Le Cercle Littéraire de Guernesey, do the job

La comédie romantique est au cinéma britannique ce que le film social est au cinéma belge. Un poncif. Néanmoins, il faut reconnaître aux sujets d’Elisabeth II un indéniable talent pour le genre et aux îles britanniques un formidable disposition au romantisme. La preuve par le nouveau film de Mike Newell.

Londres, 1946. Juliet Ashton, une jeune écrivaine en manque d’inspiration reçoit une lettre d’un mystérieux membre du Club de Littérature de Guernesey créé durant l’occupation. Curieuse d’en savoir plus, Juliet décide de se rendre sur l’île et rencontre alors les excentriques membres du Cercle littéraire.

Mike Newell, c’est le réalisateur de Harry Potter et le Coupe de feu, mais surtout, en ce qui nous concerne, de Quatre mariages et un enterrement, le film probablement à l’origine du poncif sur le cinéma britannique.
Sauf que Le Cercle littéraire de Guernesey se situe plutôt dans le registre du drame romantique. Drame romantique qui emprunte certes quelques codes à la comédie romantique.

Dans le décor romantique et pittoresque de l’île de Guernesey, tous les archétypes sont réunis pour une histoire ‘so british’ à la bande son saturée des bruits de tasses et de cuillères à thé : la vieille Anglaise revêche, le vieil Anglais spirituel, le gamin ‘so cute’ et le beau provincial célibataire, Michiel ‘GOT’ Huisman, qui va taper dans l’œil de la belle anglaise indépendante incarnée par Lili James.

Si l’intrigue romantique est plutôt convenue et cousue de gros fil blanc, le contexte, qui convoque une particularité historique peu connue, donne au film tout son sel. Les îles anglo-normandes, dont Guernesey, ne font pas partie formellement du Royaume-Uni, elles dépendent tout de même directement de la Couronne britannique, soit de l’État britannique et sont donc les seuls territoires britanniques à avoir été occupés par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale. Bref, c’est l’introduction des aventures d’Astérix à l’envers et des sujets de sa gracieuse majesté sous le joug nazi.

Le mystère, bien plus subtil et imprévisible que la romance, qui retient Juliet Ashton, Lili James, sur l’île trouve ses origines au cœur de l’occupation nazie de l’île. Et à mesure que le mystère se dénoue, l’intrigue s’épaissit et dévoile une abondance de thèmes qui cohabitent et se répondent avec succès : de la puissance de la littérature à la collaboration en passant par l’amitié et bien d’autres. Ainsi l’intrigue romantique peu convaincante du film est soutenue par une dimension dramatique plutôt réussie.

Ajoutez à cela que Le Cercle Littéraire de Guernesey ne se refuse pas quelques traits d’humour et tous les ingrédients sont réunis pour que ce film soit des plus divertissants. Pas un film indispensable, mais un bon petit drame romantique britannique qui offre ce qu’on attend de lui. Voir même un peu plus.

A voir depuis le 30 mai 2018

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Comme le dit si bien Pascal Quignard, "Ecrire, trouver le mot, c'est éjaculer soudain". Ou encore Alphonse de Lamartine, "La critique est la puissance des impuissants". Mmh, pas très cohérent tout ça. Pour ma part, et pour contredire Sheakspeare, la critique n'est pas aisée et je ne suis pas dans l'aisance. J'écris néanmoins parce que c'est par moment assez jouissif, comme l'exprime si bien l'ami Quignard. A part cela, j'aime le cinéma, la bd, la musique et les citations à la con.

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