A 30 ans le FIFF est au paradis !

Bien plus qu’un simple festival, le FIFF (Festival International du Film Francophone de Namur en Belgique) qui fêtait cette année ses 30 ans, est un festival compétitif spécialisé qui propose chaque année près de 150 films en compétition, dont des courts métrages et des documentaires, pour remporter le Bayard d’Or.

Convivial et qualitatif, ce festival bénéficie depuis quelques années d’une véritable assise publique et d’une renommée internationale.

Il a ainsi récompensé dernièrement la crème des films franchophones comme J’ai Tué ma Mère de Xavier Dolan (Meilleur Film, Meilleure actrice, Meilleure Première Œuvre en 2009), L’Exercice de L’état de Pierre Schoeller (Meilleur scénario en 2010), Louise Wimmer de Cyril Mennegun ( Meilleure première œuvre ) ou Timbuktu de Abderrahmane Sissako ( Meilleur film en 2014).

Cette année, l’ombre de Chantal Akerman (La Captive, La Folie Almayer…) a plané sur le festival suite à la sa disparition survenue le 5 octobre, en plein festival, et au sein duquel un documentaire lui était consacré. I Don’t Belong Anywhere est une réflexion sur la vie de la réalisatrice belge et plus particulièrement sur sa non-appartenance à un lieu, une histoire, à un genre déterminé.
Chantal Akerman venait également de réaliser No Home Movie, un portrait touchant consacré à sa mère disparue dans lequel la cinéaste analyse que tout son Cinéma était basé sur elle; depuis son décès, elle se pose la question de savoir si elle pourra encore créer… Émouvant.

Cette année, Loubna Abidar a remporté le prix de la meilleure actrice pour Much Loved de Nabil Ayouch.

Le nouveau le film de Rudi Rosenberg remporte quant à lui la Mention Spéciale et le prix du public long métrage de fiction de la ville de Namur. Un film 100% pour et avec des ados dont on devrait entendre parler !

Parmi les VIP présents cette année, on notera la disponibilité de Laura Smet (membre du jury), la beauté de Louise Bourgoin et la simplicité d’Olivier Gourmet…

Le Vanessa Day a officiellement  été déclaré le 8 octobre 2015 à Namur, jour d’arrivée de la chanteuse et actrice Vanessa Paradis au FIFF. La capitale wallonne a reçu de manière exceptionnelle Vanessa Paradis, l’invitée coup de coeur du festival. Disponible, l’actrice et chanteuse est venue présenter deux films et  participer à une rencontre avec son public, animée par le critique de Cinéma belge, Hugues Dayez.

Et autant dire que la présence de l’artiste aura créé une véritable effervescence dan les rues de Namur et illuminé littéralement le Festival. Ils étaient quelque 400 chanceux (parmi eux certains attendaient depuis 9h le matin, d’autres étaient venus spécialement d’Italie pour l’occasion) à venir écouter, pendant 45mn, celle qui, en toute simplicité et avec beaucoup de naturel, aura évoqué tour à tour sa carrière au cinéma, les hommes de sa vie ainsi que sa vision et son amour pour le 7ème art.

Si elle a toujours gardé un mauvais souvenir de Noce Blanche (son premier film), La Fille sur le pont de Patrice Leconte reste son chouchou : « Un tournage avec un vrai esprit d’équipe, un scénario de Serge Frydman, Leconte à la caméra, Daniel Auteuil comme partenaire, c’est rare d’avoir quelque chose d’aussi complet. C’était vraiment magique ! ».

Avec beaucoup d’affection et de générosité, elle a évoqué ses hommes de cinéma : D’Alain Delon, son partenaire dans 1 chance sur 2 (  « Certains disent qu’il est solitaire mais c’est une façade, il se protège. Avec moi, il a toujours été très chaleureux et bienveillant. Il est bouleversant !  » ) à Gérard Depardieu ( « Sur Elisa, il tournait aux steak et aux gousses d’ail toute la journée, il était très affectueux » à Jean-Marc Vallée avec qui elle a tourné Café de Flore  ( une « bombasse de metteur en scène  » ), elle a tenu à rendre hommage à ces belles personnes rencontrées sur les plateaux de cinéma avouant que les tournages « ce sont les meilleures colonies de vacances du monde ! »

Elle avoue également ( toujours avec beaucoup d’humour ) ne pas recevoir tant de propositions de scénarios :« Je ne suis pas dans la liste des 15 ou 20 actrices auxquelles on pense immédiatement pour un rôle. On me pense inaccessible. Je ne dois pas être assez bankable bien que je fasse toutes les semaines la Une des magazines people « .

Elle avoue détester passer des castings et même y être particulièrement mauvaise :  «  incarner Marie-Antoinette assise sur une chaise avec un jean, je n’y arrive pas, j’ai besoin de me sentir dans le rôle. Je ne pense pas être une actrice dans l’âme. Je ne vendrais d’ailleurs pas mon âme pour un rôle ».

Mais, son amour pour le cinéma est tel que, si un projet lui plaît, elle peut accepter un petit rôle ( comme dans La Clé de Guillaume Nicloux où elle apparaît 10mn ) :« Je ne veux pas de premiers rôles, je veux de supers rôles !  Et puis j’ai cette chance de pouvoir choisir mes rôles car j’ai la musique à côté ». Même si elle avoue secrètement rêver qu’un jour on lui propose une comédie musicale…

Elle confie adorer particulièrement les films indépendants : «Ce sont de petites perles ! ». Elle attend ainsi de pouvoir tourner le deuxième film de Cecilia Rouaud, Le Sphinx ( avec qui elle a tourné Je me suis fais toute petite) mais regrette les difficultés de financement du film malgré « sa réalisatrice fabuleuse et un scénario sublime »  dans un contexte économique qui soutient plus facilement les comédies.

Elle se félicite de l’existence du FIFF qui prouve que «  voir de jolis films qui ont été fait sans milliard, c’est possible ! ».

Elle s’est également dite flattée d’être honorée comme actrice: « c’est la première fois que le monde du cinéma me rend hommage ( en 25 ans de carrière ), cela me flatte, surtout dans un Festival où on entend avant tout parler des films plutôt que des stars ».

Généreuse et accessible jusqu’au bout, Vanessa aura également présenté le film l’Arnacoeur (son plus gros succès en salle) du regretté Pascal Chaumeil et signé de nombreux autographes aux fans qui l’attendaient à la sortie du cinéma l’Eldorado.

Vanessa Paradis, le coup de cœur du 30ème Festival de Namur n’aura jamais semblé aussi naturelle et accessible qu’en Belgique!

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Atteinte de cinéphilie aiguë, Lorraine Lambinet, fille de projectionniste, a passé son enfance dans les salles obscures. Titulaire d'une Maîtrise Arts du Spectacle et Écrits Cinématographiques, elle a touché à tous les domaines du 7ème Art aussi bien à la programmation (Festival Quais du Polar, Courts du Polar), l'exploitation (Projectionniste), la réalisation (Assistante réalisatrice) ou la production (Assistante de production long-métrage ). Aujourd'hui, elle est Directrice d'un cinéma en région parisienne.

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