La Estupidez au Varia

– On va jouer à un jeu, je vous dis un mot et vous me dites à quoi ça vous fait penser… La Estupidez?

– Ouragan…

– Ouragan?

– Cacophonie…

– Cacophonie ?

– Imbroglios !

– Imbroglios… ?

– Humain…

– Humain ?

– Connerie… ? 

– Si claro, la Estupidez ! 

Voilà probablement la discussion qu’auraient eue deux des vingt-cinq personnages qui arpentent cette pièce pour le moins singulière s’ils avaient dû, dans une mise en abîme narquoise, définir cette oeuvre de Rafael Spregelburd, brillamment mise en scène par le Transquinquénnal et actuellement jouée au Varia. 

La Estupidez n’est pas une pièce comme les autres, qu’on se le dise. Elle ne rentre dans aucun moule, aucun carcan, elle déboule comme un train en furie, ressemble furieusement à une oeuvre que seul un surréaliste belge aurait pu imaginer et laisse pantois, un peu perplexe et probablement mu par une indicible envie d’uriner (ou, du moins, pour une bonne partie de la salle et, après trois heures, on les comprend).

Le Transquinquénnal réussit avec brio le pari d’interpréter à cinq pas moins de vingt-cinq personnages (que voulez-vous, la crise se fait ressentir partout, encore plus dans le monde culturel et artistique rempli de fainéants et de profiteurs) dans un décor minimaliste et kitsch à souhait.

Si la prestation des acteurs n’est rien de moins que magistrale, les changements intempestifs de personnages, d’histoire et de costumes peuvent rapidement en perdre plus d’un. Tout comme la stupidité/connerie dont ils font l’apologie. En effet, il est dommage que cet enchevêtrement de vies, de rôles et même de paroles nous assaille et nous étourdisse, parfois, au point de ne plus comprendre ce qui se passe réellement (les moments d’actions et de dialogues concomitants n’aidant évidemment pas)…

Mais La Estupidez n’est pas une simple pièce. Faisant partie d’un polyptyque de sept pièces représentant les vices modernes rappelant furieusement les originels péchés capitaux, cette oeuvre de l’argentin Spregelburd, se situe après l’inappétence, l’extravagance et la modestie et avant la panique, la paranoïa et l’entêtement. Curieusement, une furieuse envie de voir les autres pièces nous titille, histoire d’en connaître plus sur ce Spregelburd et son théâtre… surprenant.

La Estupidez

Avec : Bernard Breuse, Miguel Decleire, Kristien De Proost, Pierre Sartenaer, Mélanie Zucconi

Dramaturgie : Stéphane Olivier

Coproduction : Transquinquennal, Théâtre de Liège, Théâtre Les Tanneurs, Tristero.

Au théâtre Varia, 78, rue du Sceptre à 1050 Bruxelles, du 1er au 20 octobre 2015 à 20h.

Surtitrage en néerlandais les vendredis et samedis (2, 3, 9, 10, 16 et 17 octobre).

Durée du spectacle : 3h00

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