Noms Peut-Être renomme les rues de Tour&Taxis

Paulette Nardal était mise en avant par le collectif Noms Peut-Être. ©Héloïse Wibaut

“Drève du Parc”, “Passage du Chicon”, “Rue du Méandre”, “Place des Grands Hommes”. Le point commun de toutes ces rues : elles formeront le futur centre de Tour&Taxis. Parmi les 28 noms sélectionnés, on ne retrouve que deux noms de femmes.

Isala Van Diest et Chantal Akerman seront les deux seules femmes honorées dans le quartier que deviendra le site de Tour&Taxis d’ici quelques années. Pourtant, en 2016, la Ville de Bruxelles avait approuvé une liste de noms de femmes qu’elle s’était engagée à utiliser lors de nomination de nouvelles rues.

Une indignation pour la collective Noms Peut-Être qui lutte pour la réappropriation de l’espace public. Le collectif féministe avait pourtant fait partie du processus, mais leurs revendications n’ont finalement pas été prises en compte. Le futur quartier de vie et de loisirs de Tour&Taxis pourra donc profiter de rues nommées à l’effigie de bières, de nourriture et d’objets. Des noms qui dénotent pourtant, avec la qualification du site par les médias comme étant « inscrit dans le XXIe siècle ». Un coup d’œil à la liste officielle des noms de rues suffit pour se rendre compte que Tour&Taxis n’a pas tenu ses engagements.

La collective a alors décidé d’agir. Les bénévoles, armées de leur pancartes mauves (couleur du féminisme), ont renommé les futures rues de Tour&Taxis. Huda Sharawi, Aretha Franklin, Semira Adamu, Rosa Parks… Des noms connus et d’autres moins, mais toujours accompagnés d’une petite biographie afin de situer la personne. Le collectif rappelle ainsi l’existence de certaines femmes souvent oubliées mais pas moins importantes de l’Histoire.

Les rues de T&T ont été rebaptisées par les bénévoles du collectif.

Tour&Taxis n’est pas une exception. Seulement 4 % des rues bruxelloises portent le nom d’une femme, contre 26 % avec un nom d’homme. La Ville de Bruxelles avait en effet pris le devant grâce à la liste qui reprend 26 noms de femmes emblématiques. Dans les faits, force est de constater que les efforts n’ont pas encore abouti. Mais les autres villes wallonnes font pâle figure, comparé à Bruxelles. À Charleroi, à Liège, à Namur, on ne retrouve que 2 % de noms de femmes dans les rues. Même Louvain-la-Neuve, ville pourtant très récente, ne recense pas un meilleur taux.

L’Histoire a souvent évincé les femmes des manuels. Ce sont les hommes que l’on étudie. Pourtant, nombre d’entre elles ont eu un rôle à jouer dans notre histoire. Elles sont d’ailleurs mises en avant sur le site L’Histoire par les femmes. A la vue de tous ces noms, on peut se dire que la Belgique ne manque pas de choix quant aux noms de femmes à mettre en avant pour ses rues. Il n’y a plus qu’à…

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