Atopolis, vision d’une ville idéale

« Nous sommes des bateaux sur la mer pas des canards dans une mare. » C’est sur cet aphorisme de Lawrence Steiner que s’ouvre Atopolis, l’un des temps forts de l’été à Mons2015.

C’est à se demander si l’adresse de l’exposition sise au Manège de Sury dans la rue des Droits de l’Homme est une coïncidence. Atopolis ne manque en effet pas d’humanité. Basé sur les écrits d’Edouard Glissant, grand penseur du métissage et de la mondialité, cet impressionnant parcours d’art contemporain porté par le WIELS présente l’œuvre d’une vingtaine d’artistes qui nous interrogent sur la condition actuelle du monde globalisé, où l’espace ouvert et fluide, sans frontière et offrant une interaction dématérialisée permanente, est promesse d’avenir.

Difficile d’expliquer le contenu de cette exposition, tant il est, malgré sa simplicité, à la fois riche et abstrait. A l’image du Glo-Balloon de Meschac Gaba, un ballon gonflable en forme de globe, condensé illisible de tous les drapeaux nationaux du monde, les idées véhiculées se mélangent pour former un condensé assez confus, tout en symbole. De salle en salle, on va de questionnement en réflexion, de réflexion en théorie, on découvre les interprétations d’artistes internationaux sur les notions d’identité, d’altérité, de relation entre les êtres, de transfert de cultures, et d’utopie.

Atopolis---WIELS--MONS2015

En pratique ? Beaucoup d’objets à première vue insignifiants, mais terriblement porteurs de sens, tels le tricycle siffleur aux multiples rétroviseurs d’Abraham Cruzvillegas, la peinture géante de l’archipel en opposition aux continents de Jack Whitten, les objets sous vide de Danai Anesiadou, la fresque recyclée de Saâdane Afif, les photos de people « anonymisés » de Benoit Platéus, les textes interrogeant la condition féminine de Jef Geys, l’origine gitane de notre vocabulaire de Vincent Meessen, les rêves d’ouvriers cubains en plein embargo d’Adrian Melis, le gigantesque atelier à pensées de Thomas Hirschhorn et les grands projets, comme celui de relier les frontières de Francis Alÿs…

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Une exposition pertinente et plus que jamais d’actualité, qui invite à une réflexion philosophique sur la perception de soi, de l’autre et du monde. A voir avec guide, pour saisir toutes les subtilités!

Atopolis

Jusqu’au 18 octobre 2015 au Manège de Sury, 1 Rue des Droits de l’Homme à Mons.
Du mardi au dimanche de 12h à 18h
Tarifs: 5-8€

Avec la participation de: Saâdane Afif, Nevin Aladağ, Francis Alÿs, El Anatsui, Danai Anesiadou, Yto Barrada, Walead Beshty, Huma Bhabha, Vincen Beeckman, Vlassis Caniaris, Abraham Cruzvillegas, Meschac Gaba, Jef Geys, Thomas Hirschhorn, Kapwani Kiwanga, David Medalla, Vincent Meessen, Adrian Melis, Benoit Platéus, Walter Swennen, Diego Tonus, Lawrence Weiner et Jack Whitten.

Plus d’infos sur Mons2015

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Coordinatrice éditoriale pour Culture Remains, j'use aussi de temps à autres de ma plume. Culturellement plutôt classique, je reste toujours ouverte à d'autres horizons.

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