Une maison de poupée, manifeste féministe au National

Copy Hubert Amiel

Le plus surprenant dans Une maison de poupée d’Henrik Ibsen est sans conteste d’apprendre que cette pièce date de la fin du XIXème siècle, car tout, du propos sur la cupidité de notre société à la duplicité du monde petit-bourgeois qui s’agite sous nos yeux, nous ancre dans le temps présent.

Nora prépare Noël, dans sa jolie petite maison qu’on imagine facilement implantée dans une banlieue chic d’une capitale européenne. Elle est belle, faussement ingénue et joue à la sage petite épouse d’un jeune banquier aux dents longues. Ce dernier, récemment nommé directeur, ne s’adresse à elle que sur un ton péremptoire et de façon paternaliste. Mais cela ne la formalise pas ; n’est-ce pas son rôle, d’être présente, de jouer à la petite hirondelle, de s’occuper des enfants ? Si bien sûr, mais l’ennui guette…

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Peu à peu, elle se lasse de la superficialité de ses échanges avec son mari, de la vénalité de son entourage, des mensonges protocolaires. La violence, la mesquinerie, l’obscénité sociale l’étouffent. Elle en a assez de sa situation de femme entretenue, passée de papa à chéri, de la vacuité de son existence, de l’insipidité de sa survie même.

Heureusement que différentes visites la distraient durant la journée, formant une galerie de personnages hauts en couleur, tour à tour paumés, opportunistes, vengeurs.

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Thibaut Wenger offre à ses acteurs dans Une maison de poupée un écrin tamisé, ouaté, qui leur permet d’exprimer toute l’ambiguïté de leurs personnages. Dans cette atmosphère étouffante, et même si l’intrigue ne réserve pas de surprise à proprement parler, il parvient à actualiser le propos de la pièce, et à rappeler que le combat féministe et le désir d’indépendance ne date pas d’hier.

Jusqu’au 23 décembre 2012 au Théâtre National

Texte : Henrik Ibsen
Mise en scène : Thibaut Wenger
Traduction : Eloi Recoing
Avec : Berdine Nusselder, Emilie Maréchal, Mathieu Besnard, Fabien Magry, Jean-François Wolff, Joséphine de Weck et en alternance, Maggie Di Prima, Sacha Pirlet, Romane Legeard-Derlon, Mathys Dospinescu 

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Curieuse, spontanée, enthousiaste et exigeante, j'aime aller au théâtre et j'aime raconter ce que j'y vois, que j'ai aimé ou pas!

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