Concentré de Couleur Café

Comme chaque année, Couleur Café a proposé à ses festivaliers un mix d’artistes confirmés et bien connus du grand public (Arno, Magic System, De Jeugd van Tegenwoordig, Soprano, Method Man & Redman ou Ghinzu), de petits nouveaux (Chicos y Mendez, dont nous avions interviewé le chanteur avant le festival, Grandgeorge qui a acquis ces derniers mois une certaine notoriété grâce à son tube So Fine, mais aussi Inna Modja), et d’habitués tels Youssou N’Dour (6e passage !), Kassav (5e) ou Nneka et Selah Sue, quatre passages chacune depuis 2009).

Tout ce petit monde s’est retrouvé sur le site de Tour & Taxis, peut-être pour la dernière fois ? Cela fait de nombreuses années qu’un nouveau site est évoqué, mais l’année prochaine cela pourrait devenir inévitable. L’aménagement de cette friche allant en s’accélérant, le festival semblait particulièrement ramassé cette année, les hangars permettant habituellement de manger au sec étant en rénovation, tandis que les ambiances sonores des multiples scènes et des diverses pistes de danse semblaient s’entrechoquer plus que jamais.

Couleur Café 2

La plupart des grands classiques du festival étaient au rendez-vous : feu d’artifice le samedi soir, « solidarity village » dédié cette année à la lutte pour les droits des femmes et animations époustouflantes et mobiles sur le site, avec une  fanfare afro-brésilienne, Coletivo Usinasom, des percussionnistes et, extrêmement impressionnants, Afuma, un groupe d’échassiers togolais  (à cinq mètres du sol quand même !), acrobates taquins s’amusant à mimer des pertes d’équilibre et des chutes.

Vendredi, le rap de G.A.N (déjà passé par Couleur Café lorsqu’il s’appelait encore Gandhi) et la néo-soul des deux franco-cubaines d’Ibeyi ont inauguré les scènes Move et Univers. Ensuite, déjà trempés par une pluie dense et fraîche, passage obligé pour se réchauffer au son de la soul énergique de St Paul & the Broken Bones, avant de s’immerger dans la disco de Chic (ft. Nile Rodgers). La soirée monte doucement en puissance avec le rappeur Oxmo Puccino et la douce Akua Naru, tandis qu’un partie importante du public préfère (un temps) assister à la mise à mort des Diables Rouges par le Pays de Galles. Selah Sue met du baume au cœur, avant que la soirée se termine en rythme, avec le choix entre des concerts de Magic System et de Method Man & Redman.

Couleur Café 3Samedi, Youssou N’Dour, « le roi de la musique africaine » (selon un membre de son groupe), met de l’ambiance sur la scène Univers, tandis qu’Arno, puis Ghinzu, font rayonner le « rock belge » sur la Titan. Plus énergiques que jamais, Goran Bregovic et son Wedding and Funeral Orchestra conquièrent le public, tandis que, Euro oblige, l’Allemagne et l’Italie s’affrontent sur grand écran. Après le feu d’artifice, la house du mystérieux DJ Claptone, portant un masque doré muni d’un (très) long bec, concurrence le hip hop bien tassé de De La Soul, tandis que se déroulent des concerts plus intimistes de l’anglais Hudson Mohawke et des Belges du groupe alterlatino de Chicos Y Mendez.

Couleur Café 4

Dimanche, c’est à Grandgeorge que revient l’honneur de lancer la journée, suivi par De Jeugd Van Tegenwoordig (Watskeburt?!)). Niveau 4 rassemble sur scène pendant une heure un bon nombre de talents du rap belge, dont Coely, Roméo Elvis ou Woodie Smalls, qui montent progressivement en puissance collective, jusqu’à proposer un concert polyphonique rafraîchissant. Féfé dit se sentir particulièrement bien à Bruxelles, et ça se voit, le public le suit, bien plus chaud que pour Nneka, qui a quelque peu peiné à agiter la foule de la Titan à peine quelques minutes plus tôt. Kassav et Black Box Revelation confirment leur statut de valeurs sûres, avant un concert de Soprano qui manque considérablement de musique, le rappeur préférant passer son temps à chauffer le public, à papoter et à faire la pub pour ses derniers morceaux et pour son prochain concert à Bruxelles (où, comme il le dit lui-même, il aura le temps de chanter…). Tandis que le reggae de Protoje fait danser le public de la Titan, le Syrien Omar Souleyman, reconnaissable à sa moustache fournie et à son keffieh, clôture tout en douceur l’édition 2016 du festival.

Si le public n’était pas aussi nombreux qu’espéré, la faute sans doute au climat anxiogène des derniers mois, au mauvais temps, à l’Euro et à la concurrence du Rock Werchter, mais peut-être aussi à une affiche qui manquait d’une ou deux tête d’affiche plus vendeuse, comme Public Enemy en 2012, Macklemore & Ryan Lewis, Die Antwoord et Jimmy Cliff en 2013 ou Cypress Hill en 2015, le festival valait le détour musicalement et a été, comme toujours, l’occasion de quelques belles découvertes. Couleur Café est-il en voie de retrouver sa véritable identité, quitte à y sacrifier au passage quelques milliers de spectateurs ? Rendez-vous l’année prochaine pour le savoir !

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