Plongez dans l’œuvre de Gustav Klimt !

Et si l’art ne se limitait plus à une simple visite au musée ? Et si de simple visiteur, vous deveniez un spectateur, voire un contemplateur ? C’est cette expérience que l’Atelier des Lumières à Paris vous propose de vivre grâce à l’exposition « Gustav Klimt, une immersion dans l’art et la musique », jusqu’au 11 novembre 2018. 140 vidéoprojecteurs laser, 50 enceintes à directivité, plus de 3000 images mises en mouvement, on vous emmène à la découverte du 19ème siècle mais à la lumière du 21ème !

Quand technologie, tissu urbain et art se rencontrent

L’expérience inouïe imaginée par Culturespaces (déjà à l’origine d’expositions immersives aux Baux-de-Provence depuis 2012) a lieu à l’Atelier des Lumières, nouvel espace culturel implanté dans le Paris Est. L’objectif de cette implantation est de dynamiser l’offre culturelle dans cette zone de la capitale française mais également de proposer un lieu tout à fait inédit. Et quel lieu ! Une ancienne fonderie de 3.300 mètres carrés dont les murs atteignent quelquefois 10 mètres. Un espace chargé d’histoire qui a été créé par la famille Plichon en 1835. Pendant un siècle, la fonderie de fer restera en activité et aujourd’hui, malgré quelques changements, on peut encore en admirer la cheminée, la structure métallique, des réservoirs. Passé et présent forment un savant mélange pour le spectateur qui prendra le temps de contempler ce lieu qui a su garder son identité.

Ensuite, proposer au visiteur de s’immerger dans l’œuvre d’un artiste poursuit un autre objectif que celui d’élargir l’espace culturel parisien. Il s’agit également d’attirer un public différent de celui qui habituellement arpente les couloirs du Louvre ou du Centre Pompidou. La gratuité (sous certaines conditions) des musées n’a pu atteindre cette noble mission, c’est un fait. En revanche, offrir une expérience loin des cartels traditionnels, des déambulations parfois vaines dans les salles des musées, pourrait inciter certains publics (plus jeunes, moins favorisés) à s’essayer plus tard au musée.

Une expérience envoûtante

Klimt ou l’esprit nouveau

Une fois les portes noires franchies, vous serez plongés dans un espace incroyable qui semble infini. Veillez à ne pas trébucher sur les spectateurs déjà présents! Choisissez-vous un espace confortable, installez-vous. Laissez-vous entraîner par tout ce qui vous entoure. Les murs, le sol : chaque recoin sera envahi d’œuvres de Gustav Klimt (1862-1918). L’artiste emblématique de la Sécession apparaîtra de manière grandiose. Son œuvre se dévoilera sous vos yeux ébahis pendant 32 minutes. Libre à vous de circuler pendant la projection.
Le travail de Klimt est déjà en lui-même extraordinaire. Si on retient aujourd’hui surtout Le baiser, Klimt possède une œuvre vaste et diversifiée. De la décoration du grand escalier du Kunsthistorisches museum (1880-1891) au chantier du Burgtheater (1886-1888), en passant par la Frise Beethoven (1902) qui s’étend sur 34 mètres, vous aurez l’occasion de vous plonger dans cette œuvre monumentale. Alors que l’Art Nouveau se déploie en France et en Belgique, le Jugendstil en Allemagne, Klimt se veut révolutionnaire à Vienne. C’est pour rejeter l’académisme prégnant de cette fin de siècle qu’il fonde en 1887 la Sécession ou l’Union des artistes d’Autriche. Président du groupe et entouré d’artistes comme Otto Wagner ou encore Arnold Schönberg, il milite en faveur d’un art total. En effet, il rejette la distinction entre beaux-arts et arts décoratifs. Il quitte le groupe en 1905. Son art est résolument moderne. Motifs floraux, technique pointilliste, palette chromatique inspirée des Fauves, utilisation de feuilles d’or, Klimt renouvelle aussi l’image de la femme. Celle-ci, mystérieuse, sensuelle, inaccessible, érotique est le résultat de la lecture de Freud que Klimt découvre alors.

Au-delà de Klimt

Mais votre expérience vous plongera également dans l’œuvre d’Egon Schiele qui fut pour une brève période, un ami de l’artiste viennois. Teintes plus sombres, contours plus tourmentés, Egon Schiele souhaite s’éloigner du symbolisme de Klimt. Il veut nous dévoiler les tourments de l’humain et la noirceur des villes alors entraînées dans une industrialisation « monstrueuse« .

Hundertwasser (1928-2000), artiste aussi fou qu’original est aussi au programme de l’Atelier des Lumières! Hériter de la Sécession viennoise, l’artiste nous fait réfléchir sur nos conceptions de la ville et de la standardisation de notre habitat. Il est la source d’inspiration de la ville imaginée par Gianfranco Iannuzzi qui se dévoilera pendant 8 minutes de l’exposition.

Enfin, une installation contemporaine, Poetic_Ai proposée par le collectif Oucch clôturera votre expérience. Intelligence artificielle et art sont-ils liés ? L’émotion peut-elle émerger d’un ordinateur ? Ce sera à vous de le découvrir !

Ce qui est certain, c’est que vous ressortirez de l’Atelier de l’art plein les yeux, satisfait et repu comme un enfant qui revient de la pleine de jeu.

Toutes les infos sur le site de l’Atelier des Lumières

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