Le Mari, la Femme et la Mort ou comment terminer 2018 en beauté

La Comédie Claude Volter nous propose pour terminer cette année une comédie d’André Roussin (1911-1987) : Le Mari, la Femme et la Mort. Voilà un titre révélateur qui donne déjà le ton. Plongé au cœur du théâtre de Boulevard de la seconde moitié du 20eme siècle, la pièce est créée en 1954 et s’inscrit dans la lignée de la grande comédie française. À voir et à savourer jusqu’au 31 décembre 2018.

André Roussin : le Boulevard dans toute sa splendeur

L’œuvre d’André Roussin est la preuve de la vivacité du théâtre comique qui dépasse le rire gras et basique. Après une première pièce écrite en 1936 (Am Stram Gram), il remporte un succès international avec La Petite Hutte en 1947.

Ses pièces ne se limitent pas à la comédie : elles n’hésitent pas à aborder des thèmes encore tabous dans les années cinquante comme l’homosexualité (Les Œufs de l’autruche) ou encore l’avortement avec Lorsque l’enfant paraît (1951).

Trois protagonistes ?

C’est une histoire universelle qu’André Roussin nous propose avec sa pièce. Deux personnages principaux : Arlette et Sébastien. Mariés depuis plus d’un an, ils semblent vivre paisiblement. Sébastien profite quotidiennement de sa passion : la pêche, tandis qu’Arlette…s’ennuie. Cette épouse modèle n’attend qu’une chose : la mort de son mari.  Quant à cette mort, où est-elle ? Elle reste tapie dans un coin de la scène : la saisira-t-on un jour ?

Inspiré d’un fait divers qui a eu lieu en Italie, le dramaturge nous offre ici un croustillant tableau de vie entre le rire et la tragédie. Le rire l’emportera grâce aux quiproquos et aux répliques des personnages sans cesse floués par la mort et/ou aidés de la chance.

Une mise en scène classique

Avec des décors simples et élégants (Francesco Deleo) et une mise en scène classique de Danielle Firre, le public aura l’occasion d’assister à une pièce traditionnelle mais tout en légèreté et simplicité. Pour ceux qui sont friands de décors épurés et minimalistes, pas d’inquiétude : la mise en scène n’en fait jamais trop et respecte les conventions du théâtre des années cinquante. Ceci ravira les nostalgiques d’un théâtre plus conventionnel.

Un casting de qualité

Peu de monde sur scène, certes, mais quel monde ! À l’affiche, cinq noms et autant de jeux à apprécier.

Stéphanie Moreau dans le rôle d’Arlette nous offre un moment de fraîcheur et de rire simple. Ses gestes, mimiques et démarches nous permettent d’appréhender sa personnalité. Capable de passer du rôle de la femme naïve à celui de la femme fatale, elle nous transporte à travers tous les registres de personnalité possibles : un véritable régal !

Michel de Warzée interprète le mari floué. Le risque d’un tel rôle est qu’il nous livre le portrait d’un grand naïf benêt. Rien de tout cela ici ! Au contraire, son regard et son non-verbal en disent davantage sur ses pensées que ses paroles. Il inspire la tendresse et la compassion du public.

Amélie Saye, Jonas Claessens et Franck Dacquin interprètent respectivement Julie Despied, Kiki et Percier. Ces trois personnages peuvent sembler annexes mais il n’en est rien. Ce sont eux qui révèlent la véritable nature d’Arlette et de Sébastien. Ils nous font rire et on les découvre petit à petit au détour d’une réplique révélatrice : que demander de plus ?

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