« Cinquante nuances de folie »

« Cinquante nuances de folies », c’est ainsi que le personnage principal Christian Grey se décrit à un moment dans le film. Cette phrase résume également à peu près le film du début à la fin. Pour ceux d’entre vous qui vivent reclus depuis quelques années, le film est tiré du best-seller d’E.L. James, Cinquante Nuances de Grey.

La version grand écran n’est rien de moins que de la pornographie soft, c’est le moins que l’on puisse dire. Elle dure ridiculement longtemps (2 heures et 5 minutes) étant donné son manque d’intrigue et ne fait aucun véritable effort pour développer les personnages. A cause du scénario médiocre, on ne comprend pas bien si c’est de la faute des acteurs eux- mêmes ou s’ils ont fait de leur mieux avec ce qu’ils avaient comme dialogues à leur disposition, mais il n’y a pas ou peu d’alchimie entre Jamie Dornan (Christian) et Dakota Johnson (Anastasia), mis à part sur le plan physique bien entendu.

Anastasia Steele (la soumise comme elle est désignée dans l’univers imaginaire de BDSM de Christian Grey) rencontre Christian pour la première fois lorsqu’elle doit interviewer le riche jeune homme d’affaires pour le  journal de l’université pour remplacer sa colocataire malade. D’emblée, la situation est vraiment ridicule: Miss Steele (Christian Grey insiste pour l’appeler ainsi) est clairement une femme attirante à qui on essaie de donner un air banal et ennuyeux par ses vêtements et son attitude. C’est là une tentative ratée de développer son personnage plus tard.

Comment ce personnage prédateur, dominant, chauvin peut-il être considéré comme le fantasme de tant de femmes à travers le monde ? Cette énigme me dépasse. L’image de M. Grey à l’écran est peut être un régal pour les yeux et il est millionnaire, mais il n’a pas grand-chose pour lui en termes de charme et de classe. Christian Grey considère sa « salle de jeux » comme une « pièce de résistance », mais elle ressemble plus à une tanière ou une chambre de torture. Il assure cependant à Anastasia qu’elle est faite pour « nous donner du plaisir à tous les deux ». L’élément sonnant le glas de toute possibilité de « romance » est la réplique de Christian, « Je ne fais pas l’amour, je ba*se », une remarque qui hébétera certainement toutes les femmes.

Les choses s’arrêtent abruptement et tant mieux, lorsque que le millionnaire décide que l’étudiante en littérature anglaise doit être « punie ». Il va trop loin en la maltraitant physiquement, ce qui n’est rien d’autre que de la violence conjugale masquée en érotisme.

Pour résumer, malgré sa bonne réalisation (on n’en attend pas moins avec un budget de 40 millions de dollars et les vues panoramiques de Seattle), le film sera certainement un échec total, laissant les spectateurs complètement insatisfaits. Le roman Cinquante Nuances de Grey a donné naissance à une trilogie de livres, un peu comme la saga Twilight. Nous aurons surement à subir encore deux ou trois autres films. Une suite se trouve déjà sur les rails, pour une sortie en 2016. Néanmoins, nous avons ici un film dont les réalisateurs de Twilight eux-mêmes auraient honte et ces images auraient dû rester à l’état de fantasme.

Traduit de l’article 50 shades of f*¨ked up écrit par Kyle Fenn

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