Londres – nourriture, pâtisserie & ustensiles

Je n’ai pu m’empêcher de me rendre à nouveau quelques jours à Londres, qui n’est pas moins que ma ville préférée au monde. En effet, mon plus grand regret, c’est de n’être pas née anglaise. Je suis Française, originaire du Sud, je suis née et ai été élevée dans une culture pleine de soleil, avec pour plats favoris les poivrons grillés et le couscous. A l’occasion de mes 8 ans, j’ai reçu mon plus beau cadeau d’anniversaire : un city trip de 3 jours à Londres. Je me revois posant fièrement devant l’abbaye de Westminster, courant après les corbeaux ou me promenant dans Hyde Park. Rendez-vous compte, j’ai même eu l’occasion d’acheter un chapeau en velours bleu brodé de petites fleurs roses et bleues et de quelques jolies feuilles vertes. J’ai eu un coup de cœur soudain et inattendu pour cette ville, et mon amour pour elle n’a cessé de croître à mesure que je découvrais les épisodes et les films des Monty Python, les livres de cuisine de Nigella & cie, le magasin Liberty et l’interprétation d’Hamlet par Alan Rickman.

Nous y revoilà donc, pressés de nous imprégner de l’ambiance british, en abordant pour commencer la délicieuse culture de la pâtisserie de nos amis anglais. Premièrement, une bonne chose à savoir si vous préférez lire du Keats tranquillement à Hampstead Heath plutôt que de passer des heures dans les magasins : l’enseigne John Lewis, située dans Oxford Street, souvent bondée, offre un excellent service de commande et de collecte, de telle sorte que vous pouvez commander vos articles sur le site de chez vous, même avant de vous rendre à Londres, et venir les chercher le lendemain, dans un supermarché Waitrose ou dans l’enseigne même. Notre butin : un présentoir à gâteau. Comment faire une photo de gâteau digne de ce nom sans cet accessoire, je vous le demande ? C’est là l’argument à ressortir face à un Mr G. dubitatif. Non, il ne s’agit pas d’un achat compulsif, mais d’un besoin. Un besoin, je vous dis !

Quelques décorations de Noël, car il n’est jamais trop tôt pour s’y préparer, une petite cheminée à tarte en forme d’oiseau; la vapeur excédentaire s’échappe par le bec pour une croûte parfaitement croustillante (un must-have, non ?), plats, décos, herbe, coccinelles, fleurs… Qu’ajouter d’autre ? Un plateau aux motifs chinois provenant de la boutique du Victoria & Albert Museum, idéal pour servir les cocktails d’été en terrasse.

Vous trouverez les basiques chez Waitrose et Sainsbury’s : plats et moules pour le four de qualité, comme les moules à petits pains ou les plats à rôtir, et à petit prix (3 plats pour 3£). Ces magasins restant très classiques, vous n’y dénicherez pas d’accessoires spécifiques (crumpet rings). En ce qui concerne les ingrédients, différentes sortes de paillettes et glaçages prêts à l’emploi et de différentes couleurs s’offrent à vous, ainsi que des boîtes de 100g de levure de boulanger, poudre à lever et de xanthane, format improbable en France et en Belgique, où ces ingrédients sont vendus en petits sachets individuels de 10g ; la xanthane en sachets de 2g uniquement en magasin spécialisé, rayon « cuisine moléculaire », et à des prix nettement plus élevés.

Passons maintenant à la célèbre maison Fortnum & Mason, sur Piccadilly Street. Fournisseur de la Cour, ce magasin est une véritable légende. Quand j’y suis entrée, mon avis était plutôt partagé.

Les contre:

1) trop de touristes (je sais, j’en fais partie). Quel contraste de voir les employés du magasin vêtus de charmants costumes du temps passé servir une foule plutôt ordinaire portant baskets et sacs à dos ! Je n’ai rien contre cela, mais la maison perd malheureusement beaucoup de son caractère.

2) les prix. OMG. Je suis le genre de fille qui dépense facilement et même volontiers de coquettes sommes en produits alimentaires. Mais 2,50£ pour 100g de riz, non.

Les pour:

Je râlais, légèrement déçue, lorsque je suis arrivée dans le rayon conserves et confitures. Et là, j’ai perdu la tête. J’ai commencé à remplir mon panier. Un pot, deux pots, trois pots. Je ne pensais pas au poids ni au prix, non, j’assouvissais un besoin profond. Saviez-vous qu’ils produisent plus de 40 sortes de marmelade ? Vous avez le choix : aux fruits coupés finement ou grossièrement, avec ou sans la peau. Etes-vous plutôt du genre Sir Nagel ou Coronation ? Orange sanguine, citron vert ou bergamote ? Vous l’aimez relevée au whisky, au rhum, au champagne ? Peut-être préférez-vous quelques feuilles d’or pour plus d’éclat? Demandez n’importe quelle version, je suis certaine qu’ils en ont ! Même Mr G. a passé du temps à admirer, fasciné, ces rangées de pots parfaitement alignés. Nous avons quitté l’enseigne avec un pot de sloe and damson curd. Pour une non-native comme moi, ces quatre mots à la suite forment un ensemble tellement doux à l’oreille… Se trouvaient également dans notre sac : une confiture amère citron-gin- angostura, une gelée de vin chaud parsemée de feuilles d’or et une confiture de fleurs de sureau et de groseilles. C’est dans une douce hystérie que nous nous sommes posés au salon de thé pour y goûter un Irish Breakfast, un Smoked Earl Grey et un thé vert aromatisé à la fleur de sureau. Nous avons quitté ce lieu émotionnellement épuisés, comprenant pourquoi cet endroit était et resterait une légende.

