15/10 – Alex Vizorek est encore et toujours une œuvre d’art

Il faut être complètement déconnecté pour ne pas avoir entendu parler d’Alex Vizorek (de son vrai nom Alexandre Wieczorek). Ce jeune Bruxellois a en effet conquis la télévision, les radios et bien entendu le théâtre avec son humour bien belge. On pourrait penser que Alex (faisons semblant qu’on est devenu les meilleurs amis du monde suite à notre entretien téléphonique) n’aurait plus trop de temps à consacrer au théâtre, mais rien n’est moins vrai !

Alex Vizorek revient en Belgique !

Oui, je reviens sur mes terres, c’est cool ! En plus maintenant ce sont les grandes salles, les gens m’attendent un petit peu, donc oui je suis content. Le spectacle, il a vraiment démarré en Belgique et c’était embryonnaire. À l’époque, c’était mes premières scènes que j’ai faites au petit chaperon rouge à Woluwé. Et puis voilà, j’avais également fait le centre culturel d’Uccle un an ou deux après, mais c’était offert par la Communauté française. Donc c’était gratuit pour les gens et c’était toujours rempli, mais bon ils n’avaient rien payé. Et maintenant on va essayer de remplir en les faisant payer (rires), mais je suis surtout content de revenir dans cette salle-là et puis Mons aussi, c’est chouette. Et Liège cela fait très longtemps que je n’y ai pas joué.

Mais où trouve-t-il le temps ?

L’agenda d’Alex est fort rempli ! Entre « Si tu écoutes, j’annule tout » sur France-Inter, son billet sur la même chaîne, le café serré sur La première, ou encore C l’hebdo (pour ne pas tous les nommer), où trouve-t-il encore le temps de faire du théâtre ? Et pourquoi continue-t-il à en faire ?

Alors ce sont deux questions différentes. Où je trouve le temps ? C’est-à-dire que tout est plutôt agencé autour du théâtre. Parce que le spectacle existait avant, moi c’est grâce au spectacle que j’ai fait les médias. Et donc tous les samedis je suis en vadrouille quelque part en France ou en Belgique — ce samedi j’étais à Narbonne, la semaine prochaine à Niort. Et tous les dimanches je joue à Paris mon spectacle à la pépinière. Donc ça, c’est les deux points fixes de ma semaine et les médias s’agencent autour de ça.

Alors, pourquoi continuer à en faire ? Ben c’est clairement de là que je viens et de là que je retournerai si à un moment l’on ne veut plus de moi ailleurs. Mais c’est surtout là où je prends le plus de plaisir direct. On a beau être regardé par presque 600 000 personnes pour C l’hebdo, ça ne vaut pas les 450 personnes que vous avez devant vous et qui vous rendent directement la générosité que vous leur donnez. Maintenant je pense que c’est complémentaire parce que le spectacle je l’ai écrit, bon j’ai commencé à l’écrire, il y a 5-6 ans — et bon il a évolué —, mais il est quand même beaucoup plus fixe que ne l’est l’actualité que je travaille quotidiennement. Tous les jours j’écris quelque chose donc c’est assez complémentaire. L’un tient de mon vieil amour et l’autre du changement permanent.

Et évolué, sa pièce a !

C’est mon premier spectacle et tous les humoristes vous diront que c’est avec le premier spectacle qu’on apprend son métier. C’est comme votre première bagnole, vous l’avez cabossé de partout, mais vous y êtes terriblement attaché et puis à un moment vous vous dites « au fait elle roule bien cette bagnole », vu que vous la connaissez quand même par cœur. Donc oui, bien sûr, ils se ressemblent, mais il y a bien 40-50 % qui a évolué, qui a bougé. Je continue encore tous les jours à y réfléchir et me dire qu’une réplique, si je la dis autrement, elle marche mieux. Et parfois il y a des vannes que je pensais être très drôle que j’ai enlevées, car ça ne faisait rire que moi (rires). Ensuite, il y a des choses que j’ai développées, car je voyais bien que ça plaisait aux gens. Maintenant je pense qu’il est à 95 % optimal.

Un spectacle, deux pays

Initialement né en Belgique, le spectacle est-il fort différent en France ?

Alors, à part une ou deux références politiques (parce que je trouve que c’est quand même bien en France de mettre des références françaises et en Belgique mettre de références belges) et un ‘nonante’ qui finit en ‘quatre-vingt-dix’ à Paris, c’est vraiment tout. On rit quand même des mêmes choses.

Alex, Bruxelles et Paris : un triangle amoureux. Faut-il faire un choix ?

