Chatons violents

Oshen, Océane Rose Marie, la lesbienne invisible, vous connaissez? Jamais entendu parler pour ma part jusqu’à il y a quelques semaines à peine.

Océane n’est pourtant pas une débutante. Musicienne, elle a déjà trois albums à son actif. Actrice et humoriste, sa Lesbienne invisible avait fait un carton en 2009 et ses Chatons violents sont sur la même voie si on en croit les critiques qui fusent et les nombreuses invitations à de sympathiques émissions de divertissement.

Il a pourtant fallu que le TTO aille la chercher à Paris pour jouer son nouveau one woman show à Bruxelles pour que je découvre cette jeune femme de 30 ans au succès grandissant. Un succès tout à fait mérité, d’ailleurs, grâce à un spectacle aussi drôle et léger que pertinent et juste.

Car oui, Océane Rose Marie arrive à nous parler de ses problèmes de couple, de ses chatons turbulents et de son quotidien tout en abordant des sujets plus profonds tels que l’exclusion, le racisme, la religion et la mixité sociale. A travers ses histoires qui sentent le vécu (sans mauvais jeu), elle fustige le discours de tous ces Français aisés, qu’elle appelle les BBB (bons blancs bobos), bourrés de préjugés et pétris de cette condescendance paternaliste et bourgeoise qu’on leur connaît bien.

Ces BBB, qu’on pourrait nommer BBBB dans notre plat pays, sont partout. D’ailleurs, si on en rit autant, c’est parce qu’ils sont tout autour de nous: famille, amis, voisins. Nous sommes envahis par les BBB(B). Ceux-là même qui prônent la mixité sociale, condamnent le communautarisme (tant que le leur se porte bien) et pensent s’ouvrir aux autres cultures en allant manger thai ou éthiopien.

En fait… si son discours nous parle autant, c’est parce que, dans le fond, les BBB… c’est nous. Et qu’arriver à admettre ses propres travers et tous ces raccourcis faciles, ces stéréotypes et préjugés qu’on véhicule au quotidien, forts de notre éducation présomptueuse d’occidentaux, par le biais de l’humour et de la dérision, c’est encore le meilleur moyen de nous amener à réfléchir plus longuement, passé le moment de détente, à toutes nos habitudes incongrues, inconscientes et soi-disant inoffensives qui en réalité ne font que doucement mais sûrement rajouter de l’huile sur le feu.

Et, de là à entamer une introspection pour revoir notre manière de lutter pour un monde, et des chatons, un peu moins violents, il n’y a qu’un pas !  

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