Eat Nature

Eat Nature n’est pas un livre de recettes comme les autres. C’est un herbier gourmand. Sorte de DIY alimentaire complet, le livre vous offre toutes les informations nécessaires pour aller cueillir vos plantes comestibles vous-mêmes, alliant ainsi promenade de santé et jeu didactique tout en ayant un but très terre-à-terre et pratico-pratique : celui de se nourrir.

Traduit du norvégien et issu de la collaboration d’une journaliste et cordon-bleu, Anne Maehlum, et de deux photographes, Nina Dreyer Hensley et Jim Hensley, Eat Nature s’inscrit pleinement dans cette mouvance actuelle qui prône le retour d’une alimentation de qualité (durable, biologique, équilibrée, diversifiée et pleine de super-aliments, si possible). Une mouvance qui remet les végétaux à l’honneur ; ce qui, il faut l’admettre, n’est pas pour nous déplaire.

Un, deux, trois, nous irons au bois…

Le livre présente en tout 54 espèces de végétaux comestibles. Dans l’avant-propos, les auteurs expliquent que celles-ci sont les plus faciles à trouver et surtout celles qu’ils connaissent le mieux. Ceux-ci assurent aussi être passés par un botaniste et spécialiste des plantes médicinales pour relecture et ce, afin d’être certains de ne prendre aucun risque. Rassurant, n’est-ce pas ?

Mais ce n’est pas tout ! Consciencieux et bien organisés, Anne Maehlum et les Hensley nous offrent en préambule une série de conseils sur la cueillette en général (ne jamais cueillir quelque chose si on n’est pas sûr de sa comestibilité ou veiller à ne pas répandre les espèces envahissantes etc.) mais aussi sur les outils à utiliser et le type de conservation. Vous n’avez jamais entendu parler d’un peigne à baies ? Moi non plus ! Et pourtant, cela pourrait bien révolutionner ma vie de cueilleuse de fruits rouges !

Quatre, cinq, six, cueillir des cerises !

L’organisation du livre, claire et épurée, est aussi rapidement présentée dans l’avant-propos : un végétal, sa description, son utilisation historique et une illustration annotée d’informations utiles (comment, quand, où elle pousse ou doit être récoltée) puis une ou plusieurs suggestions de recettes pour la préparer. Simple et efficace, comme il se doit.

eat-nature-1

Enfin, un tableau des récoltes achève cette première partie drôlement bien pensée, séparant les espèces par type (sève, fleurs, racines, pousses et fruits) et précisant pour chacune la saison préconisée pour la récolte.

Bref, vous m’avez compris : celui qui ose dire qu’il, après lecture de ces quelques pages, n’est pas prêt à partir à l’excitante aventure qu’est la cueillette des plantes comestibles, est incontestablement de mauvaise foi !

Sept, huit neuf, dans mon panier neuf…

Parmi ces 54 espèces se trouvent des végétaux bien connus de tous tels que le pissenlit, la fraise des bois, la girolle, l’origan ou le bouleau, et d’autres totalement inconnues au bataillon comme l’épiglobe en épi, l’égopode podagraire, la plaquebière ou l’alchémille commune. Et, bien que certains de ces noms en décourageraient plus d’un, il est toutefois intéressant de lire les bienfaits et les utilisations de ces plantes qui, autrefois utilisées contre certaines maladies comme le scorbut ou comme cicatrisant, nous semblent aujourd’hui plus étranges que tous les conservateurs que nos plats préparés contiennent !

Certains végétaux sont très communs et de type envahissant et d’autres ne poussent qu’à des endroits bien précis et donc potentiellement introuvables en ville ou dans des régions au climat X ou Y. En effet, il ne faut pas perdre de vue que le livre est, à la base, prévu à l’usage des Norvégiens. Ainsi, il se peut que certains arbres (l’épicéa), certaines baies (les plaquebières, par exemple) ou quelques fleurs (les violettes) ne se retrouvent pas sur tous les continents. Il faudra donc probablement faire quelques recherches complémentaires pour vous assurer que ces plantes poussent bien dans vos contrées !

Dix, onze, douze, elles seront toutes rouges !

Terminons enfin par ce qui captive le plus la foule : les recettes ! Diversifiées (plats, boissons, desserts, accompagnement, sirop, pains etc.), les recettes donnent toutes l’eau à la bouche. Entre les spaghetti carbonara à la fougère, les brownies aux violettes et la focaccia à l’achillée millefeuille, difficile de faire un choix. Ca tombe bien, rien ne vous empêche de faire les trois.

eat-nature-3

A noter, toutefois: certaines recettes peuvent être un peu fastidieuses ou spéciales, notamment les recettes typiquement nordiques telles que le « Rommegrot » ou les toasts « Skagen » et aussi que, si certaines sont végétariennes, beaucoup d’entre elles proposent viande et/ou poisson.

Qu’à cela ne tienne, quand bien même ces recettes ne conviendraient pas à notre régime alimentaire, rien ne nous empêche de nous en inspirer ! Et de l’inspiration à prendre, il y en à la pelle (enfin, je veux dire au transplantoir) !

Eat Nature, paru en octobre 2016 aux éditions Michel Lafon, 304 p., 29,95 €

Tags from the story
Written By

I'm always curious about new things, I love learning and I'm a creative person. That means I need to use my creativity to feel good and happy. That's why I've created Culture Remains and my other website, Naïra.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *