« It Follows », le film d’horreur inattendu

It Follows, c’est le film d’horreur qui fait sensation en ce moment. Ce qu’on croyait n’être qu’un petit film indépendant a eu un grand succès aux États-Unis, si bien que de nombreuses salles ont fini par diffuser le film. Et cela a des répercutions sur l’Europe, le film a d’ailleurs reçu le premier prix du Festival de Gérardmer. Et de nombreuses salles et villes belges notamment, ont choisi de diffuser le film contrairement à leur projet initial. Mais qu’est ce qui rend ce film si intéressant?

Jay a 19 ans et vient de rencontrer récemment un garçon qui semble charmant. Il l’emmène au restaurant, au cinéma, le bon cliché du gentil garçon. Cependant, les choses deviennent étranges quand ils couchent ensemble. Enfin étrange, le mot est un peu faible. La demoiselle n’a même pas le temps de se reposer après l’acte qu’elle se retrouve enchaînée à une chaise dans un bâtiment désert. Mais ici, pas de séquestration ou de sadisme, non le jeune homme veut la prévenir de ce qu’il vient de lui transmettre. Non, pas une MST, on est dans un film d’horreur, ce scénario serait trop simple. À partir de maintenant, Jay sera poursuivie par une chose qui prend une forme humaine. Elle peut apparaître sous les traits d’un inconnu, mais aussi des proches de Jay. Je ne vous spoile rien si je vous avoue qu’au début la jeune fille n’y croit pas et pense elle aussi  à une MST. Mais ce qu’elle va vivre va la persuader…

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Accompagnée de ses amis, elle va tenter de faire disparaître cette chose. L’une des seules solutions connue est de coucher avec une autre personne afin de lui « refiler » la chose qui la poursuit. Mais attention cette dernière personne ne doit pas mourir sinon la malédiction remonte la chaîne et revient hanter la personne qui l’a transmise. Seule sa proie peut voir la chose mais vu qu’elle prend une apparence humaine impossible de savoir si c’est réel ou non. Seul signe distinctif, sa façon de marcher, elle approche très lentement et n’abandonnera pas. Impossible de l’arrêter ou de la tuer. Toujours à pied, la seule possibilité est de la fuir en courant, en conduisant…

« It Follows » est le deuxième long métrage du réalisateur David Robert Mitchell. Ici aussi comme lors de son premier film (The Myth of the American Sleepover), il parle d’adolescence, d’amour et de sexualité. En effet, bien que l’horreur et la peur soient au centre du film, les problèmes d’adolescence et de sexualité sont aussi très présents. La malédiction commence avec l’acte sexuel, comme pour rappeler la peur qui survient lors des premières expériences sexuelles. Mais aussi une certaine délivrance, puisque pour se débarrasser de la malédiction il faut coucher avec une autre personne. L’idée que quelque chose vous suit est aussi liée à une peur enfantine.

Au-delà de l’histoire, le film est aussi très artistique. Les scènes ont une très belle lumière qui nous plonge dans un Détroit abandonné. Et c’est ce qui donne cette ambiance oppressante que l’on trouve dans les films d’horreur. Cette lumière et cette ambiance donnent au film un aspect très photographique. Bien sûr, les scènes de stupeur sont toujours aussi présentes. Le réalisateur utilise tous les codes qui permettent au spectateur de sursauter quand la scène se dénoue. Et surtout de se dire « mais pourquoi? pourquoi? elle se dirige là alors qu’elle sait qu’il y a du danger! ». Bref, une bonne dose de suspens et de peur.

David Robert Mitchell renouvelle les films d’horreur avec ce génial It Follows. En plus de la qualité des images, et des scènes angoissantes, l’histoire est tout simplement géniale. On sort des malédictions « ordinaires » et elle est plutôt bien ficelée. Si bien, que j’ai pensé à ce film pendant deux jours. Un peu par peur, mais aussi parce que l’histoire m’a fascinée.

Sorti en salle depuis le mercredi 25 mars

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Passionnée par l'écriture, j'ai fait des études de journalisme et me voilà maintenant journaliste freelance et rédactrice (c'est un peu comme une vie de saltimbanque avec de la déontologie et un peu de sérieux en plus!). Parfois aussi je prends ma caméra et j'arrive même à en faire des reportages.

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