Ah, mais si je vous demandais ce que vous préférez chez votre maîtresse ou chez votre femme, vous serez bien ennuyé parce que ce qui fonctionne c’est la complémentarité des deux. Et s’il y en a une qui disparaît, on serait malheureux. Non, c’est une vraie réponse de macho que je n’assume pas. Mais c’est un peu ça, c’est-à-dire que Paris m’a permis que tout aille plus vite, et moi la France ça a toujours été un rêve. Quand j’étais gamin, j’étais très influencé par les médias français, je regardais beaucoup la télé, j’écoutais beaucoup la radio. Mon père écoutait RTL France donc j’écoutais les grosses têtes en rentrant de l’école. Pour moi, réussir dans ce métier c’était réussir en France. Et alors à Paris je me rends compte que tout va très vite, que vous pouvez avoir dans votre salle des gens très importants de la télé et du cinéma parce qu’ils vous ont trouvé rigolé à la radio, le lendemain ils viennent vous voir et ça peut vous donner du travail, cela peut vous faire aller très vite. Et tout ça, bon, à Bruxelles c’est moins rapide. Et c’est l’avantage du coup de Bruxelles. Quand je pose mon cul dans le Thalys j’ai l’impression de retourner vraiment dans mon chez-moi où tout est un peu plus calme. Et ça permet aussi d’avoir un peu plus de recul sur les choses. Ce dont on manque parfois à Paris. Ils sont un peu plus sur les dents, ce qui fait qu’ils sont un peu plus durs les uns avec les autres, ils sont un peu moins camarade, moins chaleureux. À Bruxelles il y a une bonne ambiance entre les gens avec qui je travaille. À Paris ça va, mais chacun surveille un peu sa place.

Est-ce qu’Alex pense à écrire un successeur à son livre « Chroniques en Thalys » ?

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Ce n’est pas que j’y pense, c’est que c’est en route. Je bois un verre avec mon éditeur tout à l’heure. D’ailleurs il sort en poche cette semaine-ci [NDLR 03 octobre] ! J’ai reçu le livre il y a trois jours donc il sera, à mon avis, très bientôt dans les magasins. Bon après pour moi ce n’est pas très facile parce que ce sont des chroniques que j’ai déjà écrites. Maintenant il y a un vrai travail de choix – qui est quand même un peu compliqué – et de réécriture qui m’avait pris pas mal de temps parce qu’on se rend compte que les techniques pour être créatif et efficaces à la radio ne sont pas les mêmes qu’à l’écrit. Par exemple, à la radio vous pouvez régulièrement répéter de qui vous parlez. À l’écrit, si vous réutilisez deux fois le même mot, vous vous faites engueuler et puis ce n’est pas agréable à la lecture. Donc j’avais vraiment pas mal retravaillé pour que les chroniques qui s’y trouvaient soient aussi des objets littéraires.

 Et si Alex devenait Premier ministre belge ?

Ah moi, fédéralisme direct. Je veux que des gens en Wallonie puissent voter pour des politiciens flamands et l’inverse. Parce que c’est impossible de faire fonctionner un pays si vous faites campagne électorale dans une région et puis qu’une fois vous avez gagné vous devez diriger l’entièreté du pays. C’est juste absurde et contreproductif, c’est-à-dire que vous allez dire à des gens que vous allez les défendre et puis on vous met à la tête de tout le monde. C’est juste intellectuellement pas possible. Mais c’est ce qu’on appelle le compromis à la belge. Donc ça évidemment ça serait ma première mesure. Et je l’annoncerais en flamand et en français et en allemand. Je trouve que c’est absurde, absurde ! Et ça permettrait à certains politiciens francophones d’apprendre le flamand beaucoup plus tôt. Non, j’y tiens, car j’étais à l’école en flamand quand j’étais petit. J’ai une grand-mère wallonne issue du Borinage, de Mons, et une grand-mère qui était d’origine flamande qui venait en partie de la province près d’Anvers. Et ce sont deux femmes géniales et je trouve que je suis le fruit complet d’une forme de belgitude et donc je parle flamand, pas excessivement bien, mais je le parle. On a justement cette chance d’avoir deux langues, deux cultures quasi, parce qu’on est à la frontière des cultures un peu germaniques et des cultures latines. Et je trouve que les professeurs de flamand devraient venir de Flandre et inversement. Mais ça avec le communautarisme c’est mort, alors que ça me semble être la base. Si on demande à un enfant de trouver une solution, il vous dira pareil que moi.

Alex Vizorek peut être Premier ministre, Alex Vizorek peut être Roi, mais aujourd’hui, Alex Vizorek est une œuvre d’art !

On l’aimait déjà en 2011, et on l’aime encore toujours aujourd’hui ! C’est pourquoi on vous conseille vivement d’aller voir ce spectacle, cette œuvre d’art remplie d’humour !

Et n’ayez pas peur de ce spectacle qui vous emporte dans le monde artistique sans rien y connaître, cela ne change rien. Comme il le dit lui-même sur son site : « L’Art, c’est comme la politique, c’est pas parce qu’on n’y connait rien qu’on ne peut pas en parler. Et Alex Vizorek en a des choses à dire sur la Musique, la Sculpture, le Cinéma ou encore l’Art Moderne. »

Alex Vizorek en Belgique:

le 15 octobre 2016 à
Braine-l’Alleud : Centre Culturel de Braine-l’Alleud

le 20 octobre 2016 à
Liège : VOO Rire festival

le 22 octobre 2016 à
Bruxelles : Centre Culturel d’Uccle

le 29 octobre 2016 à
Liège : Théâtre du Trocadero

le 05 novembre 2016 à
Mons : Théâtre Royal de Mons

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“I have always had more dread of a pen, a bottle of ink, and a sheet of paper than of a sword or pistol.” ― Alexandre Dumas, The Count of Monte Cristo

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