5 films français qui auraient pu être bons, mais qui en fait… non, 1

Une Nouvelle Amie (jeu de mot avec le film Un Petit Boulot oh oh, critiqué dans un article prochain)

Etant donné que je fais partie de ces gens qui vont jusqu’au bout d’un film dont la première demi-heure est mauvaise, juste au cas où il deviendrait soudainement bon, il m’arrive de regarder des nullités… intégralement. Ou bien, je lis une critique acerbe sur un film et cela me donne envie de le voir. Juste pour savoir si la critique est véridique. Chacun sa manière de perdre du temps dans sa vie se reposer.

Je vais vous parler de 5 films français que je n’ai pas aimés. Le cinéma français est encore le cinéma que je connais le mieux et que je consomme le plus. N’en déplaise à ceux qui l’évitent. Vous voyez tous ces affiches, castings ou bandes-annonces qui vous inspirent confiance. Et pour lesquels il aurait mieux fallu que… non.

Nous parlerons de : Une Nouvelle Amie / Darling / L’Effet Aquatique / Crime d’Amour / Ils sont Partout

1. Dans la famille Dandy je demande : Une Nouvelle Amie

Les raisons qui m’ont amené à le voir :

– Le réalisateur. J’avais aimé, de François Ozon, Le Temps qui Reste, Le Refuge, Ricky, 8 Femmes, Dans la Maison.

– Le casting. Romain Duris est souvent une raison suffisante pour passer 2h devant un écran (du moins pour la gent féminine ou gay). Quant à Anaïs Demoustier, je l’ai trouvée très juste dans Les Neiges du Kilimandjaro et Elles.

– Le synopsis. Même si les trailers gardent le mystère, l’affiche laisse en revanche clairement entendre que Romain Duris est travesti en femme (deux noms inscrits, deux silhouettes, « mmh suspense »). Personnellement, les films qui traitent sur l’ambiguïté ou originalité des genres m’intéressent. Et il en faut !

Les raisons qui m’amènent à le déconseiller :

– Les avantages. Le psychologique est pensé intelligemment, bien exécuté. Le film vulgarise un sujet tabou dans les grandes salles, rare. Mais…

– Le personnage de Claire. Tout de même trop indécis, voire sot. Qu’elle soit perdue parce que 1) sa meilleure amie est morte (pas de spoil), 2) le mari de cette défunte, également papa, se déguise en femme, 3) malgré tout cela, il lui plaît, normal. Mais je crois (je crois) que le public n’a pas besoin de tout ce chahut émotif (elle le drague, le rejette) pour comprendre la complexité de la situation. Tout est justifié, voire bien tourné, mais c’est peut-être peu intéressant. Enfin moi, cela ne m’a rien apporté. Et on devine qu’ils vont se pécho à la fin.

– L’environnement. Quartier résidentiel américanisé, publicité immobilière. En quoi ces thématiques nécessitent-elles un environnement de riches ? En quoi des maisons grandioses apportent-elles quoi que ce soit à l’histoire ? Décapotables, château en forêt, shopping outrancier, escaliers de marbre, imposantes cheminées. Carcan esthétique pénible. Des histoires de vie qui touchent tout le monde (la question de la sexualité, des interdits sociaux) face à un décor aux antipodes des nôtres, c’est dommage. C’est étouffant et surfait. D’autant plus intolérable pour moi quand la moitié des gens ne connaissent pas le quart de ce qu’ils ont, bref vous m’avez comprise. Après, s’il faut se déguiser en catho-aristo pour interpeller cette population souvent étriquée et bornée sur la thématique des transgenres, cimer la didactique.

2. Dans la famille Rurale je demande : Darling

Les raisons qui m’ont amené à le voir :

– L’affiche. J’aime cette photo, le naturel, le mouvement, ce brouillard et ces couleurs. J’aurais certes enlevé la trombine de Canet !

– Le casting. Guillaume Canet, Marina Foïs. Oui, il ne me faut pas toujours grand chose pour mater un film.

Les raisons qui m’amènent à le déconseiller :

– Avantage comme défaut. Le ton. Trop de pathos… trop de pathos tue le… trop de pathos. Résumé d’Allociné : « Darling est une femme d’aujourd’hui, lancée dans le broyeur de la vie, et qui donne l’impression de toujours choisir la mauvaise direction (oui, pas qu’une impression). La vie ne l’épargne jamais vraiment (voire vraiment pas). Mais elle ne se voit pas comme une victime. Elle ne s’apitoie pas sur son sort. Au contraire, son parcours témoigne d’une rage de vivre envers et contre tout. Elle se bat pour exister. Si elle tombe, elle se relève.

