Gérer le stress ou refuser de le subir?

Ce matin dans mes mails, un article sur comment gérer le stress. Sortant tout juste d’une gastrite probablement due au stress, je clique évidemment sur le lien.

L’article impose alors ce postulat : « rien n’est stressant en soi, c’est la réaction qu’on a qui la rend stressante » et, bien que l’idée soit intéressante – et même pas totalement fausse, je dirais -, je n’ai pu m’empêcher d’avoir l’impression d’être prise pour une imbécile.

En effet, force est de constater que cette tendance actuelle de rejeter la faute sur les gens et de leur faire croire qu’il ne tient qu’à eux de changer s’impose de plus en plus. D’où vient cette idée ? De la période ou l’ « American Dream » était vendu à tous les coins de rue aux Européens dont la situation précaire les faisait aspirer à un monde meilleur où tout était possible (ou achetable, du moins) ? Peut-être. Résultat ? Brainwashés, nos citoyens croient dur comme fer que « quand on veut, on peut », no matters what. Y compris gérer son stress.

Ne vous méprenez pas. Que les gens ne se contentent pas uniquement de ce qu’ils ont, qu’ils cherchent continuellement à s’améliorer, à être plus heureux, à trouver leur voie, je trouve ça merveilleux. Ne plus être cantonnée au rôle de femme au foyer juste parce qu’on est de sexe féminin est incroyable, surtout quand on sait à quel point la société a changé en un laps de temps infiniment court au regard de l’histoire de l’humanité.

Ce qui m’inquiète réellement, c’est cette tendance à ne pas seulement vouloir mieux mais aussi (et surtout) plus. Au point que pour certains, les deux se mélangent pour ne former plus qu’un: pour faire mieux, il faut faire plus. Situation de laquelle découle généralement le sentiment de stress, justement.

Où je veux en venir? J’y arrive. Le stress, selon moi, n’est que le résultat d’une pression sociale élevée. Certes, certains y sont plus sensibles que d’autres, mais si la personnalité de chacun joue un rôle, il en va aussi des conditions de vie dans lesquelles on se trouve : position économique et sociale, expérience professionnelle, relations interpersonnelles, situation financière,… La preuve en est qu’une personne dite stressée ne le sera pas forcément par tout ce qui peut être un facteur de stress. Cette même personne peut aussi frôler le burn-out une année et être maître zen une autre.

Ainsi, si le stress n’était pas tant dépendant de notre volonté mais bien de notre environnement (un environnement malsain qui n’a pas l’air d’aller en s’arrangeant quand on constate les mesures d’austérité aux niveaux économique et social, d’ailleurs), quelles seraient les solutions? Quelles seraient nos alternatives?

Se couper du monde pour ne plus en subir la pression ? Quelques-uns y arrivent mais soyons réalistes: tout le monde a l’une ou l’autre chose qui lui tient à cœur, des responsabilités qu’il ne peut pas lâcher, l’une ou l’autre personne qu’il ne veut pas décevoir. L’être humain serait-il encore humain s’il n’avait pas besoin des autres pour survivre? Je ne le crois pas. Beckett tant que Sartre nous a brillamment démontré nos limites.

Mais peut-être qu’au lieu d’implicitement faire culpabiliser les gens d’être trop stressés, il serait intéressant d’analyser point par point les facteurs de stress induits par la société et d’envisager les différents moyens de les modifier.

Des modifications essentiellement mondiales et politiques, certes, mais que l’on ne doit pas pour autant négliger. En effet, celles-ci peuvent parfaitement être applicables à plus petite échelle et utilisées dans nos relations interpersonnelles, tant au travail qu’à l’extérieur.

Ainsi, nous gagnerions probablement tous à réellement prendre le temps pour des choses essentielles telles que:

– écouter l’autre et apprendre à le connaître lorsqu’on le côtoie régulièrement

– partager son savoir et apprendre des autres pour pouvoir travailler main dans la main avec eux

– s’assurer que tout le monde soit écouté lors de prise de décisions

– s’unir pour mieux s’entraider, être attentif à la détresse des autres même non verbalisée

– prendre et donner le temps nécessaire pour que chacun puisse faire les choses à son rythme

– respecter les choix de chacun peu importe si ceux-ci sont à mille lieues des nôtres

– etc.

Oui, c’est vrai, c’est on ne peut plus bateau comme principes mais on serait étonné de voir à quel point ces quelques règles élémentaires de savoir (bien) -vivre sont fréquemment oubliées, bafouées et ignorées. Tout spécialement dans des endroits où on passe le plus de temps: au travail et dans les cercles privés (familles, voisins).

Tout ça pour dire que, si vous aussi, vous avez du mal à gérer votre stress, que l’autosuggestion, le yoga et les mandalas ne fonctionnent pas, peut-être serait-il intéressant de suivre une autre tactique qui est celle d’imposer une bonne hygiène de vie(vre-ensemble) dans les endroits où vous êtes le plus sujet au stress… Et qui sait, en revendiquant (doucement mais sûrement) une qualité de vie largement méritée, peut-être qu’elle vous sera octroyée, à vous mais aussi à tous vos collègues, amis et voisins… ?

Parce que quand on veut… On peut aussi changer la société dans laquelle on vit. Ou, du moins, essayer.

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