Wreck this Journal – Keri Smith

On vous a parlé ici de coloriages de jardins fleuris, ou, dans un esprit plus rock et destroy, de tatouages ou encore . Aujourd’hui, on vous propose de réveiller votre fibre artistique de manière beaucoup moins sage avec Wreck this Journal.

Véritable phénomène venu d’outre-Atlantique, ce livre au look un peu vintage rafistolé annonce d’entrée de jeu la couleur par son titre. Le but est clairement exprimé : saccager le carnet.

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Comment ? Par un procédé de destruction créatrice. A chaque page, une consigne est donnée, simple, limpide. On passe de défis gentillets comme remplir une page de cercles, en colorer entièrement une autre, collecter des timbres de lettres reçues,… en propositions un peu plus saugrenues telles que coudre ou congeler une page, créer un dessin en utilisant ses cheveux,… et instructions complètement déjantées : se servir d’une page comme d’un paillasson, emmener son journal avec soi sous la douche ou encore documenter son dîner…

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Pour tous les niveaux, pour tous les goûts, pour tous les âges. A suivre comme vous l’entendez, avec le matériel et la méthode que vous préférez, dans l’ordre préétabli ou de manière aléatoire. Les instructions sont libres d’interprétation, et le mot d’ordre, c’est l’expérimentation, en dépit du bon sens. Bref, vous décidez. De quoi convaincre rebelles et anarchistes endurcis. Car soyons honnêtes, même s’il s’agit de créativité individuelle, l’art ici est d’obéir à une consigne. D’une manière ou d’une autre, certes, mais tout de même.

Il n’empêche, détruire et malmener l’objet a un certain pouvoir libérateur. Exemple : craquer le dos du livre. Une chose que j’évite personnellement autant que possible. Le faire de manière délibérée, c’est un peu comme quand j’étais petite et qu’on me donnait l’autorisation exceptionnelle de manger quelque chose qu’on ne me permettait pas en temps normal . « Je peux ? Je peux ? » OUI. Alors, tout comme à l’époque je goûtais l’interdit avec crainte avant de le savourer pleinement, j’ai d’abord hésité, mais le dos du livre, je l’ai craqué, et pas qu’un peu ! Comblée, j’ai ensuite observé la conséquence de mon acte en arborant un sourire satisfait.

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On peut se poser des questions sur la méthode : créer, c’est détruire. D’aucuns répliqueront que détruire, c’est créer. Cela dépend du côté où l’on se place. Il y a la destruction pure et simple et il y a la destruction artistique, enlevée. Dépendant du niveau de dégradation du carnet, vous vous retrouverez, au pire, avec une loque infâme; au mieux, avec un book de vos créations inspirées.

Deux carnets terminés, dans un esprit complètement différent:

Créativité, individualité, personnalité, voilà les maîtres-mots de Wreck this Journal. Car au final, quelle que soit la consigne, chaque raisonnement, chaque méthode, chaque ressenti sera différent, et par conséquent chaque carnet sera unique. Le but étant le lâcher-prise, le résultat ne doit pas nécessairement être beau. L’important est de s’amuser et de se laisser guider au gré de sa fantaisie.

Un concept original et drôle, une bonne idée pour réveiller son imagination et sa créativité.

Testé en anglais aux éditions Penguin. Également disponible en version française.

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Coordinatrice éditoriale pour Culture Remains, j'use aussi de temps à autres de ma plume. Culturellement plutôt classique, je reste toujours ouverte à d'autres horizons.

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