Youri

Après une journée de travail pour Patrick (Alain Eloy), une balade au supermarché pour Agathe (Isabelle Defossé, dont l’interprétation délurée tient la pièce), nous voilà invités à prendre l’apéro dans le salon de ce couple d’amoureux. Nous sommes vite pris par l’enthousiasme de l’épouse qui offre à son homme un cadeau particulier certes, mais exceptionnel : un fils, tout beau tout neuf… Enfin presque, puisque celui-ci a treize ans… à la louche ! Le couple tente en effet depuis plusieurs années d’avoir un enfant en vain, les spermatozoïdes de monsieur ne sont pas assez « virulents ».

Lors de sa visite au Cora (oui, on y trouve de tout), Agathe rencontre par hasard ce jeune homme pour lequel elle tombe vite en amour et décide de « l’emprunter ». Débarque donc à la maison un adolescent muet, de prime abord, qu’Agathe nomme Youri (Vincent Sauvagnac). La réaction de Patrick est mitigée : le bonheur d’être père, la peur des origines du garçon, les risques liés à l’enlèvement… bref, Patrick ne sait pas trop où il en est et à raison puisqu’il manque même de se faire étrangler par son « propre fils » (soi-disant) ! Agathe, quant à elle, se perd dans ce nouveau sentiment maternel et ne voit pas la situation délirante dans laquelle ils se trouvent. S’ensuivront d’autres moments absurdes, curieux, drôles, surprenants et cruels lors de l’apprentissage d’une nouvelle vie, à trois… Les nombreux moments cocasses, parfois basés sur des poncifs un peu faciles et téléphonés, font mouche à chaque fois ; et le public rit de plus belle.

Le jeu des acteurs, sur un rythme très enlevé, nous emmène rapidement dans le monde rocambolesque imaginé par Fabrice Melquiot et crée une ambiance chaleureuse dans cette salle voûtée du théâtre. Nous sommes à peine assis que le sujet est lancé : Youri, cet enfant tant espéré est arrivé ! Le décor est cosy et nous imprègne de ce cocon familial qui se prête parfaitement à l’installation des spectateurs, de part et d’autre de la scène. Tout au long de la pièce, les acteurs se changent sur scène sur un fond musical adapté (on entendra successivement les hymnes russe, chinois, congolais et italien)  et, complices, nous gardent attentifs pour la suite.  La mise en scène est vivante, voire même colorée et nous transporte avec eux dans cette histoire surréaliste.

Une pièce accrocheuse, vivante et délurée que les comédiens nous livrent avec vivacité, énergie et sincérité !

Du 14 novembre au 31 décembre 2013 au Théâtre Le Public (www.theatrelepublic.be)

Texte de Fabrice Melquiot

Mise en scène : Georges Lini

Avec : Isabelle Defossé, Alain Eloy et Vincent Sauvagnac

Tarifs : de 4 à 25 € & Article 27

Durée du spectacle : 1h30

Stephanie Lebordais

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