In Lakesh, entre expérimentations et engagement

In Lakesh est un groupe d’indie rock dont le moins que l’on puisse dire est qu’il ne laisse pas indifférent et a pu se façonner une identité propres en peu de temps. Il y a quelques mois est sorti Coma, leur deuxième EP. Depuis, ils ont participé à la bande originale du court métrage d’anticipation Diversion, qui se positionne contre le TTIP. C’était l’occasion de prendre le temps de leur poser quelques questions sur leur parcours, leur musique et leur engagement. Focus sur un groupe belge (avec deux Français, quand même) qui monte !

Bonjour ! Pouvez-vous nous dire d’où vous vient ce nom d’In Lakesh ?

Fabien : In Lakesh est la salutation Maya. On peut la traduire par « tu es mon autre » ou « bonjour miroir de moi-même ». Le message In Lakesh se veut universel, avec pour volonté d’unir, de rassembler. On applique cette vision dans notre mode de jeu et de composition : on change d’instru, on (com)prend la place de l’Autre et l’enrichit de ce qu’on est.

Et puis il y a le In Lakesh, version Collectif, qui inclut toutes les personnes qui ont contribué, d’une façon ou d’une autre, au projet. C’est une sorte de grande famille. D’ailleurs, la release party de l’EP – Coma – a rassemblé tous les membres autour d’une soirée interdisciplinaire : expo, performances plastiques, concerts,… avec une bonne douzaine d’artistes !

Qui êtes-vous ?

Fabien : Une vibration dans la vibration ?! Des individus porteurs d’une mémoire sensorielle, musicale, émotionnelle. Des potes qui essaient d’entretenir des liens (tant sur scène qu’en dehors) justes, simples, forts et vrais. Entre nous on se surnomme « le macaque à 5 culs », une bestiole chimérique qui rassemblerait un peu de nous tous en une seule entité !

D’où venez-vous ?

Antoine : Le groupe compte trois Belges et deux Français. Fabien et Bertrand sont tous les deux originaire de la Région wallonne (proche de Beauraing) et Bruno est Bruxellois. Seb et moi sommes les deux français du groupe. Bons vivants et fiers de notre terroir, ce n’est pas toujours une partie de plaisir pour commander du vin, Seb étant Bordelais et moi Bourguignon !

Musicalement, chacun a un background qui lui est propre. Par exemple, Bruno a fait le conservatoire puis une école de jazz alors que Seb vient plutôt du métal. C’est une vrai richesse pour le groupe, la fusion des cinqs offre une couleur métissée allant du jazz à l’électro en passant par la world music et le rock progressif.

Depuis quand faites-vous de la musique ensemble ?

Antoine : Le duo originel était composé de Fabien et Bertrand. Les premiers balbutiements sont apparus courant 2013. Très vite Sébastien a rejoint le projet, puis Bruno et moi avons intégré le groupe durant l’été 2014.

Avez-vous tous, commencé très tôt ou sur le tard ?

Antoine : Tous dépend ce que l’on entend par « commencement ». La fibre artistique nous a habités assez jeunes. Dès lors que l’on considère l’art comme une valeur essentiel, la passion et la curiosité commence à nourrir notre créativité. Certains membres du groupe ont débuté par le dessin ou l’écriture avant d’appréhender un instrument de musique ; d’autres jouaient déjà à l’âge de dix ans.

Comment décririez-vous votre musique ?

Fabien : C’est une musique organique et instinctive. Tantôt aérée, tantôt massive, elle invite à l’abandon et au voyage. Avec notre musique on tente d’interpréter des moments, des perceptions temporelles, spatiales, naturelles,… Le côté animal, bestial, instinctif nous parle aussi beaucoup parce qu’il fait appel à une notion de primal, de brut, qui peut se vivre lors de moments de transe notamment. D’où ce côté parfois tribal. En fait, ce n’est pas réellement un choix conscient, mais plutôt une évidence, que d’aller dans cette direction « organique ». La répétition, les jams, les concerts sont un moment de vie, un rituel, du ressenti pur !

Quelles sont vos sources d’inspiration et vos influences ?

Fabien : On a tous été bercés et touchés par des arts très variés, qui n’ont parfois rien à voir avec ce que l’on aime faire en tant que musicien ou en tant que groupe. Au-delà des influences musicales actuelles que peuvent être « Balthazar », « Volcano Choir » ou encore « Other Lives », nos inspirations viennent surtout de nos pratiques artistiques et culturelles telles que la peinture, le cinéma, la littérature, la poésie…, sans oublier les énergies de la nature, à la fois puissantes et subtiles.

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De quoi parlent vos chansons ?

Antoine : Le premier EP – Albatros – évoque l’enfance, son innocence et ses tourments. Le second – Coma – appréhende les thématiques douces-amères de l’age adulte. On y évoque la quête d’identité, les chimères, les léthargies, les éveils,… Les désillusions parfois. Les émerveillements aussi… Nos textes ont des allures de fable, ils pointent du doigt, établissent des constats, cherchent à susciter la réflexion. « Hàkarl », par exemple, traite du fascime et de ses méthodes insidieuses… « Season of Locust » renvoit au « Matin brun » de Franck Pavloff.

Vous avez collaboré au projet de court métrage d’anticipation Diversion, qui imagine un monde refermé sur lui-même, suite à l’adoption du TTIP. Est-ce important pour vous, en tant qu’artistes, de vous engager politiquement ?

Antoine : Je crois que c’est une responsabilité pour tout artiste, ou toutes personnes médiatisés de façon générale, de tenir des propos visant à éveiller les consciences, à élever le débat, de proposer une vision, de soutenir la diversité… L’art est une opportunité pour s’exprimer, il ne faudrait pas la gâcher ! Il me semble primordial de savoir se situer politiquement et, par conséquent, de s’interroger sur des questions majeures comme l’écologie, la répartition des richesses, la justice économique et sociale ou encore la mondialisation qui n’est à mon sens pas assez maîtrisée ni solidaire. La collaboration au projet « Diversion » s’est donc imposé comme une évidence. On les remercie encore d’avoir pensé à nous !

Avez-vous des projets en cours dont vous voudriez nous parler ?

Antoine : On est actuellement plongés dans l’écriture du prochain EP qui va clôturer la trilogie. C’est un peu tôt pour l’évoquer mais, le moment venu, on serait ravis de revenir vous confier les ficelles de sa sortie…

Envie d’en savoir plus sur In Lakesh ? Allez faire un tour sur leur site internet ou leur page Facebook !

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Je n'aime pas parler de moi. Ce qui ne devrait pas être un problème vu que c'est peu probable que vous vouliez lire sur ce sujet. Par contre, j'aime bien écrire sur tout ce qui suscite ma curiosité, m'amuse ou m'interpelle. Parfois aussi les trucs que j'aime pas, pour vous mettre en garde, ou vous effrayer. Dur à dire.

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