Attentats de Bruxelles : ébranlés mais pas brisés

Aujourd’hui, la Belgique (et avec elle tous les membres de Culture Remains) est à nouveau plongée dans le noir. Le 22 mars 2016 restera probablement gravé dans nos mémoires. Et de messages de condoléances aux familles des victimes il n’y en aura jamais assez. Comment adoucir cette indescriptible douleur provoquée par la perte d’un être cher, violemment arraché à nous, à nos bras, nos coeurs, nos sourires… à nos vies ?

Ces événements font écho aux attentats de Charlie Hebdo, qui, il y a à peine 14 mois, plongeaient le monde dans un état de choc indescriptible. Premier d’une série d’attentats « franco-belges », ce dernier avait engendré un tel tapage médiatique que c’est à la fois assommés, abasourdis mais surtout déboussolés par les sentiments et messages contradictoires qui fusaient de toute part que nous avions publié l’article L’homme, ce colon…, exprimant notre désarroi mais aussi ce questionnement existentiel et essentiel à l’avenir de notre planète : « Que puis-je faire, moi, petit Européen sans prétention, pour éviter que conflits, haines, peurs et ségrégations ne se propagent ? ».

Et force est de constater que, malgré les efforts de nombre d’entre nous pour empêcher la haine de s’installer, déconstruire ces stéréotypes qui nous collent à la peau, dépasser la peur qui s’est insinuée dans nos esprits et faire exploser les amalgames trop souvent établis, les conflits internationaux, et plus particulièrement le terrorisme, nous semblent plus proches que jamais. 

Terrorisme, un mot qu’on utilise à tort et à travers, parfois oubliant même sa définition initiale. Car le terrorisme n’est pas un groupe de personnes. Ce n’est pas une religion. Ce n’est pas une origine ou une couleur de peau. Ce n’est pas une maladie mentale ou une preuve équivoque d’un manque d’intelligence. Le terme terrorisme n’est pas non plus le double maléfique de la Démocratie. A la liberté, l’égalité et la fraternité, à l’union qui fait la force ne s’oppose pas parfaitement le terrorisme. Non. Sous le choc et en colère, on aimerait bien pouvoir l’affirmer et le clamer haut et fort comme certains le font dans leurs discours destinés à nous rassurer. Mais on ne peut décemment pas accepter qu’un tel amalgame soit fait.

Car le terrorisme est une technique de combat. Une technique pernicieuse visant à produire l’insécurité et l’effroi, à semer dissensions et méfiances, à créer une atmosphère anxiogène, à ébranler les hommes dans leur train-train quotidien, à déstabiliser les états et à créer le doute, partout où il passe, mais surtout à imposer volontés et certitudes de force, sans se soucier de la violence des moyens utilisés et des dommages collatéraux engendrés, comme n’importe quelle autre technique de combat.

Ne vous méprenez pas. Loin de moi l’idée de justifier ces actes violents et parfaitement inacceptables. Qui le pourrait, d’ailleurs ? Mais plus encore que la tristesse, le choc, le deuil, l’effroi et la colère, une appréhension: cette peur qui a été semée dans nos êtres va-t-elle engendrer bêtises et aliénations, effet justement désiré par les responsables de ces attaques terroristes?

Et surtout une question récurrente : comment lutter efficacement, chacun à sa manière, contre cette pratique de guerre ? Car les événements du 21ème siècle (à commencer par le 11 septembre) nous prouvent bien que, tout comme la mauvaise herbe, il ne suffit pas de la couper pour s’en débarrasser.

De solutions toutes faites, nous n’en avons pas mais c’est fort d’une certitude – celle que la peur ne peut en aucun cas dicter nos actes, modifier nos vies et nous empêcher d’avancer – que Culture Remains a décidé de continuer à publier, envers et contre tout. Continuer d’informer, de divertir et de faire réfléchir.

D’y croire. Et d’espérer…

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