Everything is burning – le retour en demi teinte d’IAMX

IAMX nous revient avec Everything is burning, un addendum à Metanoia, son dernier album en date. Composé de 7 chansons originales et de 9 remixes, ce bonus est-il a la hauteur de son grand frère ?

Je ne m’en cache pas, j’ai un petit faible pour IAMX depuis de nombreuses années. Cela ne m’empêche pas de critiquer sa musique ou de chanter ses louanges. Son album Metanoia, paru fin 2015, m’a définitivement réconciliée avec cet artiste qui avait péché par son manque de créativité par le passé.

Everything is burning: un addendum…schizophrène

En septembre dernier, IAMX est revenu sur le devant de la scène avec Everything is burning, un « addendum » à Metanoia. Drôle de concept pour parler d’un double album de 7 titres originaux et de 9 remixes des chansons de Metanoia. Y avait t-il moyen de rendre ce dernier meilleur en lui ajoutant de nouvelles chansons ? Les remixes, produits par des grands noms de l’électro/New Age ont-ils rendu son travail plus intéressant ? Décryptage sans pitié.

Disque 1 : De l’électro, des bonnes surprises et des déceptions inévitables

Ça en devient presque une tradition : IAMX commence toujours ses albums avec des chansons prometteuses. Everything is burning ouvre le bal avec un son saturé et une voix affirmée qui nous rappelle l’explosif No Maker Made Me. On continue avec Dead in this house, chanson aux rythmes dance plutôt accrocheurs. Ça s’écoute gentiment, on se prépare à passer un bon moment en compagnie de Chris Corner.

Et puis, c’est le drame. Triggers vient casser cet élan musical. IAMX part dans ses envolées lyriques et se complaît dans des accords médiocres. Il s’entête et continue sur sa lancée avec Eternity et Crimson. Ces deux chansons résument à elles seules ce qui m’énerve tant chez l’artiste quand il manque d’audace : la voix lancinante se fait énervante, pauvrement soutenue par des beats faciles et répétitifs. On s’ennuie.

Scars nous prend par les sentiments avec sa mélodie enfantine et le travail vocal – puissant et sincère – de Chris Corner. On se laisse toucher mais cela ne suffit pas à rattraper l’ensemble. Douleur et frustration. Des émotions qu’on aime bien entendre dans le travail de l’artiste quand il s’exprime. On aime moins les subir devant son travail bâclé.

The void – Le vide musical

Ironie ultime, c’est la chanson The void (trad : Le vide) qui a été choisie en tant que single. Musicalement, c’est en effet assez vide. Mais visuellement, la chanson est subliment illustrée par son clip. Une vidéo composée de montages de tous ses clips depuis le début de sa carrière. Une belle manière de faire une rétrospective de son travail. Tout y est : la violence, le désir, la beauté énigmatique de Chris Corner et son côté sombre qu’on aime tant. Un résumé d’IAMX en 5 minutes dérangeantes où l’on se rappelle pourquoi il nous attire tant et pourquoi on est prêt à lui pardonner la pauvreté de cet addendum. Qui aime bien, châtie bien.

Disque 2 : une célébration de Metanoia avec des remixes de haut vol

Alors que l’on commençait à douter de l’intérêt d’Everything is burning, sa deuxième partie vient nous prouver le contraire. Entièrement composé de remixes du brillant Metanoia, ce disque nous surprend agréablement par ses beats puissants. Y avait-il moyen de rendre les chansons de l’album plus intéressantes ? Oui !

everything is burning
Gary Numan – Daron du New Wave

Il faut dire qu’IAMX s’est bien entouré. Pour les remixes, on retrouve notamment Gary Numan, un des pionniers de la musique électro et grande figure du New et Dark Wave. Rien que ça. Son travail apporte une dimension encore plus sombre – et bizarrement plus dansante – à Happiness. Un régal.

Le travail de Future Funk Squad sur North Star nous livre une version plus agressive du morceau. Exit la voix plaintive d’IAMX et ses mélodies faciles, place à un son saturé et à des beats énergiques. Enfin un peu d’originalité !

Look outside revisité par Marat Sad se fait évanescent et nous fait penser aux sonorités du mythique groupe Air. Ce qui n’est pas pour nous déplaire et qui nous confirme notre théorie : la musique d’IAMX est taillée pour les remixes.

En définitive, Everything is burning n’est pas un mauvais addendum. Il contentera assurément les fans d’IAMX en quête de nouveaux morceaux mais ne se révèle pas très intéressant. Les remixes du deuxième CD viennent heureusement relever le niveau et nous permettent d’apprécier Metanoia sous un nouvel angle. Ce qui est toujours bon à prendre en attendant la nouvelle galette du petit prince de l’électro.

everything is burning
IAMX

Retrouvez toute l’actualité d’IAMX sur sur son site
Ecoutez Everything is burning sur Deezer

Written By

Laura, 28 ans, 1m55. Titulaire d'un diplôme loufoque : Sciences des religions et de la laïcité. Ecrit des articles non moins loufoques pour Culture Remains. Nourrit une passion pour M.I.A, le Théâtre de Poche, son chat, Edgar Allan Poe et les plantes carnivores. A toutes fins utiles, sachez qu'elle est très facilement corruptible si on lui offre à boire et à manger.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *