J’appelle mes frères

Amor est un jeune étudiant en polytechnique. Un jeune homme que l’on pourrait, somme toute, rencontrer dans un bâtiment de l’ULB, sur l’avenue Héger, dans le centre-ville à Bruxelles ou encore dans une boîte de nuit, à danser sans se soucier du lendemain. C’est d’ailleurs là que débute son histoire. Une boîte de nuit, un peu trop d’alcool dans le sang, un retour en taxi et plusieurs appels en absence de son ami Shavi. Shavi, son ami, son frère même, qui semble être paniqué suite à l’explosion d’une voiture en plein centre de Stockholm. De là, Amor raconte. De son incompréhension à sa sensation d’étrange culpabilité, de son indifférence à cet indescriptible sentiment d’insécurité. Il nous parle de sa vie, de ses amitiés, de ses choix. Désirs, remords et nostalgie se succèdent.

 

j'appelle mes frères espace magh
crédit photos: Aude Vanlathem

J’appelle mes frères et je dis : il vient de se passer un truc complètement fou. Vous avez entendu? Un homme. Une voiture. Deux explosions. En plein centre.
J’appelle mes frères et je dis : non personne n’a été arrêté. Personne n’est suspecté. Pas encore.
J’appelle mes frères et je dis : préparez-vous. Ça va commencer.

Parce qu’Amor est issu de l’immigration. À la recherche d’un anonymat devenu impossible, il est hanté par ce qu’il ressent comme une méfiance accrue à l’égard des « gens comme lui ». Il appelle ses frères pour les mettre en garde : planquez-vous, fondez-vous dans la masse, ne vous faites pas remarquer.

Inspirée par l’attentat suicide commis par Taimour Abdulwahab à Stockolm en décembre 2010, J’appelle mes frères soulève les sentiments liés à l’exclusion et à l’appartenance. Malgré quelques transitions musicales pas toujours heureuses, le décor minimaliste et multi-facette, la mise en scène bien orchestrée et le texte intense, dont l’interprétation prend aux tripes, font de cette pièce un succès. Maroine Amimi, Pierre Haezaert, Cecile Maidon et Yamina Takkatz sont des acteurs passionnés et passionnants. Ce n’est qu’après la représentation que vous comprendrez : l’insécurité décrite est telle du béryllium, un élément discret mais dangereux.

J’appelle mes frères

Du 17 au 27 février (du mercredi au samedi à 20h) à l’Espace Magh, rue du Poinçon 17, 1000 Bruxelles.

De: Jonas Hassen Khemiri
Avec: Maroine Amimi, Cecile Maidon, Yamina Takkatz et Pierre Haezaert
Mise en scène: Rachid Benbouchta

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Je suis un des prototypes personnels de Dieu. Un mutant à l'énergie dense, jamais conçu pour la production en série. Trop bizarre pour vivre et trop rare pour mourir. --Las Vegas Parano

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