Cet été, je crée à l’AKDT!

Cet été, je crée… C’est décidé ! Pas de bricole futile ou d’amusette. Non. Je veux une rencontre authentique, une plongée ingénieuse dans l’imaginaire. Du concret, de la pratique, de la culture à portée de voix. Cet été, je m’inscris à l’AKDT

Arts plastiques, musique, danse ou encore arts de la scène, l’Académie Internationale d’Eté de Wallonie offre à tous, enfants, ados et adultes une initiation ou un perfectionnement dans de multiples domaines artistiques. L’AKDT, c’est donc l’académie de toutes les envies, quatre semaines pour explorer un monde à part qui se crée au mois de juillet à Neufchâteau et à Libramont.

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Et, pour moi, six jours pour entrer en expression et entreprendre non seulement un stage, mais un véritable voyage : pratiquer l’improvisation théâtrale de forme longue, parcourir les étapes pour parvenir à créer spontanément et sans aucune préparation une pièce de théâtre… et que mes pas me portent vers la scène !

Improviser une pièce de théâtre : stage créé et dirigé par le comédien Patrick Spadrille

Jour 1 : Petit à petit… les bases

Nous sommes douze à tenter l’expérience, chacun prêt à déposer notre bagage théâtral, à l’ouvrir aux autres et à l’enrichir des grands principes de cette matière particulière. En effet, comment créer ensemble, nous, encore inconnus, une pièce de théâtre d’une durée d’une heure sans aucune concertation ? C’est tout simple. Pas besoin d’idée : il faut vivre l’instant, au moment même, en intégrant l’accident. Patrick nous propose une plongée directe dans l’inconnu, guidés par son expérience. Allons-y ! De toute façon, se planter c’est expérimenter.

On se regarde. Les premières improvisations créent la relation. Une belle entrée en connaissance, spontanément. L’émotion arrache les barrières sans que l’on se perde en chemin, douce virée dans l’intimité de nos personnages…

Les exercices débriefés par Patrick nous mènent aux premières improvisations longues de vingt minutes, portées par le groupe. On ne dit pas qui on est, on le montre. On se laisse happer par l’autre, son regard. On réagit.

Sept heures d’improvisation, le groupe est soudé. Nous rencontrons autour d’un verre les participants des autres stages. Certains logent sur place, d’autres campent ou occupent une chambre chez l’habitant. L’AKDT est intergénérationnelle : on échange ses expériences, on retrouve ceux de l’année dernière, on fait connaissance. Djo, par exemple, vient du Congo et expérimente le même stage que le mien ainsi que, la semaine prochaine, le Seul en scène avant de retourner à Lubumbashi.

Jour 2 : Les premières semailles

Les marques sont prises, les sens s’éveillent. L’improvisation n’est pas qu’une affaire de paroles bien placées. L’histoire se construit entre échanges et silences, entre petits riens semés qui fondent la relation et failles profondes d’où surgit la lumière de l’émotion.

Cette nouvelle journée se clôt sur une série d’improvisations de vingt-cinq minutes. On se cherche, on se révèle. Le groupe se modèle autour d’associations charmantes, comiques, étonnantes.

On se retrouve ensuite au cinéma, aujourd’hui l’AKDT propose Breaking the Waves, ou à une soirée animée par trois conteurs francophones dont l’extraordinaire Franco Rau.

Jour 3 : Un lieu, une action

Focus sur le lieu, là où nos personnages interfèrent, manipulent des objets du quotidien. L’espace se construit en hologrammes imaginaires et au sein de celui-ci l’action évolue. On prend son temps, on ressent ce qui se tisse, ce qui se trame. On joue avec l’espace, on alterne les lieux. On enrichit l’intrigue et on en augmente la durée. Les improvisations de l’après-midi passent à trente minutes.

On prend un apéritif au soleil avant le souper. Certains ateliers ouvrent leurs portes, l’occasion pour nous de visiter l’univers du jeu masqué ou de de profiter d’un massage.

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Jour 4 : Les deux o…

Pas d’histoire sans opposition ! Chaque personnage poursuit un objectif dont il doit faire l’annonce. Pas à pas, les liens se resserrent autour d’un nœud subtil, un entrelacs de passions inavouées, de stratégies échouées, de secrets honteux. Une fille abandonnée retrouve sa mère dans un ascenseur en panne, deux amants se rencontrent dans un jardin d’enfants, deux voisines coincées dans un abri atomique attendent que les autorités leur ouvrent les portes.

Les improvisations de quarante minutes se succèdent, réunissant parfois deux à six voire huit comédiens. Les idées fusent dans une complicité de plus en plus forte.

Ce soir, c’est en compagnie de Benoît Morren ou plutôt Robin des Pommes et ses fabricoles imaginaires que nous passons un moment avant de nous diriger vers le bar animé par une démonstration de danses africaines.

Jour 5 : Le repas du soir

Tout converge vers des improvisations de cinquante minutes qui mobilisent les étapes exploitées précédemment. Aujourd’hui, nous jouerons jusqu’à 22h30. Patrick nous propose en effet de nous retrouver autour d’un repas improvisé dont le principe est simple : chaque groupe de six comédiens prépare à l’autre un repas dont le thème ne sera dévoilé qu’en début de jeu. Ce voyage imagino-culinaire donne lieu, notamment, à une superbe improvisation d’une heure autour d’un pique-nique réunissant, à l’occasion d’une journée sans voiture, deux collègues en compétition, un amant et sa maîtresse, un frère et une sœur et un couple mondain.

Jour 6 : Vers une heure d’improvisation

Retour aux improvisations intimes, deux par deux, avant l’atelier public de ce soir… Les lumières s’éteignent. Patrick nous souhaite un « Bon voyage » et nous démarrons l’improvisation en musique. Deux sœurs se retrouvent dans la maison de leurs grands-parents décédés. Entre la nostalgie du passé et l’idée un peu folle de transformer la demeure familiale en gîte, l’action se corse avec le retour du grand-père qui, spectre bienveillant, décide d’épauler ses petites-filles. On se laisse porter par les gestes, les silences, les paroles de nos partenaires. Respect des émotions, compréhension subtile. Au sein de l’improvisation, comme dans la vie d’ailleurs, l’instant a souvent plus à offrir qu’on ne le pense. Applaudissements.

On échange autour de ce qui vient de se produire, sur la semaine écoulée… On se promet de garder le contact, de revenir l’année prochaine. Et chacun repart avec la force de le passer, cet examen d’entrée dans une école d’arts de la scène; de le créer, ce nouveau spectacle dont l’idée a germé au cours de cette semaine ! Ou, tout simplement, avec une énergie nouvelle, poussé par les leçons de vie, les rencontres qui ont donné à cette expérience une intensité particulière.

Plus d’infos sur le site de l’Académie Internationale d’Été de Wallonie et sur le site du comédien Patrick Spadrille

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Passionnée! C'est dans l'écriture et dans la couture que je me pose. Sereine. Je suis née avec une plume dans une main et une aiguille dans l'autre. Créative. J'aime le silence et la nature.

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