Passons maintenant à tout autre chose. Si vous avez déjà regardé les séries sur le pain du grand expert en pâtisserie britannique Paul Hollywood, vous aurez remarqué un épisode dans lequel il prépare une pâte contenant de l’extrait de malt. Il semble utiliser un produit de base que tout le monde connaît, sauf moi. Nous devions donc, en toute logique, en ramener. Après avoir en vain exploré plusieurs supermarchés, nous avons trouvé le précieux sésame dans l’épicerie Holland & Barret (nombreuses succursales). Enfin, j’ai pu y goûter ! Déco time chez The Jane Asher shop dont l’unique vocation est de vous aider à rendre vos gâteaux tout mignons : paillettes, glaçage, petites décorations ainsi qu’une collection impressionnante d’emporte-pièces et de douilles à pâtisserie. Butin : une sainte miche et trois emporte-pièces en forme de feuilles de lierre.

Le marché aux fleurs de Columbia Road. Il s’agit non seulement d’un des lieux les plus charmants et les plus idylliques de la ville, rempli de parfums de fleurs fraîchement coupées, mais aussi d’un endroit qui compte quelques chouettes magasins orientés jardinage et pâtisserie. Je ne pourrais en conseiller un, car ils valent tous le détour. Des magasins d’assiettes vintage aux vendeurs de pots de fleurs imprimés rouge-gorge, on se croirait dans l’univers fantaisiste de l’époque victorienne.

Gill Wing. Encore un autre magasin qui propose des ustensiles à pâtisserie, avec un choix plus large encore, car vous y trouverez même des Yorkshire pudding trays. L’annexe vise davantage le service et l’art de recevoir et abonde de produits Neal’s Yard Remedies et de bonbons retro Hope & Greenwood.

Divertimenti. Deux grands magasins, l’un sur Marylebone, l’autre sur King’s Road. Quelque peu onéreux, haute qualité oblige. Ils proposent une bonne sélection de livres de cuisine. On ne sait faire sans emporter des moules à gelée individuels (cet été, ce sera gelée de rhubarbe agrémentée de morceaux de fraise). Le défi de cette année étant de maîtriser le pain, nous étions sur le point d’acheter une pierre à pizza, mais malheureusement, elle était trop encombrante et trop lourde pour nous promener en ville.

Liberty. Cette maison peut figurer aussi bien dans la catégorie mode que papeterie, et même architecture. Tout y est absolument adorable. Les prix un peu moins, mais qu’importe, vous devez vous y rendre, ne serait-ce que pour la source d’inspiration qu’elle représente. Nous avons acheté de nouvelles assiettes et pensons sérieusement investir dans quelques pneus pour les transformer en décos florales.

Anthropologie. Oui, on trouve ici principalement des robes et des tenues qu’on aimerait porter pour un trip en vélo dans les Hamptons de l’état de New York, pas vraiment 100% brit, mais comme il s’agit de l’unique succursale en Europe, il est impératif d’aller y faire un tour. Un mur végétal, des plats et bols géniaux, un design épatant, des livres de cuisine à découvrir…vous comprenez vite pourquoi vous apprécierez vous y promener.

Pour terminer, voici une liste de ce que vous devez/devriez/pourriez (choisissez en fonction de votre niveau d’addiction à la culture britannique) ramener à la maison :

– Sel de Maldon. Les plus beaux cristaux, parfaits aussi pour les caramels
– Pickles : différentes sortes, câpres, noix
– Chutneys : légumes grillés, oignons caramélisés, etc.
– Suet (suif) : pour de vrais puddings
– Alcool : de l’India Pale Ale (IPA) au brandy, du vin au gingembre au gin à la prune
– Sans alcool : sirop de fleur de sureau, jus de fleur de sureau ; n’importe quoi à la fleur de sureau
– Vanilla paste : pour y plonger généreusement votre cuillère, comme le fait Nigella Lawson
– Rennet essence (extrait de présure): pour faire du fromage, mais parfait aussi pour un pudding rétro, la crème renversée
– Golden Syrup : mélasse noire
– Cumberland sausages : avec des pommes rôties, de la sauge, vous avez l’embarras du choix
– Terrines, crumpet rings, plats à rôtir.

 Traduit de l’article London’s favourites – Food, Baking & Dinnerware shopping écrit par Fanny

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Coordinatrice éditoriale pour Culture Remains, j'use aussi de temps à autres de ma plume. Culturellement plutôt classique, je reste toujours ouverte à d'autres horizons.

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