Ses rêves se heurtent à la réalité mais elle avance. (Proche de la mort à un point culminant du film), elle puise au fond d’elle-même une énergie pour continuer (impressionante, de fait). Sa parole la révèle comme une femme qui veut garder sa dignité et séduire malgré tout (touchant, certes). Darling est naïve et effrontée, instinctive et courageuse. Elle possède la force vitale d’une héroïne de tragédie. »

– Voilà, donc pour ceux que ça intéresse, j’ai des lames de rasoir dans ma salle de bain, ou, pour les hématophobes, une corde dans la cave. Il faut savoir que l’histoire de Darling est une histoire vraie. Mais est, de plus, l’histoire de beaucoup de femmes. Voilà voilà on est content.

3. Dans la famille Originale je demande : L’Effet Aquatique

Les raisons qui m’ont amené à le voir :

– Le casting. Florence Loiret-Caille est une actrice drôle, poignante, intense, humaine. Épatante dans La Petite Chambre. Douée dans La Dame de Trèfle. Trop chou dans The Queen of Montreuil (par la même réalisatrice).

– L’environnement. Le film a été réalisé par Solveig Anspach (Islandaise morte en France en 2015). C’est un cinéma frais, si tant est que cela se dise ! Une bonne partie du film se passe en Islande. Du coup, moi j’adhère.

– Le synopsis. Samir veut apprendre à nager à 40 ans pour se rapprocher de la femme dont il est tombé amoureux, Agathe, maître-nageuse à Montreuil. Mais elle n’a pas encore fait le deuil de son mari. La conquête s’avère laborieuse. D’autant plus laborieuse quand les mensonges rôdent. Elle sort Samir de sa vie lorsqu’elle découvre qu’il nage en réalité très bien.

Les raisons qui m’amènent à le déconseiller :

– La piscine municipale. Un soir, le mec se retrouve enfermé. Mais si rappelez-vous, ça vous est aussi arrivé…(?) Comme par miracle, Agathe profite de la piscine déserte pour nager. Mais si rappelez-vous, le personnel accède à une piscine communale fermée…(?) Pire, ivre : un collègue débarque avec deux greluches. Le joyeux trio ne marche pas droit. Tandis que la normalement-veuve embrassait son prétendant sur un plongeoir, une des fêtardes tombe à l’eau. Inerte, Samir plonge pour la sauver. Agathe reste bouche-bée. Honnêtement, un mec qui fait semblant de ne pas savoir nager pour prendre des cours avec oim, je trouve ça charmant. Chacun ses goûts.

Le projet « Together » ou comment rester dubitatif

– Le voyage. Agathe est amenée à partir pour Reykjavik. Elle fait partie des délégués d’un congrès sur l’hygiène dans les piscines. Montreuil-Reykjavik, sans transition. Samir n’en démord pas et la rejoint. Il se fait passer pour un délégué israélien au congrès et invente un projet de piscine construite entre israéliens et palestiniens, « Together ». Fou rire nerveux pour ma part. Ça sentait pas un peu l’herbe dans le bureau de Solveig ??

– Des personnages (très) secondaires. C’est quoi cette maître-nageuse obsédée qui drague le personnage principal ? A quoi sert-elle ? A faire rire ? Même pas. Une façon de rappeler que la vulgarité et le forcing n’est pas un monopole masculin ? Lourd. Quant aux deux amis islandais, on aurait pu leur donner un peu plus de corps. Pas juste servir d’auberge, de vitrine linguistique ou de taxi.

 4. Dans la famille Au-secours-l’amour je demande : Crime d’Amour

Les raisons qui m’ont amené à le voir :

– Le casting. J’apprécie Ludivine Sagnier. Par homéopathie mais, tout de même, elle est intéressante dans Swimming Pool et parfaite – à mon souvenir – dans Pieds nus sur les limaces. J’adore Kristin Scott Thomas. C’est une actrice incontournable qui a joué et continue de jouer dans des films incroyables.

– Le réalisateur. J’étais au lycée quand j’ai étudié Tous les matins du monde pour le bac. Livre et film. La version cinéma était réalisée par Corneau. J’ai alors regardé ce qu’il avait fait d’autre (Stupeur et Tremblements). J’ai revu Crime d’Amour il y a peu car ne m’en souvenais pas trop. Maintenant, je sais pourquoi.

