon un ex-supérieur, et doit son exfiltration en famille de Philadelphie en plein chaos, en sa qualité d’expert qui est indispensable à l’armée US qui coordonne la résistance. Armée qui devra recourir au chantage pour convaincre Gerry Lane d’accompagner un scientifique et une escorte militaire à la recherche de l’origine de cette pandémie fulgurante. En Corée du Sud.

 

C’est fait, le genre cinématographique particulier que représente le film de zombie tient sa première superproduction. Inauguré en 1932 par Victor Halperin avec White Zombie, « inventé » par Roméro en 1968 avec La Nuit des Morts-Vivants, et ressuscité par Danny Boyle en 2002 avec 28 jours plus tard, (sans oublier Zach Snyder avec l’excellentissime remake du Zombie de Romero : L’Armée des Morts), le genre semblait décidément increvable et promis à un bel avenir, tant ce World War Z était attendu par tous les aficionados de morts-vivants, tant le livre de Max Brooks fut une réussite littéraire audacieuse… et semblait inadaptable au cinéma. Force est de constater que le livre l’est bel et bien, puisqu’il ne s’agit pas d’une adaptation, mais bien du rachat de la « franchise » World War Z en vue d’une opération commerciale juteuse.

Et oui, World War Z est un blockbuster estival dans tout ce que le terme peut connoter de négatif. Ce film est un film d’action (bien foutue certes) mais n’a de zombie que le nom, qu’il spolie honteusement. Pour réaliser le film de zombie familial dont rêvaient Marc Foster et Brad Pitt (respectivement réalisateur et producteur), il fallait bien faire des concessions. Concessions qui sont ici poussées à l’extrême,… au ridicule : Un film de zombie sans des litres de sang…. allo quoi !? (devoir « citer » Nabilla résume le niveau du film), des scènes d’action systématiquement mises en scène de manière à en brider la violence, si elles ne sont pas purement et simplement élipsées. Le sommet étant les scènes d’amputation et de soins d’un membre qui renvoient les censeurs des tableaux de la Renaissance et leurs voiles de pudeur au rang de joyeux déconneurs. Après une entrée en matière musclée qui ne manque pas de mérite, l’intrigue s’épuise rapidement et se résume à un jeu de piste sans originalité, qui enchaîne les scènes prévisibles, générant peu de tension en raison des personnages secondaires (la famille de Lane) mal exploités, et à un manque d’empathie suscité pour le personnage de Gerry Lane qui se révèle bien trop lisse. Pour ne rien arranger, le jeu de Brad Pitt est sans âme, vide de la moindre émotion. On est loin, très loin du Brad Pitt de The Tree of Life. Brad semble plus courir après les millions que vont lui rapporter le film que pour sauver la peau du personnage qu’il interprète et le monde entier avec lui. Il semble bien seul dans cet univers. Seul au monde au milieu de quelques millions de zombies et quelques survivants anecdotiques.

Le plus catastrophique, peut-être, est que la portée politique et sociale inhérente à ce genre cinématographique peut laisser croire que le film véhicule des messages nauséeux. Gageons qu’il ne s’agisse que de l’effet indésirable d’un genre que Forster ne maîtrise pas du tout, tant cette production ne semble destinée qu’au divertissement pur et dur. Espérons pour la morale de cette sombre histoire que les enfants de Brad Pitt aient apprécié le spectacle. Sinon les mômes, il y à Boyle, Roméro ou même Edgar Wright avec son Shaun of The Dead, qui allie avec génie humour et zombies sans bannir les flots de sang, au service d’un film tout à fait familial. World War Z, un film à voir si vous avez du temps à tuer. Uniquement.

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Comme le dit si bien Pascal Quignard, "Ecrire, trouver le mot, c'est éjaculer soudain". Ou encore Alphonse de Lamartine, "La critique est la puissance des impuissants". Mmh, pas très cohérent tout ça. Pour ma part, et pour contredire Sheakspeare, la critique n'est pas aisée et je ne suis pas dans l'aisance. J'écris néanmoins parce que c'est par moment assez jouissif, comme l'exprime si bien l'ami Quignard. A part cela, j'aime le cinéma, la bd, la musique et les citations à la con.

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