Home sweet hell: petits meurtres avec ma femme

Passée inaperçue jusqu’ici, voilà une bonne petite comédie corrosive et désopilante qui prend des allures de slasher. Ou comment un honnête vendeur de meubles voit sa vie chavirer le jour où il engage une minette de choc et de charme. Avec deux tout bons Patrick Wilson et Katherine Heigl. Cadavres exquis, vous dites? Oh oui!

Don Champagne (Patrick Wilson) porte bien son nom. Beau gosse quoique caricatural vendeur démarcheur, Don peut s’enorgueillir d’une belle maison, de beaux enfants et d’une femme sublime, Mona (Katherine Heigl). Une femme qui a plutôt tendance à porter la culotte dans ce ménage beaucoup trop parfait. Mona qui est une obsessionnelle de la perfection. Chaque soir, le rituel est le même: elle consulte son « goal book » dans lequel elle inscrit les buts atteints ou encore à atteindre comme être couple le plus envié de cette petite bourgade, avoir des enfants qui réussissent mieux que les autres, être mieux habillés que les autres… mais aussi les jours où elle et Don peuvent faire l’amour, soit… tous les 9 du mois. L’échec n’est pas toléré, l’échec la rend monstrueuse mais l’échec n’est jamais venu chahuter l’univers de cette famille bien sous tous rapports.

Sauf quand Don engage dans le magasin familial, une jeune et sexy vendeuse prénommée Dusty (Jordana Brewster). De jupe courte en lapsus révélateurs et insinuateurs, Don craque très vite! Il faut dire qu’elle n’est pas allumeuse pour un sou, Dusty, pas du tout du tout. Les mondes s’entrechoquent et Dusty impose sa loi de la séduction. Pour elle, pas besoin d’une croix dans un calendrier pour faire plusieurs fois l’amour. Mais ce n’est qu’une combine pour faire chanter Don, et lorsque celui-ci se confie à sa femme, finie la partie fine, place à une redoutable partie de chasse.

Deuxième réalisation d’Anthony Burns, Home Sweet Hell (Dangerous Housewife) offre un rôle à la Jim Carrey à Patrick Wilson, à des lieues de son registre habituel. Et, tantôt benêt, tantôt grimaçant (une hallucinante scène sous cocaïne), l’acteur américain se débrouille vraiment pas mal. Et Katherine Heigl, encore plus, derrière ses mèches blondes malicieuses, l’actrice étincelle, elle aussi dans un registre que nous ne lui connaissions pas, redoutable autant que son rôle de femme implacable (dans tous les sens du terme). Coincé entre ces deux acteurs de grands talents, quel plaisir de retrouver le beaucoup trop rare James Belushi, égal à lui-même malgré un sérieux coup de vieux. Sans compter Kevin McKidd, improbable en grand méchant con et boutonneux, un peu comme le Hyde du Docteur Hunt de Grey’s Anatomy.

Home Sweet Hell - McKidd - Méchants

Jouant de son côté caricatural, ce film est un mélange parfait entre la comédie, l’humour noir et le slasher. Pas hilarant, mais comique de situation, notamment par sa violence crade qui ne fait que monter en puissance, jusqu’à une conclusion inattendue et surprenante. Satirique, de mauvais goût et original, rythmé par une chanson spécialement conçue pour ce long métrage et toute innocente, Anthony Burns livre un excellent divertissement avec quelques répliques très savoureuses. Beaucoup plus que ce que laissait présager l’affiche.

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Cultureux vorace et journaliste avide, je me promène entre découvertes et valeurs sûres, le plus souvent entre cinéma, musique et bandes dessinées mais tout est susceptible d'attirer mon attention :)

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