La guerre des Lulus – 1916, Le tas de briques

1916, la guerre a éclaté il y a deux ans. Les Lulus ont perdu Hans, et doivent maintenant fuir le front qui se rapproche d’eux. Les cinq enfants sortent de leur insouciance relative et perdent définitivement leur naïveté dans ce troisième épisode où on les retrouve à s’enfoncer dans la forêt en quête d’un toit.

Les Lulus sont en fuite, une fuite vers l’avant qui leur fera rencontrer un sabotier mais surtout le tas de briques, aka le Familistère, déjà abordé par Regis Hautière (le scénariste) dans De Briques et de Sang, en 2010. Les enfants, sortis définitivement de leur insouciance à cause de la mort de Hans à la fin du Tome 2, sont sur la route et sont confrontés plus que jamais à la guerre. Non pas parce qu’ils côtoient directement le front, mais parce qu’ils doivent fuir les soldats allemands qui sont pour la première fois très proches d’eux.

Ce troisième tome invite le lecteur dans une partie plus sombre du récit. « Les couleurs d’une grande partie de l’album sont très sombres, voire noires », explique Hardoc. « C’est en grande partie en regard de ce que les enfants traversent », poursuit le dessinateur qui avoue qu’il travaille d’arrache-pied pour rendre ses planches dans les temps.

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Ce troisième opus permet également aux caractères des cinq acteurs de s’affirmer. Luigi conteste à Lucien son rôle de chef, et Luce s’impose comme la preneuse de décision. Mais c’est également l’occasion de voir que nos Lulus grandissent et commencent à être confrontés à la question de la sexualité, car non, Luce n’est pas seulement un membre du groupe, mais c’est également une fille. L’occasion pour les auteurs d’aborder légèrement ce sujet à deux reprises.

La fin du tome se termine sur un double cliffhanger. Le premier est dû à la fin du tome, le second est dû aux désormais traditionnelles deux premières planches du tome suivant. Et on peut dire qu’on est dans un double suspense. Suspense avec lequel joue allègrement Régis Hautière. « Pour le premier tome on avait deux pages de trop et on a dû faire un cahier à la fin où l’on a décidé d’inclure les deux premières pages du tome 2. Pour la première ça n’a pas donné grand chose mais maintenant je joue avec. », explique Régis Hautière. C’est d’ailleurs avec brio qu’il réalise cet exercice dans ce tome puisqu’on ne peut désormais qu’attendre avec impatience le Tome 4.

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Si vous voulez voir le travail de Régis Hautière et Hardoc, rendez-vous à la Galerie Bruxelles-Paris, au Sablon, qui présente les planches originales et des dessins inédits des trois premiers tomes de La Guerre des Lulus. L’exposition se déroule du 27 novembre au 13 décembre.

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La Guerre des Lulus, tome 3, 1916 – Le tas de briques, Régis Hautière et Hardoc, Casterman, 64 p., 13,95€

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