Pourquoi le Brol d’Angèle en séduit plus d’un

Le premier album Brol de la chanteuse Angèle porte bien son nom. On y retrouve de tout : des sons qui frôlent le rap, des chansons d’amour, des revendications à la #MeToo, des problèmes d’ado et des sujets touchy. Un succès grandissant pour une artiste jeune mais déjà très complète.

Définition [brol] : nom masculin, belgicisme signifiant désordre.

La génération Y est fan d’Angèle et la raison est simple : Angèle fait elle-même partie de cette génération. La Bruxelloise n’a que 22 ans et est pourtant la nouvelle figure féminine chez les jeunes. Le milieu musical francophone est submergé d’hommes, mais la jeune Belge a réussi à se faire une place sur le podium.

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Pour Angèle, pas facile d’être une femme dans le milieu, ni même en général. Elle aborde d’ailleurs le sujet dans sa chanson Balance ton quoi. Une manière de traiter l’actualité de façon ironique mais très honnête. Comme toutes les femmes, elle a déjà eu affaire à ce genre de problèmes et le balance ouvertement, tout en restant polie évidemment.

«  J’ai vu qu’le rap est à la mode
Et qu’il marche mieux quand il est sale
Bah faudrait p’t’être casser les codes
Une fille qui l’ouvre ça serait normal »

C’est également dans cette chanson qu’elle aborde ses origines familiales. Angèle est la petite sœur de Roméo Elvis, rappeur adulé des jeunes depuis quelques années. Ses parents, pas moins méconnus, sont également des artistes. Sa mère est la comédienne Laurence Bibot et son père est connu sous le pseudo de Marka dans la musique. Victime de généralités, Angèle s’entend souvent dire « Tes parents et ton frère, ça aide » afin de justifier son succès.

Sa carrière commence récemment et s’accélère très vite, comme elle l’explique dans sa chanson Flou. Tout en modestie, Angèle parle de ses débuts sur le réseau social Instagram ainsi que de sa carrière qui a vite décollé. Pourtant, elle le dit elle-même : « Si ça s’trouve ça va pas durer ou peut-être seulement quelques mois. Voilà je commence déjà à angoisser, crise après crise j’arrive plus à être moi ».

Malgré son réalisme et sa maturité, Angèle reste une jeune femme de 22 ans qui connaît les maux de sa génération. Sa chanson Flemme est un bon exemple. Elle y décrit le quotidien de nombreux jeunes qui disent que « Sortir c’est pour les nuls, t’façon j’ai pas la thune. Je reste avec moi-même et j’ai la flemme ». Les jeunes ne peuvent que s’identifier à ce phénomène et donc à la chanteuse.

Et puis, un artiste ne le serait pas sans quelques chansons d’amour, ou du moins d’amour triste. Les matins d’Angèle raconte l’histoire déjà vécue par tous d’un matin où on se réveille après avoir essayé d’oublier, mais où on se rappelle que son amour est parti. Angèle raconte l’amour simplement, la tristesse sans difficulté et les préjugés ouvertement.

La Bruxelloise va plus loin encore. Sa chanson Ta reine revendique son combat contre l’homophobie. L’artiste s’adresse directement à une fille qui en aimerait une autre. Elle lui dit de tenir le coup, qu’elle croit aux histoires auxquelles personne ne croit. Des paroles de soutien que la communauté homosexuelle ne reçoit pas toujours mais a besoin d’entendre.

Angèle apporte ainsi un réconfort à une génération parfois (souvent) un peu perdue.

Le premier concert de la chanteuse

Au final, le mot Brol est un bon reflet de l’album d’Angèle. Comme elle doit le rappeler lors d’interviews sur les plateaux télé français, Brol est un belgicisme pour rappeler ses origines. Brol, qui signifie bordel pour évoquer les sujets très divers qu’elle aborde. Brol, un mélange de mélodies diverses qui nous rappelle que la vie est un beau bordel.

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