L’odeur des arbres – Théâtre Océan Nord

La grande route, voilà ce qui a sauvé Loropéni de la famine, sorti la ville de sa léthargie. Tout le monde semble se réjouir de l’instauration du salaire minimum, depuis que le « Consortium » a pu construire l’axe routier reliant plusieurs régions, et du nouveau visage de la bourgade.

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Shaïne (Halimata Nikiema), de retour chez elle après 20 ans d’absence, est déboussolée : si le bourg anonyme de Basse Volta est toujours imprégné de la même odeur de terre ocre, si les éperviers poursuivent insensiblement leur vol stationnaire, si la langueur et la chaleur sont toujours prégnantes, la ville devenue prospère se terre dans un mutisme et une amnésie étrange. Où est passée la maison familiale ? Où est la tombe de son père ? Qu’annonce cette pluie de janvier incongrue en cette saison ? Et qui pourra répondre à ses questions ? Sa sœur Zein’ke (Safoura Kaboré) qui change de trottoir en l’apercevant? Son frère Ezgi (Urbain Guiguemde) qui vit retranché dans un monde fantasque par déni de la réalité ? Son ancien amant Naa’ba (Anatole Koama), devenu bourgmestre, qui semble trop vouloir se justifier pour être honnête ? Cet enfant sans nom qui erre au bord de la route ?

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Sur fond politique, alors que l’ombre chinoise plane goulûment sur l’Afrique et ses ressources naturelles extraordinaires, Koffi Kwahulé livre une fable de pouvoir et d’argent ancrée dans une société en pleine mutation. Sur un continent livré à la voracité d’un capitalisme féroce, l’enquête policière rejoint le drame familial dans une Afrique dont le cœur balance entre traditions – celles de la famille, des rythmes, des chants traditionnels – et modernité, où l’entraide prend des formes parfois très individualistes et sanglantes.

La mise en scène d’Isabelle Pousseur se laisse bercer par le rythme de l’Afrique : les chants, les bruits, la batterie, le langage mélodique et savoureux portent cette tragédie, tout autant que les interprétations généreuses et denses des acteurs, qui jouent avec une grande agilité entre la subtilité, la poésie du texte et la dureté de la réalité, la cupidité et la veulerie humaines.

Une histoire prenante dont on souhaite connaître l’issue ! A voir sans tarder au Théâtre Océan Nord.

L’odeur des arbres

Du 17/02 au 28/02 au Théâtre Océan Nord

Tarifs: de 5€ à 12,5€

Texte: Koffi Kwahulé

Mise en scène: Isabelle Pousseur

Avec: Urbain Guiguemde, Safoura Kaboré, Hypolitte Kanga, Anatole Koama, Halimata Nikiema, Yanaé Minoungou

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Curieuse, spontanée, enthousiaste et exigeante, j'aime aller au théâtre et j'aime raconter ce que j'y vois, que j'ai aimé ou pas!

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