Zabus et Thomas Campi – Les petites gens

« Une ville, une rue, deux immeubles qui se font face et quelques personnages comme on en croise tous les jours. Ils sont emportés par leur vie, de la maison au bureau, de la crèche au cimetière. Parmi ces gens, certains fonctionnent moins bien que d’autres. Des petites gens. Ils sont là mais on ne les voit pas. La seule chose qui importe, c’est qu’ils fassent ce qu‘on attend d’eux : travailler puis mourir sans bruit. Mais parmi ces petites gens, quelques-uns ont l’air d’encore aimer la vie. Ils l’aiment assez pour essayer de lui donner un sens, d’y trouver le bonheur. On dirait des révolutionnaires. Silencieux et pacifiques. Les petites gens ont des petites vies, si petites qu’on devrait les oublier, mais c’est pourtant elles que l’on va vous raconter. « 

Les petites gens, c’est l’histoire normale, de gens normaux, il y a ce fonctionnaire, qui ne comprend pas pourquoi son collègue a tout le temps le sourire, cette vieille dame, qui ne sait pas comment finir ses fins de mois et se demande où en est sa vie, ce père et ce fils, qui ne parlent presque plus depuis la mort de leur femme/mère, cette dame qui danse en cachette ou encore le vieil homme du rez-de-chaussée, qui ouvre sa bibliothèque à tous. Ces six personnages habitent dans la même rue, ils se côtoient, et ils ont tous une vie normale. Le Centre Belge de la Bande Dessinée consacre son exposition à la Gallery à cette œuvre, première réelle BD pour adulte scénarisée par Vincent Zabus : « C’est vrai que j’ai commencé la BD par des albums jeunesse mais ce n’était pas forcément une intention, ce sont plutôt les portes qui se sont ouvertes, mais j’avais depuis toujours l’envie de faire des albums tout public, ou pour adulte ». Une histoire qui s’est formée autour de plusieurs petites idées, des sortes d’histoires courtes « Et puis après j’ai essayé de structurer ces histoires comme des suspenses, des petites intrigues policières, pour que ce ne soit pas trop redondant de traiter de sujets humanistes avec une histoire, structurée elle de façon assez chronologique. Je trouvais assez intéressant que la forme dramaturgique soit en tension avec le contenu ».Pourtant la collaboration avec le dessinateur n’a pas été des plus simples, puisqu’il n’est pas belge, ni francophone, « mais le plus grand problème c’était la langue, il fallait parler en anglais par Skype. »

Au niveau artistique, Zabus et Campi se comprennent bien, c’était dès lors plus facile de mener ce projet à terme : « Quand j’ai vu ses dessins sur internet, c’était vraiment cette option-là qui convenait au récit. Donc quand je le lui ai dit, il a lu l’histoire et il a dit directement oui. »

Vincent Zabus, scénariste (Crédit Photo : CBBD)
« Pour raconter l’histoire de gens normaux, on regarde autour de soi, et il y a plein de choses à voir. Mais pour raconter la vie de gens ordinaires, il ne faut pas que leurs vies soient banales, et donc je dois parvenir à trouver des ressorts intéressants, et que donc, derrière la vie banale, il y a des choses auxquelles on ne s’attend pas. »

Tout au long du livre, on se laisse porter par la simplicité des personnages, qui pourraient être vous, moi, un voisin ou encore la personne en face de nous dans le métro, le tout est livré avec une sorte de candeur poétique. Les histoires sont touchantes et les fils des histoires, même s’ils ne se croisent que dans cette rue, donnent pourtant l’impression d’être en constante connexion. Un récit qui traite de gens ordinaires avec des histoires peu ordinaires, le tout est mis en scène de telle sorte que l’on ne s’ennuie pas un instant durant la lecture.

Une BD à découvrir au Centre Belge de la Bande Dessinée, jusqu’au 03 février prochain.

Les petite gens, éditions Le Lombard
Scénario : Zabus
Dessins/Couleurs : Thomas Campi
Prix : 15€

Exposé à la Gallery du Centre Belge de la Bande Dessinée du 11/12/2012 au 03/02/2012

Plus d’infos sur le site du Lombard et sur le site du CBBD

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