Interview de Migou, un artiste bruxellois plutôt funky !

Vous n’êtes pas sans savoir que Bruxelles est un véritable foyer de création, un bouillon de culture. Cette ville au cœur du continent européen, à la croisée de la Flandre et de la Francophonie, avec son côté international, dispose d’un contexte idéal pour les interactions artistiques des différentes communautés qui baignent nos rues.

Ce mix d’influences fait conserver à Bruxelles toute l’opulence de la créativité. Et ça se ressent chaque jour !… C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’a évolué et évolue toujours le chanteur Migou. Et il a décidé d’opter pour un syncrétisme de toutes ses influences, de tous ces genres qu’il a fait siens au fil des années et dès son plus jeune âge (il a remporté le concours « Paroles », organisé par la Communauté Française (ancêtre de la FWB) à 17 ans à peine !) et a collaboré ça et là avec Getch Gaëtano, Sylvie Nawasadio et Tam Echo Tam.

Son actualité est croustillante et variée. Le 18 décembre à 20H30 au Théâtre de La Clarencière (dont les places peuvent déjà être réservées sur le site) auront lieu les « secousses créatrices » où Migou, ses troupes et leurs instruments prendront place ! Quoi de mieux qu’une représentation avec sa team musicale pour ouvrir les fêtes de fin d’année ? Sans compter la suite prévue l’année prochaine !

Passons à l’interview !

Pour commencer, il est bon de faire les présentations. Si vous deviez vous décrire en quelques mots, que diriez-vous ?

Je suis le fils spirituel de Sting, Georges Brassens et Gilberto Gil… Reste à voir s’il s’agit d’un « fils prodige », ou d’un « bon à rien »… Chacun en jugera, j’espère sur pièce ! [Rires.]

Migou en concert © D.R.

Comment êtes-vous tombé dans la musique ?

Mes parents écoutaient de la soul des années 60, des « sixties« , comme on dit… Il y avait les Negro Spirituals et Leonard Bernstein. Je mettais leurs vinyls – et tant d’autres – pour m’endormir le soir ! Cela m’a mis au diapason très vite !

Parlons musique justement. Quel est le style qui vous branche le plus ? Celui qui vous détend au max ?

Je suis très éclectique. Mon style peut être étiqueté comme du groove, en tout cas. Et j’écris et chante la plupart du temps en Français. Mais je pense que si je veux taper dans le mille à tout coup, je suis obligé de mettre les Brésiliens modernes comme Toco, avec quelques autres latino-américains tels Lila Downs (sans oublier, il est vrai, quelques anciennes pépites comme Gal Costa ou Clara Nunes). Les Sud-américains, et surtout les Brésiliens, ont réussi un syncrétisme rythmique et harmonique invraisemblable. Et tout ça en ayant l’air de couler de source…! Ils ont su marier des styles très éloignés avec un brio remarquable. En écoutant, par exemple, « Quero ser o teu funk« , de Gilberto Gil, j’entends toute l’âme brésilienne traditionnelle, mais également un des meilleurs groove de funk qui m’ait été donné de connaître. Il fallait le faire…! Bravo à lui !

Comment êtes-vous tombé dans la soupe de ce style-là en particulier ? Quelles sont vos influences ?

J’aime toute la musique qui vous emporte dans son sillon (the « groove« ), avec notamment tous les gros grooveurs nord-américains, de Bootsie Collins à Jaco Pastorius ou plus récemment Victor Wooten, en passant par Quincy Jones et les myriades de perles qu’il a produites. Tous ces gens sont le plus souvent des jazzmen, à la base, mais ont su rendre leur savoir musical populaire en allant vers la chanson ou le jazz-rock. Après, j’adore le texte (c’est par là que j’ai débuté : la poésie), donc j’ai l’intégrale de Brassens à la maison (je peux en réciter pas mal par coeur ! [Rires]). Et enfin, les Brésiliens m’apportent cette touche de roulis qui vous emporte doucement mais inexorablement, au gré des flots…

Avec quels artistes avez-vous déjà joué ?

Daniel Vinke, de Tam Echo Tam ; Philippe Laloy – notamment « Kind of Pink » ; Stephan Pougin ; beaucoup d’autres…; j’ai partagé des scènes avec des francophiles convaincus tels le génial Ivan Tirtiaux, le poétique Gaëtano Getch ou encore Samir Barris et « Le beau geste« .

Quelles sont les performances scéniques que vous avez faites dont vous êtes le plus fier ?

Le concert acoustique à la Manufacture 111, au printemps 2018, était particulièrement réussi.

Pourquoi vous restent-elles en mémoire ? Qu’y avait-il d’exceptionnel ?

On était dans le « flow« . Comme dans le « zen« , on a oublié de « faire », pour se contenter d' »être ». Ce n’est pas si fréquent. Dans l’Art zen du tir à l’arc, on t’enseigne de tirer en oubliant la cible, pour ne penser qu’à la beauté du mouvement. Si tu y arrives, non seulement au final ton mouvement sera infiniment plus beau et fluide, mais comme par magie tu atteindras la cible. Donc, sur scène, il faut oublier sa cible (« faire un super concert »; « ne pas faire de fautes »; etc.), pour ne retenir que le mouvement, la note, et toute l’expressivité qu’elle appelle. C’est rare d’y arriver vraiment, je trouve. Mais là… c’était un bon soir !

Migou, un artiste concentré au service du public ! © D.R.

Quelle est-votre actualité récente et future ? Avez-vous des dates de concert, des projets en devenir pour les semaines et les mois qui viennent ? Si oui, lesquels ?

Avec mon label, Ragtime, on essaye toujours de découvrir de nouveaux artistes, et on les promeut dans l’émission « What is hip » concoctée par le boss François Legrain, pour l’instant sur Radio Vibration, mais on fait un essai ces jours-ci sur Bruzz. Sinon, on produit des chanteuses, on adore ça. Ragtime a produit plusieurs concerts d’Estelle Baldé, la nouvelle voix de la soul, et je lui ai composé deux chansons qu’elle est en train de s’approprier pour la scène. Et enfin, concerts prévus, outre le Théâtre de la Clarencière : les Brukmer Artistic Awards (en mars) ; la Fête populaire du PTB Saint-Gilles (en juin). On est aussi déjà en contact avec des festivals pour le printemps et l’été ! Restez connectés !

Pour conclure, que diriez-vous aux lecteurs de Culture Remains pour les convaincre de venir vous écouter ici ou là ?

Venez : on va vous raconter des histoires !

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Ancien étudiant en Sciences Politiques (ULB) Entre 2014 et 2016, gérant de L'étrier asbl. Depuis août 2016, président de Clap Culture, association désirant promouvoir la culture à travers les nouvelles créations, l'esprit citoyen et la conscience des enjeux de société à travers elle. Organisateur d'événements (Festival Mini-Classiques pour donner de la visibilité aux jeunes musiciens des différents Conservatoires ou d'ailleurs), journaliste, Réalisateur d'un projet radio de fiction "Les Pieds de l'Iris", suite d'histoires rocambolesques aux personnages à la trempe décalée sur fond de quartiers bruxellois.

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