Marzena et Aude font le marché des beaux souvenirs

Quelques mois après le premier tome d’un diptyque très sombre (L’insurrection), Marzena Sowa revient avec une histoire ensoleillée, qui sent bon le marché traditionnel et les jolis soucis d’enfants encore préadolescents. Un album qu’elle nous avait présenté comme une histoire à la Jacques Tati, elle ne s’était pas trompée. Et le dessin d’Aude Soleilhac ne fait que renforcer la beauté mignonne de cette histoire ordinaire de charme. Ça s’appelle Histoire de poireaux, de vélos, d’amour et autres phénomènes… Un titre à rallonges et enfantin pour une aventure très sympathique.

Histoire de Poireaux Soleilhac Sowa peigne

Chaque semaine, c’est pareil, il est plus tôt que l’aurore dans la ferme de Vincent et ses parents. Mais comme chaque jour de marché, l’heure est au réveil et, sans tarder, Vincent va devoir aider à charger le camion de son maraîcher de papa, pour ensuite gagner, avec les premiers rayons du soleil, le marché de la ville. Est-ce que Vincent y rechigne? Pas le moins du monde, le marché c’est l’occasion d’une parenthèse: bien sûr, il aide ses parents à la vente des poireaux de saison; mais il rejoint aussi, le temps de pauses plus ou moins longues, ses camarades, sous les regards amusés des marchands. Et parmi ses camarades, il y a Marie, belle comme une fleur cajolée par son papa, fleuriste. Marie, ça a tout l’air d’être le premier amour de Vincent. Mais dans l’affaire, il y a aussi ce « fils de riches » et trop confiant, Andréa. En plus, lui, il a même un vélo…

Histoire de Poireaux Soleilhac Sowa Vincent Marie

Histoire de poireaux, de vélos, d’amour et autres phénomènes… c’est une autre manière de voir l’amour entre des enfants, diamétralement opposée aux Titeuf, Petit Spirou et autres Cédric, un premier amour dans la cour du marché. Une histoire entre souris des villes et souris des champs, entre gamins champêtres et d’autres citadins qui se mêlent dans la joie colorée de marchés comme on n’en fait plus ici (vous avez déjà vu les marchés de Belgique? On y retrouve bien quelques vendeurs de légumes traditionnels et autres bouchers mais sinon, que viennent y faire les vendeurs de breloques et de bilokos? On est bien loin de la saveur des marchés anciens et si beaux, ceux chantés par Bécaud).

Histoire de Poireaux Soleilhac Sowa marché ville

Car oui, ce marché n’est pas loin d’être un des personnages principaux de cet album. Littéralement, il prend vie grâce au trait et aux couleurs très vivants d’Aude Soleilhac. Ce marché comme une oasis au cœur de la ville, lieu de tous les accents et de tous les possibles le temps de quelques heures, où tous se connaissent et où la mixité se crée entre les bourgeois et leurs petites exigences et l’insolence et insouciance des gosses. Avec un réalisme presque documentaire, Marzena Sowa signe une histoire qui n’a l’air de rien mais nous conquiert, d’autant plus qu’il semble y a voir eu symbiose entre les mots et les dessins de Marzena et Aude. Un bien bel album, au cœur de l’enfance, des marchés oubliés et d’un humour tendre et poétique.

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Histoire de poireaux, de vélos, d’amour et autres phénomènes…, Marzena Sowa, Aude Soleilhac (et FB),  Bamboo,  80p., 15,90 €

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Cultureux vorace et journaliste avide, je me promène entre découvertes et valeurs sûres, le plus souvent entre cinéma, musique et bandes dessinées mais tout est susceptible d'attirer mon attention :)

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