Les raisons qui m’amènent à le déconseiller :

– Les deux protagonistes. Chacune de bonnes têtes-à-claque, hautaines et impitoyables. Sauf qu’autant d’acharnement, on n’y croit plus trop. Sourcils haussés, bouches en cul de poule, brushing et petits tailleurs. Le film retrace la guerre que deux femmes avides de pouvoir mènent l’une contre l’autre. Normalement, Corneau est sensé traiter les relations d’amour-haine, dominé-dominant. 1h30 semble tout de suite bien long. On a juste envie de leur proposer un séjour en bateau pour péter un coup.

« Et mes lèvres, tu les aimes mes lèvres ? »

– Le décor est aseptisé, froid, luxueux, presque aussi hautain que les deux femmes. Des bureaux du haut d’une tour de verre, en plein Paris je présume. Des maisons futuristes sans couleur, sans vie. Vous l’aurez compris, je n’aime pas les paysages de richoux. Encore moins quand il s’agit de traiders, de multinationales de mon-cul-sur-la-commode. S’agit-il d’une satire aux allures pamphlétaires ou d’une admiration fétichiste pour le matériel ? On ne sait plus trop bien.

 5. Dans la famille Comédie je demande : Ils sont Partout

Les raisons qui m’ont amené à le voir :

– Le casting. De loin le meilleur exemple de trahison spectateur. Je tombe sur la bande-annonce. Je constate tous ces acteurs et la dynamique avec laquelle le trailer est tourné, je me laisse amuser. François Damiens, Grégory Gadebois, Valérie Bonneton, Denis Podalydés. Voilà déjà moi je dis oui rien que pour eux. Puis Gilles Lellouche, Dany Boon, Charlotte Gainsbourg, Benoit Poelvoorde pour convaincre les fines-bouches.

– Le synopsis. L’originalité peut-être ? On se demande en effet ce qu’il peut y avoir à dire de plus que tout ce qui a déjà été dit sur la communauté juive. Les juifs sont partout. Ils sont riches. Ils sont les maîtres du monde. Les juifs sont beaux, gros, poilus enfin – moi – je m’en fous en fait. Mais peut-être que suis-je à la masse avec l’actualité.

Les raisons qui m’amènent à le déconseiller :

– L’humour. Outre la scène où Denis Podalydès et Grégory Gadebois jouent deux rabbins tentant de comprendre un passage du Talmud, nous pouvons parler d’un beau flop comédie. De haut niveau, le flop. L’histoire de Gilles Dellouche en Jésus, de François Damiens qui crée l’association des roux, la table politique qui entreprend pour son peuple qu’il devienne juif… Non en vrai, j’ai du regarder en diagonale tant on marchait sur les narines.

Une thérapie d’Yvan sur le divan. Derrière la camera, Yvan Attal, lui-même juif et qui semble avoir souffert de ce flash médiatique avec Dieudonné, nous partage son ressenti. Beaucoup de catégories, aucune nuance, aucune subtilité. Ou bien un humour que je ne comprends absolument pas. Peut-être de l’humour… juif. Non vraiment, j’aurais regardé un film coréen que j’aurais mieux compris. Etait-il dans le bureau de Solveig Anspach lorsqu’il a rédigé le scénar’ ?

– Longueur et bande-son. Tenez-vous bien, le film dure 2 heures. Quant à la musique, pour le peu qu’il y a, Yvan, tu balances du rap à deux francs parce que tu filmes des personnages dans une cité, des violons chouinant pour la mise en Croix de Jésus ?

On se retrouve dans quelques semaines pour 5 autres films français qui auraient pu être bons, mais qui en fait… non.

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En Belgique depuis deux ans, j'ai travaillé à la Maison de l'Amérique Latine puis à la Jazz Station à Bruxelles. Vous me trouvez surtout dans la rubrique musique. Mon dada? Les musiques trad et électro. J'aime aussi beaucoup le milieu muséal et le septième art. Quand je n'ai pas de la musique dans ma tête, c'est voyage dont je rêve. Je parle fort et suis un peu j'tée, mais si vous me lisez, ça va mieux ! Très malheureusement, l'aventure Culture Remains est bientôt finie pour moi : je pars à Montréal pour un master d'Ethnomusicologie. En attendant, c'est depuis Liège que je profite de mes derniers moments en Begique.

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