Cinquante Nuisances d’Earl Grey – Fanny Merkin

Je referme calmement la 4e de couverture de ce roman parodique du désormais très célèbre Cinquante nuances de Grey, ouvrage de littérature érotique de renommée mondiale et dont l’adaptation cinématographique est sortie en salle récemment.

J’en avais lu le premier volume, trouvé dans les toilettes d’une copine (vous saurez tout!) et j’en avais fait ma petite critique, que voici.

C’est à la Foire du livre de Bruxelles que j’ai trouvé la parodie, dont le synopsis m’avait déjà amusée…lisez donc:

Comme le hasard fait bien les choses, Anna, étudiante naïve aux mensurations idéales, a rencontré un homme incroyablement riche, divinement mystérieux, et délicieusement plus âgé qu’elle. Depuis, elle passe son temps à soupirer et à se mordre la lèvre inférieure. Surmonter les cinquantes nuisances d’Earl Grey ne sera pas une mince affaire. Entre son admiration sans bornes pour le groupe Nickelback, son insupportable pendant pour le goût de la Bud Light et sa singulière addiction au BDSM (Bardes, Dragons, Sorcellerie et Magie), Anna n’est pas au bout de ses surprises…et vous non plus« .

Ca sent l’absurde tout ça! Tant mieux !

Je l’ai lu, assez vite en fait, dans le tram. 244 pages de délires !

C’est un livre torché en peu de temps, pas de la grande littérature, pas forcément à garder en trophée dans une bibliothèque non plus mais ça méritait mon petit coup d’œil tout de même. C’est un bilan plutôt positif car j’ai bien aimé, c’était divertissant et assez drôle

Mais ce livre m’a par moments laissé une impression difficile à décrire… Je lisais, et l’élément parodique était soit insensé soit particulièrement dégueulasse au point de me faire grimacer comme devant une parodie très pipi-caca du cinéma (cfr. Vampire Sucks, Sexy Movie, Scary Movie,… qui regorgent de scènes très embarrassantes). Là le terme « WTF?! »prend tout son sens. Je suis perdue dans ma lecture durant un moment trop court pour me dégoûter mais assez long pour me marquer.

Le livre m’a surtout attirée pour la parodie. N’ayant pas vraiment apprécié l’original, truffé de clichés gros comme des maisons, j’étais curieuse de voir ce qu’on avait pu en faire pour le rendre comique. Réponse: l’exagération!

Et c’est donc à coups de clichés gros comme des gratte-ciels que Fanny Merkin a mené sa petite affaire. Je vous en offre un extrait :

« (…)-Ca vous dirait de prendre un café?

Mon coeur bat la chamade, faisant affluer le sang jusqu’à mes organes (car c’est le rôle du coeur). Earl Grey me proposerait-il de sortir avec lui?

– Quand ?

– Maintenant.

– Je ne finis qu’à 18 heures, gémis-je d’un air abattu.

– Attendez.

Il sort un BlackBerry de sa poche de pantalon et appuie sur les touches. Le téléphone se met à vibrer, Earl tapote un nouveau message avant de le ranger.

– Voilà. Vous pouvez prendre votre après-midi.

– Nous sommes bien trop occupés les samedis. C’est impossible, mon patron me tuerait, précisé-je.

– Maintenant, c’est moi votre patron, mademoiselle Steal.

– Comment ça ?

– Je viens d’acheter le Wal-Mart, explique-t-il.« 

Sinon la trame est sensiblement la même.

Les personnages sont un poil différents, si bien qu’Anna est une baraki qui se promène en pantalon de survêt’ avec une broderie sur les fesses, fan de Snokky (de Jersey Shore, une télé-réalité US dégradante), et sa manie de se mordiller les lèvres est remplacée par…je ne vous le dirais pas!

Son amie et colocataire, est une alcoolique qui écrit pour un magazine « Boss et canon », son meilleur ami est un geek et membre de la communauté des fans de Mon Petit Poney (oui il y a des hommes qui aiment ça!).

Bref, je ne vais pas tout vous détailler et je vais en venir à Earl.

C’est un jeune, beau, sexy, richissime homme d’affaires. Jusque là, rien de nouveau. Il claque son fric et cligne des yeux pour séduire la belle Anna. Il la traque à son travail et chez elle, achète le magasin où elle bosse et lui fait prendre un hélicoptère pour parcourir les 50 mètres qui les séparent du Starbucks…et ce n’est qu’un avant-goût, il y a même des dinosaures dans l’histoire! En terminant le livre je me suis dit « c’est quand même aussi un barlos dans le fond hein… ». Le côté too much qu’on trouve plus facilement chez un vieux gros lard bourré de fric en promenade dans sa décapotable à Las Vegas avec une poulette sur la place du mort , un cigare en bouche, et le nombril à l’air.

Enfin, lisez-le à l’occasion, c’est facile à lire, assez drôle quand on a lu l’original, ça aura le mérite de vous occuper, de vous faire sourire, de vous éloigner de votre ordinateur/smartphone/tablette/tv durant quelques heures.

Cinquante nuisances d’Earl Grey, Fanny Merkin, éditions Milady.

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"Née, nourrie, vêtue et pas velue. Un poil artiste, la plume en patte, je miaule, je grogne, tout ce qui compte c'est qu'on ne m'oublie pas trop vite.Née, nourrie, vêtue et pas velue. Un poil artiste, la plume en patte, je miaule, je grogne, tout ce qui compte c'est qu'on ne m'oublie pas trop vite. Etudiante en communication, passionnée de dessin, d'écriture, de culture avec un C, je suis aussi animatrice radio à mes heures perdues et pleine de rêves et de projets fous et insensés. Tout ce que je ne dis pas tout haut, je l'écris ou je le dessine. Je parle beaucoup, même avec la bouche fermée."

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