Gunfactory, ou le commerce d’armes lucratif

Les armes : des chiffres et des faits

1.566.845.000.000€, voilà les dépenses militaires mondiales en 2015. Je parie que vous avez même des difficultés à lire ce chiffre à haute voix, tellement il est élevé. Laissez-moi vous aider : mille billions, 566 milliards, 845 millions, voilà le montant en euros que dépensent militairement les États environ chaque année. Vous imaginez ce que les États pourraient faire avec tant d’argent ? Que ce soit en termes d’enseignement, de soins de santé, d’habitation, d’environnement, et bien plus encore ? Pour illustration la plate-forme Pas d’avion de chasse – Geen gevechtsvliegtuigen a calculé que l’achat d’un avion de chasse équivaut à 150 maisons de jeunes, ou plus de 5,5 millions de kilomètres de piste cyclable, ou 47 écoles primaires, ou encore 1314 logements sociaux. Oui, un seul avion, alors vous vous imaginez ce qu’on peut faire avec tout un arsenal ?

Mais bien plus chères que ça sont les pertes humaines. Chaque minute, une arme tue. Cela veut dire qu’en une journée, 1440 personnes meurent à cause d’une arme. Et la Belgique n’est pas innocente en la matière, enfin surtout la Wallonie (qui détient 100 % du FN Herstal). En Europe, la Belgique se place juste après la France et juste avant l’Allemagne. Avec un montant total de licences d’exportation à niveau de 4 milliards, 512 millions, 864 milles, 349 euros en 2014. La classe, non ? Le gouvernement wallon vous parlera de transparence, de précaution dans l’octroi et l’exportation – mais ce ne sont bien souvent que des paroles en l’air – ne respectant pas leur propre législation.

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Gunfactory , une pièce de théâtre qui fait réfléchir

Alors, vous voulez en savoir plus ? Aller voir Gunfactory (usine d’armes en anglais) de Jean-Michel d’Hoop à la Comédie Claude Volter à Woluwe-Saint-Pierre. La compagnie point zéro se chargera de vous informer sur le sujet à l’aide de vidéos, d’éclairages, de bruitages, de marionnettes, bref à l’aide d’une mise en scène réussie en harmonie avec le jeu des comédiens. Cependant, bien que vous informant sur le très rentable commerce d’armes, cette pièce vous amènera encore plus de questions – sans réponses ou solutions. C’est politique, c’est direct, c’est rentre-dedans – mais plus actuel que jamais. Ce n’est pas une pièce qui passerait bien aux États-Unis (Trump pourrait même la censurer !), mais en Belgique elle fait son effet – tout en nous laissant complètement impuissants.

Néanmoins, sommes-nous vraiment impuissants ? Non, en sortant de la salle, vous trouverez à la sortie un petit stand d’une ONG agissant au Congo. Cette ONG, c’est le Bureau pour le Volontariat au service de l’Enfance et de la Santé (BVES). Leur objectif ? L’accompagnement d’enfants se trouvant en plein milieu de conflits armés, servant à chair à canon ou au plaisir des hommes. Vous aurez l’occasion de vous informer sur le sujet, sur ce que cette ONG fait en pratique, voire même de faire un don.

Gunfactory

Jusqu’au 20 novembre à la Comédie Claude Volter, avenue des Frères Legrain 98, 1150 Bruxelles
Texte & Mise en Scène :  Jean-Michel d’Hoop
Avec :   Léone François Janssens, Léa Le Fell, Héloïse Meire, Corentin Skwara & Benjamin Torrini
Durée : 1h15
Tarifs : 12 -25€

Pour les personnes n’habitant pas à Bruxelles, la pièce se jouera également à la Cité Miroir à Liège le 2 février et au Centre culturel de La Louvière le 23 février.
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“I have always had more dread of a pen, a bottle of ink, and a sheet of paper than of a sword or pistol.” ― Alexandre Dumas, The Count of Monte Cristo

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