Peaches au Botanique

Avec M.I.A., Peaches doit être une de mes artistes favorites. Tout d’abord pour sa musique. Principalement électro, parfois rock et toujours punk, la musique de Peaches ne passe pas inaperçue. Le genre de musique que tu peux pas vraiment écouter avec ta mère.
Le genre qui te donne envie de twerker dans ta chambre, te fait sentir sexy, te donne envie d’expérimenter… une musique libératrice et décomplexante.

Décomplexante, parce que ça parle de cul et c’est cru. Ici rien n’est suggéré, tout est explicite, tout est assumé et revendiqué. Une artiste de 40 ans qui parle sexe et l’assume, c’est mon idée du sexy.

Et c’est sans doute celle du public venu en nombre vendredi soir à l’orangerie du Botanique pour voir sur scène cet ovni musicalLe concert est soldout depuis des mois, le public attend beaucoup de l’artiste dont le dernier album – I Feel Cream – remonte à 2009. Pour un fan, un tel délai, c’est une torture. 

Je confesse deux choses : ma taille de hobbit et l’heure de mon arrivée ne m’ont pas permis d’être dans la première rangée et de profiter entièrement du spectacle. Je le regrette amèrement car Peaches sur scène c’est plus qu’un concert, c’est une véritable performance : une sorte d’hybride entre le peep show et le concert.

C’est donc dans une salle remplie que Peaches fait son apparition avec un costume loufoque dont elle seule a le secret. Elle nous présente plusieurs chansons de son nouvel album Rub. L’enchaînement se fait un peu vite à mon goût, surtout que le public ne semble pas très réactif à l’arrière de la salle.
L’album est pourtant sorti en septembre et, bien qu’il ne soit pas un chef-d’oeuvre absolu, il a le mérite d’avoir quelques chansons bien taillées pour le live.

Vaginoplasty en fait partie et c’est entourée de deux acolytes déguisés en vagins (oui, oui) que Peaches danse et chante devant un public à la fois hilare, surpris et excité. Tout dépendait de l’endroit où vous vous trouviez dans la salle à vrai dire. 

Suit une de mes chansons préférées de l’album : Pickles.

Les « performeurs » qui accompagnent l’artiste se déhanchent, miment des actes sexuels, twerkent, se lèchent, se frottent à elle, se fouettent et portent toutes sortes de tenues absurdes pour le bonheur du public. Surenchère ? Bien sûr ! Vulgaire ? Absolument ! On est dans le 100000ème degré et c’est jouissif.

Avec toutes ces performances, on pourrait penser que l’artiste délaisserai sa voix. Ce serait mal la connaître. Peaches est une artiste complète et même quand elle se tient debout en équilibre sur les mains du public, elle chante juste.

« Don’t you make me fall ! ». T’inquiète, ton public est conquis Peaches.

« Dick in the air » marque à mes yeux l’apogée du concert. Peaches nous interpelle :

« Who wants to put his dick in the air on stage ?! »

Le public est hilare mais aucun homme ne se risque à montrer sa virilité. Quel dommage. Qu’à cela ne tienne, Peaches ne se décourage pas et nous fait chanter :

« Dick in the air, let me see you put your
Put your dick in the air
Dick, dick, dick »
« Balls and dick, two balls and one dick
Balls, balls, dick, dick, balls and dick »

En même temps, une capote géante fait son apparition et est portée par la foule. Comme si de rien n’était, Peaches s’enfonce dedans et continue sa chanson.

Honnêtement, je ne sais pas comment décrire ça de manière sérieuse et puisqu’une image -même pixelisée – vaut mille mots :

Concert Peaches

Voilà. Voilà.

Pour finir en beauté, l’artiste nous livre Teaches of Peaches, son grand classique. Les premiers beats suffisent à réveiller un public malheureusement peu énergique jusqu’alors.

Je m’interroge. La performance scénique et vocale est là, le public belge est pourtant « réputé » pour sa chaleur. Qu’est-ce qui cloche ? Peaches enchaîne-t-elle les chansons trop vite ? Les chansons ne plaisent-elles pas au public ? Les performances des danseurs choquent-elles ? Je regarde autour de moi. À ma droite, un couple homo se déhanche gentiment, à ma gauche, un couple homo s’embrasse, derrière, un jeune homme et une jeune femme explorent leurs cavités buccales respectives et devant un groupe de jeunes filles danse en s’embrassant.

C’est l’orgie dans l’Orangerie.

Il faut dire que les chansons de Peaches sont également connues aborder les questions de genres, d’âge, d’identité et d’orientation sexuelle. Après le mariage pour tous, le sexe pour tous.

Après deux rappels, Peaches tire sa révérence. Ses dernières chansons se font topless avec une magnifique combinaison verte pailletée. Chapeau au styliste et à son imagination fertile. Chapeau également à Peaches qui m’a fait passer un très bon moment de folie en sa compagnie. Et enfin chapeau au Botanique qui a choisi de programmer cette artiste.

Après le concert, les t-shirts mouillés et les regards bienheureux des chanceux de devant me confirment ce que je pressentais : l’ambiance était torride à cet endroit de la salle.

Peaches, en concert le vendredi 18 décembre au Botanique.

Plus d’infos sur les sites du Botanique et de Peaches
L’album Rub en streaming sur Deezer
Quelques photos du concert par Elodion

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Laura, 28 ans, 1m55. Titulaire d'un diplôme loufoque : Sciences des religions et de la laïcité. Ecrit des articles non moins loufoques pour Culture Remains. Nourrit une passion pour M.I.A, le Théâtre de Poche, son chat, Edgar Allan Poe et les plantes carnivores. A toutes fins utiles, sachez qu'elle est très facilement corruptible si on lui offre à boire et à manger.

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