Poussière d’homme – David Lelait

Poignant. Beau. Tendre.
C’est en convalescence suite à une opération que je me suis lancée dans Poussière d’homme en espérant me changer les idées. Pari largement tenu ! À peine ma lecture fut-elle achevée que l’envie impérieuse de parcourir à nouveau ces pages m’a vue m’installer derrière mon clavier, comme poussée par une urgence du partage. J’ignorais tout de ce roman. Et désormais, ses lignes enveloppées d’une tendresse somptueuse résonnent en moi. Les secondes elles-mêmes ont interrompu leur procession pour m’écouter le lire tant il est fulgurant, tant le sujet est intemporel. C’est l’histoire d’un amoureux fauché mais d’un amour inébranlable. Mise en mots mélodieuse de l’indicible. Cet ouvrage est tout simplement beau, digne des plus belles odes. Du début à la fin, mes yeux baignés de larmes, buvaient ces lignes poétiques. J’éprouvais le besoin de soutenir l’auteur dans sa douleur quand ce sont finalement ses mots empreints de sagesse, frappants de justesse qui me soutenaient dans la mienne.
Après la lecture, j’ai eu envie d’en savoir plus sur David Lelait. Si c’est aussi votre cas, je vous invite à visionner cette interview qui en dit long sur le personnage fascinant que semble être l’auteur : David Lelait – interview.
Extraits de Poussière d’homme
[…] L’absence, c’est le vide intersidéral, ce décor un peu flou qui tourne autour de moi mais sans moi, des silhouettes désarticulées et sans visage qui s’agitent dans la brume. Vivre l’absence, c’est avoir la respiration difficile et le corps engourdi. c’est une maladie qui épuise, coupe l’appétit et morcelle le sommeil. C’est une maladie dont on est certain, à plus ou moins long terme, de mourir. L’absence est physique, elle s’inscrit dans le corps. Perdre l’autre, c’est renoncer à une intimité et à une communication uniques. Je suis démuni sans cette oreille attentive, cette parole apaisante, cette présence évidente. La vie nous apprend à acquérir, à conquérir, rarement à nous dessaisir. La dernière vague du bain de minuit est moins caressante, le café du matin n’est plus assez corsé, le sommeil était réparateur, il est désormais une fuite. Perdre l’autre, c’est vivre en exil et n’avoir plus, dans son pays, entre les mains, qu’une infime poignée de terre. Une terre dont on est certain qu’elle ne donnera pas de fleurs. C’est enfermer au fond d’une valise de carton bouilli les reliques du temps d’avant, quelques photos que les ans pâliront, des vêtements imprégnés d’une odeur qui disparaîtra bientôt. C’est conjuguer le présent au passé, parler une langue que personne ne comprend, lire et relire un livre merveilleux dont personne, jamais, n’a entendu parler. […] 
 
[…] La douleur, ce sont tous ces mots que l’on accroche entre eux pour trouver un sens à une absence qui n’en a aucun. […]
Poussière d’homme, par David Lelait, Pocket, 2012, 127 p. ISBN : 226623028X.
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