No place for my dream, un territoire musical où règne toujours un vent de révolte

Si « Music is a weapon » était le slogan prôné par Fela Kuti, fondateur et icône politique de l’afrobeat, celui de Femi Kuti, son fils ainé, serait plutôt « mieux vaut mourir que de n’avoir plus d’espoir ». Et si le fruit ne tombe jamais loin du baobab de la famille Kuti, Femi quant à lui se distingue de la figure paternelle par son énergie positive et les chemins musicaux modernes qu’il emprunte pour mieux étendre son message à l’échelle de la planète.
Femi Kuti voit le jour à Londres, mais rejoint vite Lagos (Nigéria) pour vivre aux côtés de son père. Il est élevé dans un climat social explosif au sein duquel sa famille dénonce et combat systématiquement toute forme d’oppressions, coloniales puis étatiques. Ainsi biberonné au jazz et au militantisme, il grandit une trompette à la main et la conscience au cœur que la liberté n’a pas de prix. En 1977, il rejoint l’orchestre de son illustre géniteur, Egypt 80, et y joue du saxophone. À 24 ans, ce fils ainé de la fratrie désormais mondialement connue forme son propre groupe. Femi Kuti and The positive force apparaît alors comme pour mieux perpétrer la tradition familiale, doté d’un style afrobeat aux influences groove et funk et d’un infatigable esprit de révolte. Seuls l’énergie positive et les chemins musicaux plus modernes aux tonalités hip-hop, reggae et électro éloigneront nettement le groupe de l’autoroute musicale tracée par l’inventeur de l’afrobeat.En ce début d’année, sort le dernier cru de Femi Kuti and The positive force, No place for my dream. Dans cet album, le clavier, les cuivres, les percussions et la guitare font toujours bon ménage. Mais cette succulente recette afrobeat a été quelque peu repensée. En effet, si les musiciens savent toujours harmonieusement s’assembler, cette fois-ci chaque instrument apparaît plus spectaculaire au cours d’envolées solitaires ou de discrets solos, comme sur le morceau No job No work No money. Contrairement aux albums précédents tels Shoki Remixed (2000), très dub ou Fight to win (2001) tourné vers le rap américain, Femi opère dans ce dernier un retour aux sources. Dans ce virage musical débuté en 2005 avec Live at the Shrine, on découvre une musique plus épurée, des instruments qui, en bons camarades, se soutiennent, s’écoutent et se font écho. Et d’ailleurs, Femi Kuti semble bénéficier lui-même d’un regain d’ardeur ; ses textes dénoncent et prêchent, à l’image du morceau Politics Na Big Business, avec d’autant plus de fougue l’espoir sans lequel on ne saurait vivre.Plus d’info sur ses prochains concerts dans le cadre du Saveurs Jazz Festival ou du Festival intercommuninal des Musiques du Monde

 Eva

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