Parents, pas mode d’emploi

Même si par moments, lorsque je dis que je suis la maman du mini garçon ici présent, j’ai encore des papillons dans le ventre. Même si parfois, après un an et presque deux mois, je souris, en songeant que ça sonne très vrai, comme les grands. Même si certains jours, je ne trouverais pas si irréel de me réveiller dans mon lit une place, avec ma moustiquaire de princesse et mes Barbies, maintenant je peux le dire. Je sais ce que ça fait d’être parent.

Pas que j’aie de grands conseils spirituels à donner. Par contre je l’admets, avec moult râlages, certaines choses qu’on nous avait affirmées avant son arrivée, sont au final plutôt très très vraies. Sans parler de ce qu’on ne nous avait pas dit ! Alors j’ai pensé qu’il était temps de réaliser un petit carnet de bord de toutes ces découvertes, combos de bizarre et de mignon réalisables uniquement par ceux dont la taille est inférieure à 1m20 (dans le cas du mien, 75 centimètres) :

Un enfant a des capacités hypnotiques insoupçonnées. On est en pleine conversation, avec des proches ou à la caisse d’un magasin, quand soudain ça se produit. L’interlocuteur bugge littéralement. Le temps semble se bloquer, les mots que l’on prononce n’arrivent plus à destination, l’adoration pour notre pouet pouet passe d’un cran et on assiste a une contemplation béate. On a disparu de la surface de la terre, avec nos préoccupations concrètes (sinon je paye ou pas – euh fais gaffe le contenu de ta cuillère va finir au sol – ouou, je parlais). D’après moi, c’est une question d’apparition de petites étoiles et d’arcs-en ciel, auxquels, en tant que parent, on est immunisé (faut bien, sinon ce pauvre petit loup ne parviendrait jamais à manger ou à être changé). Quoi que… quand je vois que ma cadence pour lui dire je t’aime atteint les 25 fois la minute et que parfois je m’étonne que sa peau ne soit pas irritée à force de bisous, je ne suis pas sure d’être totalement protégée des effets magiques.

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– Faut se résoudre à acheter un superbe jouet et à se le voir ignoré pour un trousseau de clés, un couvercle de tupperware ou une bouteille avec un fond d’eau. Au moins on ne peut pas dire, un bébé n’est pas matérialiste.

– Toutes les légendes biberonesques, dont on rigolait avec un mélange d’empathie et d’ironie en entendant les autres, sont devenues réalités. Exemple : après cinq minutes où il est parti, on est en manque tel un drogué qui n’a pas sa dose et la maison semble plus vide que Fukushima après l’alerte nucléaire. Et la célèbre litanie du « profites-en, il grandit si vite » à laquelle on avait toujours envie de répondre que préparer cinq minutes le repas n’était pas équivalent à fuir deux ans au Mexique, ne se révèle plus si absurde. Trouver que son enfant a une autre tête après une sieste d’une demi-heure, ça c’est fait.

– On s’insurge de l’étrangeté du contenu de certains livres pour petits. Non mais c’est vrai quoi : c’est quoi cette ségrégation entre moutons? Pourquoi le mouton noir travaille pour fournir de la laine au village et le blanc saute les barrières et va jouer dans les nuages? Et cette souris, là, qui veut être amie avec tous les animaux de la planète et se fait rejeter perpétuellement sauf par sa propre classe à moustaches. Préjugés raciaux. Puis notre miniature nous tend le bouquin avec son joli sourire à deux dents du bas, et inutile d’espérer se raccrocher à ses principes. On le lit les 8 fois d’affilée qu’il demande.

– On fait les humpf qu’on s’était promis d’éviter. Dire qu’il va avoir une copine. Humpf. Qu’un jour il sera au lycée (à l’unif, au boulot, sur la lune!) humpf. Qu’il va s’ouvrir le front aux scouts et qu’on sera appelé aux urgences. Humpf x5 avec étouffement.

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– On a des pulls avec des fraises, des betteraves, des bananes, des cerises, des carottes… Et ce ne sont pas des motifs. Mais pire que tout, notre tolérance aux projections de nourriture, aux projections de matières internes, aux projections dégoûtantes en tout genre, est remarquablement accrue. Même pas vomi et même pas évanoui.

– Les psychoses présentes avant, s’empirent. C’est comme ça qu’on peut se relever quatre fois pour lui dire bonne nuit (alors qu’il dort), vérifier qu’il respire et toucher son cou pour être sur qu’il n’a pas trop chaud (alors qu’il dort), s’assurer que la veilleuse ne peut pas prendre feu (alors qu’il dort), lui redire bonne nuit et se rappeler de vérifier le contour de lit (alors qu’il dort), lui dire qu’on l’aime et retourner dormir. Et l’entendre pleurer, parce qu’à force, il ne dort plus (et qu’il en a, à juste titre, sérieusement marre). Le rassurer, le laisser repartir dans ses rêves et se reprendre à tout surveiller à nouveau (alors qu’il redort).

– Craquer pour une peluche. Puis un petit pull et un pyjama tout doux. Des stickers pour la chambre. Des jeux qui font du bruit. Des petites voitures. Et un autre nounours. Pire que le shopping de fringues et la culpabilité et moins. Ruine assurée.

– Oublier qu’on était pudique, timide, ou qu’on avait un vague sens de la noblesse. Chanter n’importe quoi et faux, en permanence sans même s’en rendre compte. Danser au milieu de son salon sur du Shakira (choix de musique non personnel) avec un porte bébé rempli de huit kilos de frénésie et de rire. Se balader à neuf heures du matin, pas maquillée et pas coiffée, et éprouver un bonheur presque hystérique à croiser une vache (regarde mon ange, une vache!!! hiii meuuuh).

– Passer du temps avec ses amis pas-encore-parents, et s’offrir avec son amoureux le fameux regard « ils disent ça, mais ils ne savent rien », puis, songer avec un rire machiavélique imaginaire « mouhaha quand ils sauront! ».

– Soupirer. Mais pas en mode mécontent. Soupirer comme une donzelle dans une tour de château en train de broder en attendant son promis. Avec un grand sourire perdu dans une rêverie. *Soupir. Ce qu’il est beau. *Soupir. Quelle chance nous avons. *Soupir. Ooh qu’il grandit (soupir des plus classiques). Oh il est quand même si beau (réédition) *Soupir. Chamallow mental.

Je pourrais continuer encore de nombreuses pages. Avec millions d’exemples à la clé. Mais tout cela pour dire une chose. Bien que l’étonnement soit perpétuellement au rendez-vous et que la découverte soit constante, un fait n’en a pas fini de me surprendre. Car dieu sait que je ne l’avais pas vu venir. En plus d’un amour fou, d’inquiétudes redoutables et de moments d’exception, avoir un enfant, c’est incroyablement drôle.

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Toutes les images proviennent de la magnifique marque de jouets Les Lilliputiens. N’hésitez as à les découvrir!

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Barbara, vingt ans et quelques années supplémentaires. Graphiste, rédactrice web freelance, responsable communication. Folle amoureuse de la mode, du design, de la culture. Bloggeuse passionnée et catastrophiquement maladroite.

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